CHAPITRE I. - DIEU ET MARIE PA la à
symbolique et encore très rarement. Nous avons comme symboles de la croix, l’ancre, le T grec, et le tridenit, et il est évident que le poisson, uni à l’un de ces trois symboles, doit représenter Jésus en croix (figures 112%; 125).
Au contraire, en Orient, on n’a pas craint de tracer l’image du crucifix, mais seulement sur des châtons de bagues et sur des objets d’un usage personnel, tandis qu'il existait toujours quelque répugnance à peindre ou à sculpter les scènes de la Passion du Seigneur. Dans le cimetière de Prétextat, au 11° siècle, on à voulu représenter le Sauveur couronné par les soldats, ét l'exécution en est tellement classique, pour ne pas dire idéale, qu’elle donne lieu à diverses interprétations (1).
Figure 121 Figure 122 Figure 123 Monogramme avec le Symbole ; Symbole symbole de la croix. ; du crucifix. du crucifix.
Un sarcophage du 1v° siècle à comme ornamentation le même sujet, mais à la différence de la peinture des catacombes, le soldat met une guirlande sur la tête de Jésus. Dans les deux cas, Jésus n'apparaît pas souffrant et vêtu comme un roi tourné en dérision, mais 1l porte, comme d'ordinaire, et, notamment, comme dans la scène des miracles, la tunique et le pellium (figure 125).
Au 1v° siècle, l’arrestation de Jésus ét le tribunal de Pilate commencent à paraître comme aussi les symboles de la résurrection du Sauveur. Sur un sarcophage, en France, on trouve sculptées d’autres scènes de la passion, par exemple la condamnation, le tombeau visité par les trois Marie, l’incrédulité de Thomas, l’ascension; mais jamais la flagellation ou le crucifiement. Une seule fois l’on rencontre le Cyrénéen, chargé de la croix, et cela ne fait que confirmer davantage ce qui à été dit plus haut. En Occident, le crucifix fait son apparition pour la première fois à Rome, sur la porte de S® Sabine, c’est une œuvre du v° siècle (figure 126); mais il est tellement voilé que seul le lieu et le
(1) Notiones, Vol. II, pars III, p. 245 ss.
type du monument peuvent en consacrer l'interprécation. Jésus y est nu, les reins entourés d’une bandellette; dans la même posture sont les deux voleurs: signe évident de la grande antiquité du monument, car plus tard on prit l'habitude de représenter Jésus couvert d’un long habit ou tunique, comme l'avaient faït les Orientaux, et il en fut de même jusqu'au 1x° siècle.
Jésus-Christ en croix, nu, les reins ceints d’une bandeleïte, se rencontre
Figure 124. - Couronnement de Jésus (peintures du cimetière de Prétextat) (Wizrerr, Les peintures des catacombes romaines).
aussi gravé sur une boîte en ivoire, aujourd'hui au musée de Londres. qu’on peut juger contemporaine de la porte de S*® Sabine en raison de sa ressemblance avec les sculpiures des tombeaux du 1v° siècle. Vers la même époque, ou peu après, S. Grégoire de Tours nous fait savoir que dans l'Eglise de S. Genès, à Narbonne, on représenta en peinture N. $. en croix, nu, mais que, à la suite d’une vision, on lui mit. une ceinture. En même temps que le Christ revêtu de là tunique on voit aussi les figures du soleil eï de la lune pour noter l’époque de l’année où mourut le Rédempieur, €. à. d. à la pleine lune de Pâques. L'image du Crucifix se voit donc, dans l’art du v° siècle, allégoriquement, tandis que dans les basiliques de Ravenne ei ailleurs, dans . les miniatures des livres bibliques et en d’autres monuments on suit les cycles de la Passion, sans aucune mention du erucifiement. Ainsi, sur les portes de Se Sabine, c’est à peine si l’on peut recon-
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