‹ Manuel d'archéologie chrétienneChapitre 142 sur 305 · CHAPITRE 11: - LES SACREMENTS · texte numérisé non relu

CHAPITRE 11: - LES SACREMENTS

qui multiphia les pains et les poissons, n’a pas été l2 figure de la seconde. Mais il y à plus: dans le canon de la Messe romaine, avant de faire mention de la bénédiction et de la fraction du pain, le prêtre lève les yeux au ciel, en disant: Æ4 elevatis oculis in caelum. Or, nous chercherions en vain cet élément dans le récit de l’instivution de l’Eucharistie, alors qu'il se trouve parmi les actes de Jésus-Christ multipliant les pains, et, précisément, avant la bénédiction et la fraction du pain (1). Citons encore, au sujet de ce symbole, le témoignage de Prudence; il en parle dans les termes suivants, en faisant allusion à la multiplication des pains représentée sur les monuments: Ac ne post hominum pastus calcata perirent, Neve relicta lupis, aut vulpibus, exiguisve Muribus in praedam nullo custode iacerent:

Bis sex appositi, cumulatim qui bona Christi Servarent, gravidis procul ostentata canistris. Sed quid ego haec autem titubanti voce retexo,

Indignus qui sancta canam ? Procede sepulero Lazare... (2):

Le témoignage de Prudence est tardif, dira-t-on; mais les monuments dont le poète explique le sens ne le pouvaient être. Or, pour quelle raison Prudence seraït-il passé si répidement de l& scène de la multiplication des pains à celle de la résurrection de Lazare, si ces deux miracles n’avaient exprimé, l’un comme l’autre, que là puissance miraculeuse du Sauveur, eï si l’un d'eux n’avait préfiguré le plus sublime des Sacrements, dont le poète se croyait indigne de parler plus au long: {ndignus qui sancta canam, ei qui est germe d’immortalité ?

Comme dans l’exemple que nous fournit Prudence, le symbole de la résurrection fait suite, le plus souvent, à là multiplication des pains et des poissons ou au ch2ngement de l’eau en vin, et cette constance ne se peut expliquer en aucune façon, sans recourir aux paroles précises du Sauveur, selon lesquelles l’Eucharistie est le gage de la résurrection elle-même: Qui manducat meam carnem et bibit meum sanguinem habet vitam aeternam, et ego resuscitabo eum in novissimo die (3). Et cette vérité, plusieurs fois inculquée par le divin Maître, à été répétée par les Pères et par les Conciles, qui ont appelé l’Eucharistie l’antidote de la mort, le remède d’immortalité, l'aliment de l& résurrection, etc.

Nous avons établi que la multiplication des pains fut, chez les premicrs chrétiens, le symbole le plus naturel du pain descendu du ciel,

(1) Cfr. WiLPERT, Fractio panis, pp. 75-76.

(2) PRUDENTIUS, Apoth., vv. 736-743, P. L., LIX, 980, s. (3) JOANN., VI, 55.

pain qui se multiplie et devient la nourriture de la multitude des fidèles : cure du cimetière de Pri-

cela posé, tout doute Sur le sens de la peint

Figure 137. - Sculptures en bois de la porte de Sainte Sabine près de Rome.

a représen-

scille s’évanouit; tout au plus reste-t-il à discuter, dans | convives,

tation de la Fractio panis, la pose variée et peu recueillie des

que certains voudraient voir à genoux et dans l'attitude de la plus

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