‹ Manuel d'archéologie chrétienneChapitre 125 sur 305 · CHAPITRE I. - DIEU ET MARIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. - DIEU ET MARIE

les savants, Composé en opposition à d’autres apocryphes dont se servalent les Juifs, pour faire croire que Jésus était né selon la nature et le résultat de la fornication. Ce livre fut l'inspiration de l’épopée de la Vierge dans la mosaïque de l’are de S® Marie-Majeure à Rome,

Figure 120. - La prise d’habit d’une vierge sous les auspices de Marie (1 siècle).

exécutée, après la condamnation de Nestorius, par les soins de Sixte III (432-440) en conséquence d’un vœu fait à Marie. Cette mosaïque représente tout un cortège d’Anges, accompagnant Marie vêtue d’habits luxueux, et semble préluder aux peintures de S® Maria Antiqua au Forum Romain, où la Vierge se voit majestueusement assise sur un trône, la tête couronnée du diadème royal (1).

(1) Pour l'explication de ces mosaïques consulter mon ouvrage: 1 mosaici diS. Maria Maggiore. Vol. in-4° avec 53 planches hors texte. Pustet, Rome, 1910.

Pour ce qui regarde les peintures, nous citerons Mgr Wilpert (1) dans un passage où l’illustre archéologue fait voir le résultat final de ses travaux sur les figures de la Vierge dans les catacombes romaines:

Nous avons examiné une grande quantité de peintures représentant la Sainte Vierge avec son divin Fils, du commencement du 11e siècle à la fin du 1ve, et nous y avons trouvé que la figure principale est toujours le Christ, même quand on le voit, et c’est le plus souvent, petit enfant sur le sein de sa Mère: c’est à Lui que se rapporte l’Adoration des Mages; c’est Lui que loue Isaïe dans ses prophéties; c’est Lui l'étoile de Jacob annoncée par Balaam, et c’est à cause de Lui que Michée félicite Bethléem. D'autre part on ne peut nier que Marie occupe une place importante; ceci soit dit par rapport aux deux peintures examinées en premier lieu, et aux deux dernières: d’un côté elle est citée comme Vierge Mère de Dieu et de l’autre comme type des vierges consacrées à Dieu et intercédant pour les vivants.

En conséquence ces quatre figures réunissent les grands privilèges dont la Providence s’est chargée, de distinguer la Mère de Dieu, et mieux encore que dans les documents écrits au temps des persécutions, elles montrent clairement en peu de traits, mais bien nets, la situation de Marie dans l'Eglise des premiers siècles et font voir que dès cette époque déjà, elle était réellement ce qu'elle fut dans la suite (2).

Pour ce qui à trait au dogme de l’Assomption de la Vierge, consulter le chapitre qui traite de l’inspiration de l’art chrétien.

ARTICLE IV. — Iconographie du Sauveur.

1. — Tandis que toutes les phases de la vie mortelle de Notre Seigneur paraissent avoir été représentées de quelque manière sur les monuments des quatre premiers siècles et avoir été l’objet de la grande préoccupation des artistes chrétiens et des fidèles, on remarque, au contraires-du moins en Occident, que l’on évite avec grand soin de représenter les douleurs et les hontes du Sauveur. Les causes d’une semblable exception doivent avoir été nombreuses, mais là prineipale fut certainement que la croix était jusqu’à l’époque de Constantin, une peine infamante et que les païens, sans aucun doute, en auraient pris occasion de tourner en dérision et de profaner ce signe que les fidèles tenaient en vénération. La croix elle-même, dans les premiers monuments chrétiens, est une exception, 6t le crucifix, comme tout autre mystère de la foi, est mis de côté ou représenté d’une manière

(1) WiLpErT, Le pitture delle Catac. Rom., texte pp. 196-197. (2) Voir pour l’iconographie de la Vierge dans les monuments postérieurs. Notiones, Vol. II, pars III, p. 220 ss.

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