CHAPITRE II. - LES SACREMENTS
esu Symétriquemcent opposée au sacrifice d'Abraham. Ces deux types, l’un du sacrifice senglant, l’autre du sacrifice mystique, s’éclairent mutuellement, et cela d'autant mieux qu’ils encadrent entre eux la représentation du banquet où est servi le poisson mystique et devant la table duquel sont pareillement rangées les corbeilles. On à done les deux types du divin sacrifice, la figure de l’Ancien Testament et la réalité sacramentelle de la Nouvelle Loi, avec leur conséquence natu-
Figure 142. - Peintures eucharistiques (deuxième moitiée du 11 siècle).
relle, la communion. Le figure 142 fait suite à la figure 133; la fig. 134, de son côté, fst dans la même salle que l4 figure 141, sous laquelle est en outre représenté le baptême du catéchumène (fig. 135).
Cela posé, voici ce que dit celui qui, le premier, à exactement interprété ces symboles mis en relation avec les poèmes rapportés plus
L’analogie de l'inscription d’Autun (de Pectorius) et son enchaînement avec les peintures que nous examinons est tellement évidente, qu elle ne pourrait être plus grande. Maïs plus mystérieuse et plus riche en doctrine Habonoue est l'inscription d’Abercius..… Après avoir raconté son voyage de Syrie à Rome, A bercius ajoute: La foi m'a quidé partout et a mis devant moi comme nourriture le poisson (tiré des eaux) de la fontaine, le poisson grand et pur, qui fut pris par la vierge chaste, laquelle le donna à manger aux amis, en leur servant avec le pain un vin excellent mèlé d'eau. Ces paroles précieuses, bien que toutes consa-
crées au poisson eucharistique et au mystérieux secret du pain et du vin, admettent pourtant la mention de la fontaine, par laquelle commence l'inscription d’Autun et qui se trouve également au commencement de nos peintures. Bien plus, on nous enseigne expressément ici que l'IXOYE, aliment eucharistique, vient de la fontaine, appelée, par le marbre d’Autun, immortelle et divine, et dans laquelle les fresques de $S. Calliste nous montrent le principe et la source de la vie spirituelle. Voilà done un témoignage très clair, monumental et écrit, de l’enchaînement indissoluble et de la continuité de ces scènes. Le poisson, préparé comme aliment sur le trépied, est relié aux précédentes représentations allégoriques du ruisseau salutaire, du poisson qui y est pris, et de la fontaine vers laquelle converge tout le cycle symbolique. En effet, le même poisson pris à l’hameçon, tout en étant, selon la parabole évangélique, l'image de l’homme qui se convertit et embrasse la foi, faisait aussi allusion, si l’on considère les sens symboliques les plus profonds, au Christ et au Verbe même de Dieu. Dans l'hymne de saint Ambroise pour l'Évangéliste Jean nous lisons:
Hamum profundo merserat Piscatus est verbum Dei ; Tactavit undis retia.
Vitam levavit omnium.
Il y a peut-être là, soupconnera quelqu'un, des subtilités du quatrième ou du cinquième siècle, de l’époque où les signes mystérieux et les allégories avaient beaucoup perdu de leur simplicité primitive. Mais le langage des vers cités d’Ambroise a une grande analogie avec celui de l'inscription d’Abercius. Origène même rappelant le poisson pris à l’hameçon de Pierre ajoute: y & %v 6 toontx®s Àeyôuevos ixd6ç (dans lequel [poisson] était celui qui, par figure, est appelé IXOYE).
Dans une corniole célèbre, publiée par Vallarsi et remontant probablement au 1lI* siècle, le pêcheur évangélique tient le poisson suspendu à l'hameçon; et les lettres IXOYE se trouvent écrites le long de la ligne et du corps du poisson, pour marquer qu'elles doivent s'appliquer à celui-ci. Mais pour ne pas m attarder trop longuement sur ce point précis de mon raisonnement, je dirai seulement que le germe premier et le plus simple de cette compénétration réciproque de l'IXGYE par antonomase et du petit poisson pris par le pêcheur évangélique doit avoir été la relation intime du Fils de Dieu incarné avec ceux qui lui sont incorporés par la foi et les sacrements; de là sont venues aux fidèles les dénominations de fils de l'IXOYE de sainte descendance de l'IXOYE céleste, de petits poissons nés dans l’eau et conformes à notre IX@YZ, le Christ Jésus.
Donc Abercius nous enseigne que l’'IXOYE pur et très grand pris à la source de la vierge chaste (c’est-à-dire le poisson prototype et père des petits poissons, qui sont régénérés dans ces eaux) est l’aliment que la foi présente à ses bienaimés en leur offrant avec le pain un vin excellent mêlé d’eau. Ce là doit nous apprendre que le pain et le vin de la table eucharistique sont le même IX8YY. Nous ne pourrions désirer un meilleur maître pour nous révéler les mystères de l'Eucharistie représentés dans la scène de la salle A3. Le poisson est mis sur la table à côté du pain, pour montrer que ce pain est l'IXOYE, le Christ Jésus; et c’est ce que confirme l'inscription d'Autun, quand elle invite les fidèles à se nourrir du doux aliment du Sauveur, lorsqu'ils auront reçu l’IXOYE sur leurs mains;