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CHAPITRE II. - LES SACREMENTS

traire explicables, bien plus, elles sont caractéristiques, S'il s’agit du banquet eucharistique. Le pain rompu par le président est le pain consacré; à lui s'appliquent les paroles que le prêtre prononce dans la hturgie grecque en rompant les espèces eucharistiques :

Meïieror ai duauepilerar Ô Vios Tob Ilurods, 6 eAËuevos, xat u Gtxtpobuevoc, 0 HANTOTE EZOIOMENOZ KAÏI MHAEITIOTE AA- IHANOMENOZ: &AAd Tobs ueTéyovrac œyLatLov.

Est rompu et partagé (dans les espèces eucharistiques), le Fils du Père, lui qui est rompu sans être divisé, lui qui est mangé partout et jamais consumé, mais qui sanclifie ceux qui le mangent (1).

En contradiction avec le concept d’un banquet ordinaire, où nous voyons un nombre de coupes en rapport avec celui des convives, l’unique vase signifie bien le calix benedictionis auquel boivent, l’un après l’autre, ceux qui ont mangé du pain eucharistique rompu et distribué entre eux.

Il y à dans notre peinture une allusion évidente aux multiplications miraculeuses des pains et des poissons; et cela suffit à là caractériser, en excluant tout autre sens que le sens eucharistique. La multiplication des pains et des poissons fut en effet une figure de l’Eucharisüie: Jésus- Christ nous en averüut, tout le premier, lorsque, prenant occasion de ce miracle que la foule attendait de voir renouveler, il en vint à parler du pain spirituel descendu des cieux: « Amen, amen, dico vobis, quaeritis me, non quia vidistis signa, sed quia manducastis ex panibus et saturati estis. Operamini non cibum qui perit, sed qui permanet in vitam aeternam... etc.» (2). Or, qu'un tel symbole ait été en vogue parmi les premiers fidèles, c’est ce que nous prouve Origène qui en parle comme d’une chose connue et ne croit pas même opportun d'en expliquer la signification.

Voici ses paroles:

«Observez premièrement comment celui-ei (Jésus-Christ) à guéri les malades, quand il se préparait à donner aux disciples les pains de bénédiction pour les distribuer à la foule, afin que ceux qui avaient été suéris pussent avoir leur part des pains de bénédiction; car ceux qui aujourd’hui encore sont infirmes ne peuvent recevoir les pains de la bénédiction de Jésus (les pains eucharistiques). Que si quelqu'un même vient à entendre les paroles: Probet autem seipsum, et sie de pane illo edat, ebc., sans leur prêter atrention, et mange témérairement le pain

(1) DE MEESTER, La Divine Liturgie de S. Jean Chrysostom2. 1907, pp. 168-169. AID an OV E 26-27.

du Seigneur ou boit à son calice, il devient faible et malade ou le sommeil l’accablera, en raison de je ne sais quelle pesanteur de tête produite par la manducation d’un pain trop substantiel » (1).

Du même symbole parle encore le pape Libère, quand, donnant le voile à Marcelline, il fait remarquer comment les nombreux conviés aux noces mystiques de là jeune vierge reçoivent, non plus le pain d'orge, mais le corps (du Christ) venu du ciel (2).

Mais ce qui importe le plus à ce propos, c’est l’affinité des formules consécratoires, telles que nous les trouvons dans les récits de l’institution eucharistique, avec les formules de la multiplication des pains et des poissons. Pour mieux en faire apprécier la ressemblance, nous les mettrons en face l’une de l’autre, à l’exemple de Mgr. Wilpert, qui a le premier soupçonné, dans une telle similitude, une dépendance réciproque des textes:

Miracle de la multiplication des pains.

MarTT., XIV, 19: «… acceptis quinque panibus, et duobus piscibus, aspiciens in caelum benedixit, et fregit et dedit discipulis panes, discipuli autem turbis ».

Marc., VI, 41: « Et acceptis quinque panibus, intuens in caelum, benedixit, et fregit panes, et dedit discipulis suis ut ponerent ante eos: et duos pisces divisit omnibus ».

Luc., IX, 16: «Acceptis autem quinque panibus, et duobus piscibus, respexit in caelum, et benedixit 1llis:

et fregit, et distribuit discipulis suis, ut ponerent ante turbas ».

Institution de l'Eucharistie.

MATT., XXVI, 16: «Cenantibus autem eis, accepit Jesus panem: et benedixit, ac fregit, deditque discipulis suis, et ait: Accipite et comedite:

hoc est corpus meum ».

Marc., XIV, 22: «Et manducantibus illis, accepit Jesus panem: et benedicens fregit et dedit eis, et ait:

Sumite, hoc est corpus meum ».

Luc., XXII, 19: « Et accepto pane, gratias egit, et fregit, et dedit eis, dicens: Hoc est corpus meum, quod pro vobis datur; hoc facite in meam commemorationem ».

Le lecteur remarquera l'identité presque &bsolue des formules, et jugera s’il est possible que les unes n'aient pas été les inspiratrices des autres, en d’autres termes, si l’acte de la première bénédiction

(1) ORIGEN., Comm. in Matth., I, x, $ 25, P. G., t. XII, col. 902 seq: Kat RpÉTOY Ye TÉPNOOY, ÜTt pélAoy Toùs T6 sbAoyias &provc dtdovat toits uabntatc, tva napab&otr tots dyAhotc, ÉPepaneuoce tods &pbwotouc, iva dytavtes Tüy Ts edloyiac uetaAdéwory &ptwy* où yap Ooyvaytar où Étr &ppwotot ywpñour vod tÿs Incoù edloyias &ptouc. "AAÂG nai dy tie, déov d&rodbety Ttod. AoxtuaGétw dE ÉXaAOTO Éautoy xat obtwçg éoftétw x Tod &prou, x. T. À, TODTUY LÈY HY-XATAXOUY, DS étuye dE netalau6dvy äptov Kvpiov, xai rotnpiou adtob, &ofeyñc À Abbwotos Yivetat, D Hat x tob iv obtos eîrw, rapobolar nd tic To dprou ÊvydUNEWS HOLLMEVOS.

(2) Cfr. WILPERT Fractio panis, pp. 75-76.

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