CHAPITRE II. - LES SACREMENTS
déjà vu un exemple qui symbolise avec certitude le sacrifice sanglant de la croix; quant à l’offrande de Melchisédech on 2, à son sujet, un texte précieux de saint Cyprien, lequel, développant le concept exprimé per le Psalmiste: Tu es sacerdos in aeternum secundum ordinem Melchisedech (Ps. CIX, v. 4) propose cette offrende comme une figure de l’offrande divine. Au reste le Cenon de 12 Messe Romaine tranche toute difficulté à cet égard, quand il demande à Dieu de jeter un regard favorable sur l’oblation eucharistique, comme il le fit pour les dons de son fidèle serviteur Abel, pour le sacrifice de notre patriarche. Abrzham, et pour le saint sacrifice, l’hostie immezculée offerte par son grand-prêtre Melchisédech. Ces trois types sont réunis dans une mossique de Ravenne, représentée par la figure 148.
Une brève considération. Si le pain mystique que nous voyons tent de fois représenté dans les peintures, s’unit intimement. à l’idée du poisson, de l'IXOYE, et si ce dernier mot désigne Jésus-Christ, Fils de Dieu et Sauveur, comment peut encore se soutenir l& doctrine de ceux qui ne distinguent l'Eucheristie d’un repas ordinsire qu'en lui accordent d’être un simple mémorial de 12 mort du Christ ? Ne serzit-il pas souvereinement arbitraire et illogique, après avoir reconnu dans les inscriptions l2 figure ou le nom du poisson comme l2 figure ou le nom réel de Jésus-Christ, de rejeter ce même sens quand le poisson 2ppereit dans les peintures ?
Revenons à l'inscription d’Abereius, dont le commentaire mettra fin à ce long article.
Le peu qui en à été dit jusqu'ici ne suffit pas à en souligner toute J’importence. Et d’sbord l'écrivain s’y révèle évêque, et évêque tel que nous en voyons à travers toute le tradition hagiogrephique et li-
turgique. Il est disciple du cheste Pasteur, qui fait paître ses troupeaux et dont les grands yeux voient partout. Meis le disciple d’un pasteur est pasteur lui aussi, et Abercius 2joute cette autre raison: «car c’est lui qui m’à enseigné les vraies Écritures »:
OÙroc yép L'ÉdIdAEES YEAULATX TOTAL...
Abercius possédait donc la vraie science des divines Écritures, comme il convient précisément à un évêque, dont le rôle est d’être le Maître de son peuple, c’est-à-dire d’une portion du troupeau du chaste Pasteur. Et ce Pasteur lui-même est décrit en termes de nature à mettre en relief sa personne divine. Il est Pasteur, comme Jésus-Christ à dit de lui-même: Eyw eiur 6 row 6 xxkôc, je suis le bon Pasteur ; et Abercius lappelle &yvôs, chaste, pur, immaculé, conformément à saint Paul qui donne à Jésus-Christ les épithètes de Sanctus, innocens, impollutus.
(HEBR., VII, 26). Par les monts et les plaines, ce chaste Pasteur nourrit ses troupeaux (composés de brebis et d’agneaux, des disciples et des foules) de l’aliment de sa parole; il a de grands yeux et voit partout, selon ce que dit de Dieu la Sainte Écriture:
Ev mavri roro 6oûœauot Kuoiov.
In omni loco oculi Domini (PRov., XV, 3).
Mais le Pasteur a envoyé à Rome Abercius pour y observer le royaume et voir la reine à la robe et aux chaussures d’or, et il y à vu un peuple toujours marqué de son sceau brillant:
Eis ‘Pœunv Ôc Ereudev ëv BaciAzrav dbooa xat Baotaiconv ideiv ypvoocTohov, ypuooTEdAOV' Aady Ô’eidov ÊxEt AAUTPAV GHPAYId GVÉYOVTEL.
Ces vers montrent encore l’homme apostolique, semblable à tant. d'autres Évêques et Docteurs, qui venaient à Rome, ce centre de la chrétienté, du royaume, et y admiraient la reine, l’Église, véritable souveraine se dressant au dessus de toutes les autres églises: n'est-ce: pas dans un sens analogue que vers le même temps, saint Irénée affirmait l’obligation pour toutes les autres églises de se tourner vers l'Église de Rome propter potiorem principalitatem ? Et, outre la reine, Abercius vit un peuple marqué du sceau splendide de la foi.
De Rome, Abercius se rend en Syrie; il en traverse les plaines, passe: par toutes $es villes, jusqu'à Nisibe, et franchit l’Euphrate. Partout il trouve des hommes en communauté d'idées avec lui, partageant la. même foi; Paul est son compagnon, ce qui veut dire qu'il possède la doctrine de saint Paul:
Kai Zvpinc medlov xat &otex mavra, NiouBiv, Evppdrnv tabac. RE Ô ia cuvo {up OUG) [adrov Éyov Erofyoy).
On commence à entrevoir dès ma'ntenant le but de l’inseription. Dans son épitaphe, Abercius veux laisser à son peuple, comme suprême. héritage, un profond enseignement et il le faït d’une manière qui ne pourrait être ni plus prudente ni plus efficace. Il raconte ce que, dans. son voyage, il à constaté de ses yeux: la grandeur et la suprématie de l'Églisé de Rome, et l’unité de la foi dans toutes les parties du monde. connu, de Rome à Nisibe; partout il à trouvé des frères selon sa fol. Maïs cette dernière affirmation esi trop vague €6t trop générique, et. le voilà qui descend aux détails, en expliquant en langage secret, mais. connu de ses frères dans la foi, les plus sublimes mystères de la religion catholique.