CHAPITRE II. - LES SACREMENTS
profonde révérence. Disons tout de suite que nous ignorons en quelle position du corps les premiers fidèles recevaient l'Eucheristie. Dens le principe, c'était certainement dans leur position de commenseux, assis Où à demi couchés; plus tard peut être à genoux, peut-être aussi debous, selon les différentes églises, comme semblent l'indiquer certains codices Nturgiques; mais, certainement, dans les deux premiers siècles, ce ne fut pas à genoux (1). À ceux ensuite qui, pour l2 rezison ci-dessus indiquée, se refusent à reconnaître dans notre peinture un caractère eucharistique, nous dirons qu’une messe célébrée dans une meison particulière, comme ce pouvait encore être le cas à l’époque où fut exécutée l, peinture du cimetière de Priscille, ne devait pas avoir un aspect différent.
Voici ce que nous lisons daus les Actes des Apotres (II, 46): Cotidie quoque perdurantes unanimiter in templo et frangentes circa domos panem sumebant cibum cum exsultatione et simplicitate cordis. Si au commencement du 11°-siècle, un artiste avait voulu, représenter, en se basant sur ce texte, le banquet eucharistique, l’aufait-il fait autrement ? Nous ne le croyons pas. Au reste tout ici nous parle de l4 table eucheristique, jusqu à ce calice, qui signifie le calix vitae auquel participeient tous les assistants dans l8 communion; et il sersit vraiment intéressant de savoir pour quel motif six personnes deveient, en un benquet ordinsire, voire d£ns une &gepe, boire dans un seul Verre.
Mais à quoi bon recourir aujourd’hui aux exemples des temps £postoliques pour justifier et confirmer le sens eucharistique de notre peinture ? Le découverte récente du bsptistère contigu à 12 Chapelle grecque projette sur ce sujet un faisceau de lumière. Nous l’&vons démontré: dans la liturgie du 11° siècle, au sacrement de baptême faisait immédiatement suite l’Eucheristie; si donc la selle contiguë à la che.-
(1) Les Canons d’'Hippolyte ne disent rien à ce sujet, alors qu'ils prescrivent déjà le jeûne le plus complet tant à ceux qui devaient communier, qu à ceux qui devaient recevoir le baptême. La raison de ce jeûne dans le second cas est la même que dans le premier, car à peine sortis des eaux du baptême, les néophytes étaient immédiatement confirmés et admis à la communion.
Voici les textes qui se rapportent à ce point: «SL vero qui baptizantur, cum ceteris qui illorum jejunium sunt adstricti, nihil gustabunt antequam sumpserint de corpore Christi: illud enim non aestimaretur jejunium, sed peccatum. Si huic contrariatur Deo eumque contemnit. Finita autem missa conceditur illi ut edat quod vult. Omnes autem catechumeni congregentur, ut 1llis sufficiat doctor unus, qui illos sufficienter instruat orando et flectendo genua, neque gustent quidquam antequam ii, qui baptizati sunt communionem corporis et sanguinis acceperint » (DUCHESNE, Origines du culte chrétien, appendice, p. 535).
pelle était un baptistère, celle-ci devait servir au contraire au sacrifice eucharistique et à la communion des fidèles baptisés. Or, là chapelle orecque est précisément munie d’un long siège pour les synaxes litur-
Figure 138. - Inscription d’Abercius.
giques, et du baptistère on devait nécessairement y passer, tout autre passage étant fermé. Le baptisé se trouvait ainsi au beau milieu du siège, et y prenait place à côté du prêtre, lequel, occupant, dans l’&bside centrale, le locus consularis per rapport à la table, rompait le pain eucharistique. Une scène ainsi disposée ne pouvait différer beaucoup