‹ Manuel d'archéologie chrétienneChapitre 121 sur 305 · CHAPITRE I. - DIEU ET MARIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. - DIEU ET MARIE

le sein de sa mère ou dans là crèche. Les chrétiens croyaient fermement que Jésus-Christ était le Messie attendu et la preuve en est dans les figures qui, ensemble avec le portrait du Sauveur naissant, représentent les prophètes qui l’avaient annoncé (1).

De fait, dans les peintures des cimetières au II et au 1v° siècle, on reconnait la prédiction de Balaam et de Michée; et dans une peinture des plus anciennes parties du cimetière de Priscille, en face de la Vierge assise, on aperçoit le prophète Isaïe montrant du doigt une étoile située dans le haut, mais juste au dessus de la tête de Jésus enfant, sur le sein de la Vierge. Le sens en est clair: Isaïe avait annoncé que la lumière devait luire sur Jérusalem et qu’une Vierge enfanterait,

donnant le jour à un fils nommé Emmanuel (2). À cause de l'étoile, les avis sont, parcagés sur la désignation du prophète (3); pour nous, quel que soit le prophète représenté, l’étoile à dans l’art une autre signification symbolique qui, dans notre eas comme en d’autres, doit avoir son application. L'évoile représente le ciel eï c’est pourquoi on voit assez souvenc les astres Sur les sarcophages chrétiens. De plus, selon les peuples d'Orient, elle esi le symbole de toute vertu et de toute puissance céleste au point que le nom d’astre, «otoov devint la dénomination de la Divinité (Istar, Avhar, Astarté). Il est utile de

(1) Notiones, Vol. II, pars IE, p. 107 ss.

(2) Une autre peinture semblable fut découverte par Wilpert dans les Catacombes de Domitille.

(3) Voici ce qu'en dit Wilpert: « À cause de l'étoile, quelques-uns ont voulu voir, dans la figure y faisant allusion, le prophète Balaam annonçant la venue de l'étoile de Jacob (Num. XXIV, 17) mais ce me semble erroné, parce que, tout en étant vrai que Isaïe ne se sert pas du mot étoile, il parle toutefois de la plénitude de la lumière venue à la naissance du Messie. (Les peintures des Catacombes, p. 474)». De quelque côté qu'on l’'examine, la peinture conserve sa valeur dogmatique et elle donne sur les nerfs de quelques docteurs protestants. À peine découverte, on en repoussa d’abord l'antiquité, mais on s’aperçut que nier l'affirmation des plus experts en fait d'antiquité, était aller trop loin. Le prof. Müller de l’Université de Berlin déclara alors en pleine Académie qu'il s'agissait d’un sujet à l’état d’embryon qui, bien des fois dans les peintures des Catacombes et d’autres monuments postérieurs, représentait l’adoration des mages. On aurait ainsi commencé à représenter un seul Mage, puis deux, ensuite trois et même quatre, jusqu'à ce que le nombre trois prévalut. Cette explication ne semble avoir convaineu personne, mais au moins le professeur Müller affirme l’existence de l'étoile, l’ayant vue dès le début de la découverte de la peinture. Maintenant que l'étoile est presque invisible, quelquesuns prétendent en nier l'existence. En 1912, on a photographié de nouveau la peinture et l'étoile quasi invisible sur l'original, parut très-visible sur la photographie.

noter que d’autres monuments chrétiens réclament cétte interprétation: celui, par exemple, où les trois enfants de Babylone, tout en refusant d’adorer la statue du roi, montrent une étoile, c. à. d. le vrai Dieu, le seul qu’on doit adorer. On rencontre deux tableaux où l'étoile

Figure 115. - Le plus ancien portrait de Marie (cimetière de Priscille).

qui annonce la naissance du Messie, à la forme du monogramme du Christ, et cette substitution répond bien au caractère du symbolisme primitif. Dans les saintes Ecritures Jésus-Christ est cité comme la clarté, la lumière, en opposition aux ténèbres; il doit illuminer ceux qui sont dans les ténèbres et la nuit de la mort; dans les inscriptions des tombeaux il est, comme nous le verrons, la lumière des morts et c’est tout-à-fait dans ces manières de voir que parle la littérature chré-

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