CHAPITRE I. - DIEU ET MARIE DE
paraît orné du nimbe quoique la peinture ne semble pas postérieure à la première moitié du 1v° sièele (voir pl. I).
Quelques archéologues, trop portés à rechercher et à vouloir, par tous les moyens, reconnaîtreen Orient l’origine des types de l’art chrétien,
Figure 129. - Portrait byzantin du Sauveur dans la crypte de Sainte Cécile
{ix ou x siècle).
prétendent distinguer, à la manière de porter la chevelure, longue, tressée, en forme de couronne, le type du Christ de l’Asie Mineure d'avec celui d'Alexandrie. Sans donner trop d'importance à ces fantaisies, nous remarquerons seulement qu'à Rome on trouve les deux types, même antérieurs à Ceux de l'Orient.
Il me semble plutôt probable que l’histoire onostique des Apôtres a pu exercer quelque influence en donnant au Sauveur les traits de
la jeunesse et de la beauté (1), bien qu'il soit certain, d’autre part que la jeunesse et la grâce encore présentes dans les sculptures funéraires de la basse époque, dépendent de la docirine de quelques Pères et de l’idée, déjà énoncée, de représenter en la personne du Christ la jeunesse éternelle de Dieu, en prenant comme type Apollon. Dans les scènes cycliques, parfois, le Sauveur est sans barbe aux premiers temps de sa vie mortelle et avec la barbe à l’époque de sa passion; au vI° siècle, disparaît tout à fait le type du Sauveur imberbe.
Quelques anciens archéologues attribuèrent au II° siècle, et au cimetière de Calliste, un portrait du Christ, cité par Bosio et reproduit ensuite en beaucoup d'ouvrages et de manuels d’art chrétien. Bosio ne connut pas le cimetière de Calliste, mais donna ce nom à celui de Domiüille : l’image, 6n soi, n’est qu'une copie, peu fidèle, d’une peinture à peu près byzantine du 1v° siècle (figure 128) (2).
Mais on se demandera: N°y a-t-il jamais eu un vrai portrait de Jésus- Christ ? S. Irénée, du rI° siècle, le nie, de même aussi $. Augustin. Quant à l’image Achérotype qui se conserve à Rome dans le Sancta Sanctorum, de même que les Madonnes attribués à S. Luc et à Nicodème, elles sont byzantines et ne peuvent être très anciennes. Pour ce qui à trait à la lettre de P. Lentulus, Procureur de Judée, au sénat romain, et au portrait envoyé par le Christ avec une lettre au roi Abgar, ceci rentre dans le domaine des écrits apocryphes sans valeur: on peut donc conclure sans appel qu'il n’y eut jamais de portrait authentique du Rédempteur.
(1) T. Wxiss LOCEBERSDORF, Christus und Apostelbilder. Freiburg, 1902. (2) Notiones, Vol. II, pars II, p. 109.