‹ Manuel d'archéologie chrétienneChapitre 124 sur 305 · CHAPITRE I. - DIEU ET MARIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. - DIEU ET MARIE

Toutefois on peut considérer comme certaine la tradition du nombre trois tant pour les mages que pour les dons présentés à Jésus, puisque l'on remarque que c’est par raison d'esthétique qu'on les représente en plus ou moins grand nombre: quoi qu'il en soit, en dehors des catacombes, le chiffre des trois mages ne varie pas, et au commencement du r1° siècle, au moment où ce mystère apparaît pour la première fois, les mages sont trois: ainsi croule toute la théorie évolutionniste du prof. Müller (v. p. 203 note 3).

Figure 118. - (Cimitière de Domitille - 111 siècle’.

Au cimetière de Priscille se trouve une belle peinture où est représentée la scène liturgique de la prise d’habit d’une vierge. Un évêque, assis sur un trône eÿ assisté d’un diacre, impose le voile à une jeune fille placée devant lui et lui parle en lui indiquant du doigt Marie, que l’on voit de l’autre côté de la peinture, assise et tenant dans ses bras l'Enfant divin.

Sans aucun doute, il s’agit de proposer comme exemple de virginité la Mère de Dieu elle-même et il semble, selon Wilpert, que l’évêque prononce les mots de $. Ambroise: «O ma fille, prends celle-ci comme modèle » (1).

De fait Marie fut bien vite donnée comme modèle de là vocation des vierges, si difficile et si pleine de sacrifices. Laissant de côté ce qu'écrivirent à ce sujet les Pères du 1v° siècle et spécialement S. Ambroise appelant «Marie, le miroir de la vie des vierges, et une école pour tous » (2), dans l’évangile attribué à $S. Jacques, document apo-

(MS AMBR., De instit. virg., 14; P. L., XVI, 326. MRSCAMBR, Devvirg., 2; P. L., II, 208.

eryphe, mais très-ancien et d’une orthodoxie quasi complète, il est raconté que les vierges données par le grand prêtre comme compagnes

Figure 119. - Peintures des catacombes des SS. Pierre et Marcellin (ur siècle).

à Marie, constatant que le sort avait désigné celle-ci pour tisser la pourpre destinée au voile du temple, se mirent à l'appeler par ironie la Reine des Vierges; mais un ange apparaît et déclare que cette parole, qui voudrait être sarcastique, sera une vraie prophétie.

Cet apoeryphe, en vogue dès les premiers siècles chrétiens, fut, selon

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