CHAPITRE JII. - LES SACREMENTS
poème épigraphique, à peu près de la même époque et trouvé à Autun en France: l’inseription de Pectorius. C’est un poème acrostiche, rédigé en grec, et les lettres initiales de ses six premiers vers donnent la formule suivante : IXOYZ Efxmes (?)| — Jésus-Christ Fils de Dieu Sauveur, espérance (?).
Figure 1140. - Inscription de Pectorius.
Voici une traduction latine de la première partie :
Piscis caelestis divinum genus corde puro utere, hausta inter mortales immortali fonte aquarum divinitus manantium. Tuam, amice, foveto animam aquis perennibus sapientiae largientis divitias. Salvatoris sanctorum dulcem sume cibum; manduca esuriens, piscem tenens manibus.
Dans cette inscription, dit de Rossi, les premiers mots et les premiers sens traitent de la fontaine immortelle des eaux divines, dans lesquelles sont engendrés les enfants del IXOYE céleste; aussitôt après vient, adressée à ces fils de l'IXOYE, l'invitation à prendre le doux aliment du Sauveur
des saints et à manger avidement l'IXOYYE qui sera posé sur leurs mains. Ces derniers mots font allusion au rite bien connu, selon lequel l’Eucharistie était déposée sur les mains des fidèles (1).
Jetons maintenant un regard sur les peintures eucharistiques, exécutées dans la seconde moitié du 11° siècle dansles chapelles dites des Sacrements A?, A% (figg. 141 e 142). Elles nous présentent à plusieurs re-
Figure 141. - Symboles eucharistiques (11 siècle).
prises le poisson mis avec le pain sur le trépied; une fois le trépied est entouré des sept corbeilles pleines qui font allusion à 14 multiplication des pains; une autre fois, un personnage étend les mains pour prendre le poisson (2). Que l'intention de ce second tableau soit de représenter l’Eucharistie, on le déduit, non seulement des éléments de la figure considérée en elle-même, mais encore du fait que celle-ci
(1) Roma sotterranea, Vol. IT, p. 337. L'idée de la fontaine ou de l’eau, comme celle de la rosée du Seigneur et de la nourriture douce comme le miel et le lait, reviennent aussi dans d’autres documents de la littérature chrétienne; nous pouvons en citer un, récemment mis au jour, et dans lequel on lit, au milieu d’autres formules similaires; «Fais jaillir sur nous ta rosée, et ouvre les riches fontaines, afin que descendent jusqu'à nous le lait et le miel». (Voir Civiltà catt., décembre 1911, pag. 523).
(2) Voir page 251 fig. 142; 258 fig. 148.