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CHAPITRE II. - LES SACREMENTS UT

Que la pierre soit le Christ qui, par les eaux spirituelles de la foi et de la grâce, rafraîchit ceux qui souffrent de la soif au milieu du désert aride de cette vie terrestre et de l’incrédulité, c’est là un symbole solennel et connu des anciens comme des modernes, selon l’enseignement formel de l’Apôtre Paul (I «ad Cor., X, 3) et selon les prophéties, surtout celle d’Isaïe (XX XV, 6). Tertullien, interprète autorisé de ces images, probablement vues par lui-même, enseigne au chapitre 1x° de son ouvrage sur le Baptème, que l’eau baptismale découle de la roche. La composition symbolique ne pouvait partir d’un principe plus juste et plus conforme à la théologie mystique du troisième siècle et des suivants. La source de l’eau baptismale et son origine, le rocher, furent alors, comme aussi dans la suite, considerées comme type de l’origine et de l'unité de la croyance aux Sacrements et à l'Eglise : et ceci est déclaré d’une façon spéciale dans les documents de la controverse sur la validité du baptême des hérétiques. C’est pourquoi nous lisons dans la célèbre lettre à Jubaianus: Quo venturus est qui sitit, utrumne ad haereticos, ubi fons et fluvius aquae vitalis omnino non est, an ad ecclesiam quae una est et super unum, qui et claves eius accept Domini voce fundata ? (1). Et les adversaires de la validité du baptême coniéré aux hérétiques croyaient triompher en invoquant le privilège de Pierre, super quem fundamenta ecclesiae collocata sunt, et l'indubitable unité de la pierre ainsi que du baptême (2).

MSA, Dans les peintures situées au cimetière de Calliste, la roche mystique et sa source spirituelle et vivifiante, sont, à dessin et pour raison symbolique, le point de départ d'où se déroule le cycle allégorique dont nous recherchons le sens caché. La figure de Moïse n’a pas en ces peintures le caractère iconographique qui en détermine par des signes matériels le personnage symbolique; elle peut faire également allusion à la personne du Christ, à celle de Pierre ou, en général, à la doctrine et au ministère du prêtre chrétien: toutefois dans les types de la pierre fondamentale de l’origine première et de la source unique, considérés comme essentiels d'après l’idée exprimée plus ‘haut, les monuments, d'accord avec les Pères, nous enseignent que le Christ et Pierre sont inséparables.

De la roche mystique et de l’unique source jaillissent les eaux où le poisson pris à l’hamecon de la parole apostolique devient le disciple du Christ au moyen du bain baptismal. La maxime de l'Évangile donnée aux Apôtres: « Vous serez des pêcheurs d'hommes » est trop connue pour qu'il soit besoin de citer les commentaires donnés par les anciens aux illustrations de nos pein- +tures. Il suffit de citer les paroles suivantes de Paulin de Nole à Delphinus son père spirituel où il est évident que le pêcheur évangélique par antonomase selon Paulin est l’apôtre Pierre: Meminimus te non solum patrem sed et Petrum nobis Jactum, quia tu misisti hamum ad me de profundo et amaris huius saeculi fluctibus extrahendum, ut captura salutis efficerer ; et cui vivebam naturae morerer, et cui mortuus eram viverem Domino (3).

Et le même Paulin paraphrase cette même sentence de la façon suivante: Meminimus nos Delphini filios factos esse, ut efficeremur illi pisces qui perambulant semitas maris.

(1) CYPRIAN., Epist., LXXIII.

(2) Hpist. Firmiliani inter cyprianic., LX XV. (3) Epist. ad Delphinum, XX, 6.

Ces paroles nous font entrer dans le sens le plus secret et le plus mystérieux des peintures de $S. Calixte. Paulin joue sur le mot Dauphin; il dit qu'il fut. fait fils du Dauphin dans le sens qui fait appeler par S. Jérôme tout fidèle fils. du Poisson (1) c’est-à-dire, fils du secret et hiéroglyphique poisson IX8YE — Jésus-Christ fils de Dieu Sauveur. De cette très célèbre, je ne dis pas interprétation, mais lecture de l’image hiéroglyphique du poisson, un monument. nouveau et important vient de paraître dans les montagnes de Modène où au signe figuratif se trouve joint l'écrit, et la dernière lettre des mot IX8YE est la. première du mot Z2QTHP Sauveur.

En conséquence, on regardait comme fils du poisson hiéroglyphique les. petits poissons qui à son image et à sa ressemblance renaissent dans les eaux du baptême et sont élevés à une nouvelle vie... (2).

A côté de la figure du pêcheur, il y à un banquet, maïs nous en parlerons dans l’article traitant de l’Eucharisiie.

En une autre paroi qui fait angle avec la précédente, se srouve la. plus ancienne représentation du baptême d’un catéchumène, en fat. d’art chrétien.

Le catéchumène, à l’aspect d’un enfant, est nu et l’eau ne couvre que ses pieds. Le ministre, penché vers lui, tient la main droite sur sa tête, tandis que de la gauche, il semble porter un livre. Ceite peinture du deuxième siècle est d’une grande importance pour l’étude de la. praæis lNiurgique, puisqu'elle confirme ce que nous trouvons écrit dans l& Constitution Egyptienne et dans les Canons d'Hippolyte, déjà cités. plus haut. Dans le premier de ces livres on lit ces paroles: Æt baptizans: manum suam capiti eius (catechumeni) imponet terque eum merget confitens haec singulis vicibus (3); vient ensuite le formulaire de foi en la. Trinité et aux autres mystères; eü le XIX° canon d’'Hippolyte dit: Tunc descendat (catechumenus) in aquam. Presbyter autem manum suam imponens ei, interrogat eum ta : Credis in Deum Patrem omnipotentem? — Baptisandus respondit : Credo (4).

Or, notre peinture nous donne une explication de la praxæis liturgique du 111° siècle, et, exécutée elle-même au second siècle, elle nous. prouve l’antiquité et la constance de ce rite.

Nous savons comment le baptême était administré au nom de la. FT. S.° Trinité par le témoignage de Saïnt Justin pour l'Eglise de Rome, et de Tertullien pour l'Eglise d'Afrique. |

(1) S. HIERONIM.,. Ad Chromat., epist. VII, Opp. ed. Vallarsi, 6. I, p. 18.

(2) DE Rossi, Roma sotterranea, II, p. 130 ss.

(3) AULER, Didascaliae Apostolorum fragmenta Veronensia : accedunt Canones qui dicuntur Apostolorum et Aegyptiorum reliquiae. Lipsiae, 1895, p. 111.

(4) ACHELIS, Die ältesten Quellen des Oriental, Kirchenrechtes. I, Die Canones Hippolyti. Leipzig, 1891, p. 93 ss.

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