CHAPITRE VII. - DÉCORATION DES BASILIQUES
la croix, l’agneau sur la montagne d’où découlent les quatre fleuves du paradis au milieu des symboles des quaïre évangélistes, ou des apôtres ei des deux églises, (celle des circoncis et celle des gentils) ét les porira'ts des Sa&'nts du lieu. Après le Concile d’Ephèse, paraît aussi la figure de la Vierge avec l'Enfant divin au milieu des anges, des apôtres, des élus ct des mystères concernant Marie. En un mot, les figures représentées sur l’abside et sur l’arc triomphal de l& basilique éta'ent tout ce qu'il y avaï de plus vénérable (figures 80 et 100) (1).
Figure 99. - Mosaïque du mausolée de Galla Placidia (Ravenne, v siècle).
À partir de l’arce commencça'ent, de chaque côté, des files de carrés destinés à recevoir des figures de saints, et les cycles de scènes bibliques du Nouveau et de l’Ancien Testament. Les cycles partent de l’arc triomphal autour duquel sont de préférence les symboles eucharistiques, quand ils ne se trouvent pas déjà dans l’arc même,
Quant à la partie architecionique et au pavé, on peut noter comme sujets de décoration bon nombre de souvenirs classiques et funéraires : classiques dans les sujets mythologiques ornant le pavé, surtout dans les églises d’Oriens; funéraires dans les figures de paons ou d’agneaux buvant dans un vase, de colombes, de monogrammes, de rameaux de vignes, et parfois aussi de scènes bibliques rappelant l’idée de la résurrection, et représentées sur les baldequins, les ambons, les chapiteaux, les balustrades, les portes, ete.
(1) Voir mon cuvrage sur les mosaïques de Sainte Marie Majeure, pag. II, 14Db. 1,2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11. On y constate de forts exemples d“allusions sur l'Apocalypse dans la mosaïque de l’abside de l’ Eglise de Sainte Pudentienne, à Rome, et dans ceile de l’are triomphal dans l'Eglise de Saint Vital, à Ravenne. Notiones, Vol. II, partie III, pag. 213 et ss.
En général, on doit noter que le Sauveur apparaît aussi sous l’emblème du pasteur, non pas comme on le voit dans les cimetières, mais comme un Souverain, la tête ornée du nimbe et dans toute la splendeur d’une majestueuse jeunesse. Ce nouveau type du Chrisi commence à. se faire jour dans les sarcophages, et nous en trouvons un bel exemple dans la mosaïque du mausolée de Galla Placidia, à Ravenne (figure 99).
Figure 100. - Mosaïque de S. Apolinaire Nouveau (Ravenne, commenc. vi siècle).
Ce que nous disons des mosaïques peut s'appliquer aux peintures. (eclles-ci ont soufferi davantage de la double action destructive du. temps ct de la main de l’homme). Dans l'Eglise de S. Maria Antiqua, au Forum romaïn, on à pu reconnaître jusqu’à quaëre couches de stuc avec des fresques rares. Ceite église est le centre le plus important des peintures sacrées du moyen-âge, eï l’on peut y noter le même développement des rangées de saints et de martyrs, qu'on voitdans les carrés en mosaïque des basiliques romaines e% byzantines.
Les peintures de $. Maria Antiqua, avec celles de la basilique souterraine de S. Clément, ei d’autres, jettent un rayon de lumière sur les effets de l’hérésie des iconoclastes, et écla'rent d’une façon surprenante le développement du culïe de la Vierge et des Saints, l’histoire du mobilier, de l'habillement et de l’ornementation liturgiques: bien plus,