CHAPITRE III - LA HJÉRARCHIE
apparence de raison dans les premiers siècles de l'Église, alors que les souvenirs apostoliques étaient encore vivants au milieu des fidèles ei qu'on aurait pu facilement les contrôler à l’aide des ouvrages des premiers Pères et des écrivains ecclésiastiques, ouvrages dont une si minime partie est parvenue jusqu'à nous, et encore, pour la plupart, par le canal de l’histoire d’Eusèbe de Césarée. Le sort des monuments, tombés sous les coups des barbares, ne fut guère plus heureux que celui des écrits; ct pourvant les hérétiques y auraient également trouvé un
Figure 149. - Verre doré de la Bibliothèque Vaticane.
précieux élément de contrôle. Cependant, dans le peu qui nous reste, nous trouvons une letére de saint Clément de Rome, lequel, du vivant même de saint Jean, tient aux fidèles de l’église de Corinthe le langage d'autorité paternelle et de fermeté, qui serait aujourd'hui celui de Pie X: «Il est juste, écrit saint Clément (chap. 63) que vous courbiez la tête et que vous montriez votre obéissance en mettant un terme à ces inutiles querelles. Grande sera noïre joie, si, dociles à ce que nous vous avons ordonné dans l’Esprit-Saint, vous rétablissez la paix parmi vous ». Non content de ces avertissements le Poniiïe envoie « quelques hommes fidèles et vertueux » pour constater tout ce qui devra être fait: tant est grand en lui le souci de voir la concorde se rétablir parmi les fidèles de Corinthe. Nous trouvons en outre, vers là fin du 11° siècle, le prêtre Caius officiellement chargé par le pontife saint Zéphyrin de rappeler comme trophées de la foi romaine, le souvenir des tombeaux de saint Pierre et de saint Paul, l’un au Vatican, l’autre sur la voie
d’'Ostie (1). Nous trouvons que Tertullien appelait saint Celliste pontifex maximus, episcopus episcoporum, tout en le critiquent avec une amère ironie d’avoir porté un décret, qu’en bon montaniste il ne pouvait admettre. Nous ne nous sttarderons pas à recueillir les autres témoionages, désormais réellement innombrables; nous ferons plutôt parler les marbres, objets principaux de nos écudes. Mais il nous sera permis de conclure dès maintenant que là tradition populaire, aussi bien que
Figure 150. - Verre doré de la Bibliothèque Vaticane.
la tradition patristique, confirme admirablement tout ce qu’on nous enseigne aujourd'hui relativement à la primauté du suceesseur de Saint Pierre.
Si c’est une loi de nature pour l’homme de se souvenir surtout de ce qu’il à de plus cher, de ce qui lui importe le plus, là pensée de Saint Pierre en sa qualité d'administrateur de la grâce de Jésus-Christ, de législateur et de conducteur du peuple du Dieu, de chef du corps 2postolique et d’opérateur de miracles, dut, plus que toute autre, être à cœur aux premières générations chrétiennes: de fait, en dehors du concept de Jésus-Christ, c’est elle qui se trouve le plus sou vent exprimée dans les monuments. Dans le cinquième volume de l’Histoire de l’art
(1) °EUSES., Mist Eccl:, AT" 25: