CHAPIDRE, IH. - LES SACREMENTS
cest ce que confirment les témoignages des anciens, quand ils appellent poisson l'Eucharistie (1). |
Ainsi parlait le premier archéologue qui ait su pénétrer le sens mystérieux de ces scènes; mais il rencontra l'opposition du protestant Becker, le coryphée de cette poignée d’archéologues qui, dans les scènes de banquets où figurent le poisson et les pains multipliés, ne veulent voir que l2 représentation du festin céleste. A une aussi étrange opinion, de Rossi cpposait le fait que les poissons et les pains multi-
Figure 143 - La Messe (détail de la figure 142).
pliés se trouvent aussi isolément, et que, dans ce cas, ils ne peuvent avoir d'autre séns que le sens eucharistique. Quant à nous, après ce que nous avons dit plus haut à ce sujet, nous ne eroirions pas à propos d’insister, si la série des monuments qui confirment cette vérité ne demandait, Comme couronnement de cet article, une exposition rapide et sommaire.
Mais auparavant, comme complément des explications précédentes, j'ajouverai que le nombre constant de sept commensaux peut être pris dans le sens mystique qu'il à dans la Bible: il indiquerait la multivude. Toutefois, même en admettant cetie signification, le nombre sept ne semble pas sans allusion aux sept disciples sur les bords du 120 de Tibériade. Cette scène est représentée au moins une fois dans la
(1) DE Rossi, Roma sotterranea, Vol. II, p. 338 ss.
salle des Sacrements A? (fig. 134), où les sept commensaux sont nus, d’après 12 coutume suivie par les pêcheurs de ce temps-là, quand ils s’adonnaient à la pêche.
Précieuses sont, à propos de cette scène, les paroles de saint Augustin: (Piscis assus, dit-il, Christus est passus, hic est et panis qui de eaelo descendit; huic incorporatur ecclesia ad participandam beativudinem sempiternam. Propterea dictum est: Afferte de piscibus quos
Figure 144. - Sacrifice d’Isaac (détail de la figure 142).
prendidistis nunc, ut omnes qui hanec spem gerimus per illum séptenarium numerum discipulorum, per quem potest hoc loco nostfg universites intelligi figurata, tanto sacramento nos communicare nossemus, et eidem beatitudini sociari » (1). Ei non moins précieux est le témoignage d’un anonyme africain du 1v° siècle, lequel appelle le Christ « piscem magnum qui satiavit ex se ipso in littore discipulos et toti se obtulit mundo IXOYE cujus ex interioribus remediis, quotidie illuminamur et pascimur » (2).
Déjà dans quelques inscriptions du 11° siècle nous voyons le poisson remplacer le nom de Jésus-Christ. Une tuile, qui servit à la fermeture d’un tombeau du cimetière de Priscille et qui remonte probablement au 11° siècle, porte en relief la forme de deux pains m&rqués d’une croix,
(1) AUG., In Joann., 123; P. L., XX XV, 1966. (2) De promissionibus et praedictionibus Dei, 11, 39, P. L., LI, 816.