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CHAPITRE IT

Les Sacrements.

ARTICLE I. — Le péché originel — Ee baptême (1).

S. Augustin disait aux Pélagiens: «Ce n’est pas moi qui ai inventé le péché originel auquel croit le chrétien depuis les temps anciens » (2). L'évêque d’Hippone 2 été accusé de cette invention, et cette accusation fut réédivée par l’hérétique Potter et, en ces derniers temps, per Turmel.

Les monuments faisant allusion au péché originel sont de deux sortes : les inscriptions et les images. Parmi les inscriptions vient en premier lieu celle d’une certaine Agape trouvée au cimetière de Priseille. Elle dit:

DIXIT . ET . HOC . PATER . OMNIPOTENS . CUM pelleret Adam: DE . TERRA . SVMPTVS . TERRAE . TRADERIS . HVMandus : SIC . NOBIS . SITA . FILIA . EST . AGAPE . CHRISTOqUE volente.

«Voici en outre ce que dit le Père Tout-Puissant quand il chassa Adam: pris de la terre, tu y seras remis pour être enseveli. Aïnsi, selon la volonté du Christ, repose ici notre fille Agape ».

L'inscription suppose une partie précédente qui ne fut pas retrouvée et qui certainement racontait là chute de nos premiers parents: dans les vers cités il est fait allusion à la condamnation, et les parents d’Agape, en’en faisant mention avec le péché qui en fut la cause, se résignent à la perte de leur fille bien aimée. Ces vers sont le commentaire des paroles de S. Paul: « Sicut per unum hominem peccatum in hunce mundum intravit, et per peccatum mors ; et ita in omnes homines mors pertranstit

(1) Notiones, Vol. II, pars I, p. 149 ss.

(2). S. Auc., lib. II, De nupt. et concup., 12, lib.; Notiones, Vol. LESparsts p. 1495. |

(Rom., V, 12)» et par leur ancienneté (1° siècle) ont une importance spéciale et font une opposition directe aux formules d'inscriptions païennes qui déclaraient que la mort était le propre de là nature de l’homme (1).

Remarquons en plus l’entière ressemblance de l’idée de l'inseription avec la prière liturgique: «O Seigneur, lisons-nous dans une ancienne prière, ayez pitié de tous ceux qui, par suite de la sentence

Figure 130. - Adam et Eve.

prononcée contre notre premier père Adam, ont quitté cette vie malheureuse. »(2).

La chute des premiers parents fut représentée aussi dans les peintures, même dès le 11° siècle, mais elle atteint son plus grand développement dans la plastique du 1V° siècle et dans les miniatures des

(1) «Mors etenim hominum natura, non poena est: cui contigit nasei instat et mori». (Voir DE Rossi, Inser., Prooemium, p. xxx1); Corp. inser. lat., VI, 11272.

(2) À remarquer entre autres de ce genre la prière suivante: « Te rogamus, Domine, pro omnibus qui, iussu tuo ex vita hac temporali soluti sunt.... (RE- NAVDOT, Liturgies orientales, IT, p. 404) ». La formule iussu tuo se trouve assez souvent dans les inscriptions chrétiennes, mais en d’autres termes.

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