CHAPITRE VII. - DÉCORATION DES BASILIQUES
elles sont précieuses pour là chronologie des monuments chrétiens, et nous font voir en outre l'usage des livres deutéro-canoniques et l’influence des livres 2pocryphes sur l’art sacré du commencement du
Figure 101. - Peintures de l’église de Sainte Marie Antique sur qu tre différentes couches.
moyen-âge, influence qui aboutit à la suprématie complète jusqu'à l’époque de l2 renaissance.
Pour ce qui regsrde la donnée dogmetique de l’ensemble d'une décorätion d'église byzantine, voici ce qu'écrit Charles Diehl dans son Manuel d'archéologie byzantine.
Dès le vrre siècle, les Pères de l'Eglise grecque avaient attribué une signification symbolique à l’église et à ses différentes parties. «L'église, écrit un théologien grec du vire siècle, est le ciel sur la terre, le lieu dans lequel le Dieu céleste demeure et se meut... l’église, ajoute-t-il, a été préfigurée dans la personne des patriarches, fondée dans ceile des apôtres, annoncée dans celle des prophètes, ordonnée dans celles des évêques, consommée dans celle des martyrs ». Ces indications des liturgistes ne seront point perdues pour l'artiste. Et aussi bien, on le sait, pour un byzantin, l’image religieuse n’est point un simple objet d'art; elle a une valeur plus haute, un sens plus profond; le peintre
Fig. 102. - La majestas Domini et Marie representée entre les Apôtres dans une peinture de la basilique de Baouït (Afrique, vr siècle).
s'appliquera donc volontiers à traduire par ses compositions les idées des théologiens, chaque partie de la décoration aura désormais une intention symbolique: chaque groupe de saints, chaque cycle de scènes occupera dans l’édifice sacré une place spéciale, et jouera un rôle nettement défini dans la grande démonstration théologique que l’église a pour charge de présenter aux yeux des fidèles; bien plus, chaque partie de l'édifice sacré formera même un domaine particulier, ayant sa signification propre: un grand principe religieux domine tout l’ensemble du système décoratif. Au sommet des coupoles, à la partie haute des voûtes, c’est le ciel. Le Christ y figure dans sa gloire, environné d'archanges, qui, en costume de parade, montent la garde autour de lui, la lance au poing; au-dessous des anges, prennent place les apôtres, plus souvent les prophètes, qui dans les textes sacrés inscrits sur parchemin qu'ils dérouient, portent témoignage de la toute-puissance du Seigneur et annoncent la venue de son règne. Le Christ-Roi a un aspect particulier. On dirait, écrit Photius, à propos de l’image de la Néa, qu'il inspecte la terre, qu'il en médite l'ordonnance et le gouvernement. Ainsi le peintre à voulu exprimer par des formes et des couleurs la sollicituce du Démiurge. Et en effet ce n’est