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CHAPITRE II. - LES SACREMENTS

et décédé dans la semaine qui en à suivi la réception. Dans le style liturgique cette semaine n’était autre que la jeunesse spirituelle de celui qui venait de renaître dans le baptême, et il était d'usage de porter des vêtements blancs durant cette semaine (1). De là aussi l’usage d'appeler le premier dimanche qui suit la fête de Pâques, Dominica in albis, ©. à. d. in albis depositis, parce que tous ceux qui avaient reçu le baptême le jour de Pâques, laissaient leurs habits blanes après les sept Jours de leur enfance spirituelle. Voilà pourquoi il arrive que des adultes sont nommés enfants dans leurs épitaphes; parfois aussi on fait mention de leurs vêtements blancs ainsi que de leurs robes, qu'on représentaient comme lavées dans le sang de l’Agneau divin.

Figure 134 - (Wizrerr, Pitture delle catacombe romane).

Exemple :

PASCASIVS... ALBAS SVAS AD SEPVLORVM DEPOSVIT

Paschasius,.… déposa ses vêtements blancs sur le tombeau, (ce, à, d.), mourut quand il portait les vêtements blancs).

.… €t BENIGNA SE BIBO INMERVM LOCVM P... ORDLA A DP STOLIS SVIS

et Bénigne, vivants achetèrent leur tombeau... du moment qu'ils avaient laissé leurs vêtements blancs (Cimet. de S. Calixte).

IN ALBIS TRANSIENS REQVIESCIT

Il repose, étant mort avec les vêtements blancs du baptêm2.

(1) Le canon XIXe d'Hippolyte prescrit qu'après la première communion, l’on donne aux néophytes à boire du lait avec du miel afin qu'ils se rappellent d'être comme des nouveaux-nés: «Et presbyteri portant alios calices lactis et mellis, ut doceant eos qui communicant iterum se natos esse ut parvuli, quia parvuli communicant lac et mel (DUCHESNE, L. ©. p. 535)»; Tertullien en fait aussi mention dans son traité contre Marcion (1, 14). Et la liturgie romaine fait allusion à cette enfance en commençant la Messe du Dimanche in albis, par les paroles de $. Pierre: Quasi modo geniti, ece. (I, Pet., IT).

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Mais ily à une série de monuments figuratifs qui, tout en confirmant ce qui vient d’être dit, sont, eux aussi, d’une grande importance: nous entendons parler des représentations du baptême peintes ou sculptéés sur les tombeaux. Commençant par les peintures, on en trouve d’abord une de baptême de Jésus, du commencement du 11° siècle, dans là erypte dite de Lucine (figure 132). Le peintre y suit exactement le récit de l'Evangile, mais dans toutes les peintures de ce genre qui suivront, Jésus- Christ n’est plus un adulte, mais un enfant, et par là il se montre vraiment le type du baptisé. Ainsi il est uni aux symboles du baptême et cette union semble faire écho aux célèbres paroles de Tertullien: «Nous sommes de petits poissons, nous naissons dans l’eau comme notre poisson (IXOYN) Jésus-Christ et nous ne sommes sauvés qu’en restant dans l’eau» (1). Cette idée à dû certainement inspirer l’artiste qui, sur la tombe d’un chrétien enterré aux catacombes d’ Adrumète, en Afrique, fit une mosaïque représentant un dauphin sur le trident et entouré de petits poissons. On trouve encore la même idée dans une peinture des catacombes de Cyrène, peut-être avant Tertullien, mais au lieu du dauphin sur le trident, c’est le bon Pasteur entouré de sept brebis, exactement le nombre des poissons (figure 30). Que l’on observe la figure 133: c’est une peinture du cimetière de $. Calliste, elle représente Notre Seigneur baptisé par $S. Jean dans l’eau même d’où, à côté, un apôtre (pêcheur d'hommes) tire avec l’hameçon un petit poisson. La nudité de Jean et la présence de la colombe ne laissent aucun doute sur le sens de la scène, et elle se répète, sous une autre forme, sur les murs des cimetières et dans les bas-reliefs des sarcophages. D'un autre côté est la figure du paralytique qui, déjà guéri, porte son lit.sur les épaules: on veut y voir un symbole de la pénitence, mais il est probable conformément à ce qu’en dit Tertullien (2), que c’est encore là un symbole du baptême.

À peu de distance de cette peinture, s’en trouve une autre inspirée du symbolisme le plus secret (figure 134). Comme un seul cadre est fermé par une seule corniche et les scènes se suivent sans interruption, en se complétant mutuellement. À gauche se trouve Moïse qui, frappant le rocher de sa verge, fait jaillir l’eau. Un peu plus loin, au milieu de l’eau, un pêcheur prend un petit poisson à l’hamecon. Après ce qui a été dit, on saisit clairement le sens de la peinture: nous l’exposerons en Citant les paroles du fondateur de notre science, J. B. de Rossi, le premier qui à compris la signification de ces peintures.

(1) TERTULLIEN, De Baptismo, I.

(2) TERTULLIEN, De Baptismo, III.

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