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CHAPITRE III. - LA HJÉRARCHIE

chrétien de Raphaël Garrucci, où se trouvent recueillis les bas-reliefs funéraires connus du temps de l’auteur, on peut compter 445 images de Jésus-Christ, 212 de Saint Pierre et 47 de Saint Paul (1); les autres personnages bibliques se trouvent en plus petit nombre. L'image donc et le concept de Saint Pierre furent, après ceux de Jésus-Christ, le principal inspirateur de l’art chrétien.

Maïs venons-en maintenant à l'explication du contenu de ces représentations de Saint Pierre.

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Figure 151. - Image de $S. Pierre gravée sur une patène.

1. PIERRE, NOUVEAU Moïse (2). — Dans le nombre de 212 images représentant Saint Pierre, nous en avons compté au moins une centaine qui nous offrent Moïse frappant le rocher: c’est que, en effet, en traçant ces images, l'intention des artistes y mêlait intimement la figure de Saint Pierre. Une telle proportion semblera peut-être absurde: nous allons cependant en établir le bien fondé, et montrer combien elle s'accorde avec l’antique littérature chrétienne.

Notons tout d’abord que la scène de Moïse frappant le rocher ne doit pas être prise au sens historique qu'elle possède quand elle est reproduite dans le tableau du passage de la mer Rouge: il faut au contraire y voir une allécorie, conformément aux paroles de Saint Paul: «Bibebant autem de spiritali consequente eos petra; petra autem erat Christus » (3). Ce fut en effet le propre de l’art chrétien de figurer les vérités évangéliques au moyen des faits de l’Ancien Testament : c'était suivre en cela une règle d'interprétation donnée par les Pères de l'Eglise,

(1) Notiones, Vol. II, pars I, p. 271 ss.

(2) On peut encore reconnaître un grand nombre d'images de Saint Pierre dans les fragments d’arches marmoréennes épars dans les cimetières souterrains de Rome.

PA Cor: X, ‘4.

et se conformer à l’exemple de Jésus-Christ lui-même et-des Apôtres. Bien plus, déjà dans les prophéties de l’Ancien Testament, se trouvent de claires allusions à la source de là grâce future préfigurée par le miraëele mosaïque; un exemple entre tous suffira: l’oracle d’Isaïe prophétisant: «Tune seliet sicut cervus claudus, et aperta erit lingua mutorum; quia seissae sunt in deserto aquae, et torrentes in solitudine. Et quée erat 2rida erit in stegnum, et sitiens in fontes aquarum » (1). On sait du reste que l2 source jaillissant du rocher & été un symbole du baptême, et nous ne croirions pas utile d’y insister, si certains témoignages des Pères n'étaient aptes à éclairer les monuments que nous Allons produire.

Ainsi, dans son dialogue avec Tryphon, le martyr Saint Justin disait: « Fontem aquae vivae a Deo in solitudine cognitionis Dei experte, in terra scilicet gentium scaturire fecit hie Christus ». Eù Tertullien: « Haec est aqua (seilicet seluberrima baptismatis) quae de comite petra populo defluebat. Si enim Petrus Christus, sine dubio aeque in Christo baptisma videmus benedici» (2). Et Saint Cyprien: «Quotiescumque aqua sola in Scripturis sanctis nominatur, baplisma praedicatur, ut apud Isaiam XLVIITI significari videmus. Praenuntiavit illic per prophetam Deus quod apud gentes, in locis quae inaquosa prius fuissent, flumina postmodum redundarent, et electum genus Dei, id est per generationem baptismi, filios Dei factos adaquarent. Item demum praecanitur et ante praedicatur Judaeos, si sitierint et Chrisitum quaesierint apud nos esse potaturos, id est baptismi gratiam esse consecuturos ; si sitierint, inquit, per deserta adducet illos, aquam de petra producet illis, findetur petra et fluet aqua et bibet plebs mea» (3). E5 Saint Jérôme, commentant le Psalme LXXVII: CInterrupit petram in eremo, sicut Moyses percussit in terreno petram, et produxit populo aquas ; iüta et Dominus quem Paulus percussum ait propter peccata nostra, immensos nobis protulit fontes, apostolos scilicet quos petra monstravit ; et per quos fluxerunt torrentes ». Et Saint Augustin: «.……. Denique percussa est ipsa petra ligno, ut aqua flueret virga enim percussa est. Quare ligno, non ferro ? nisi quia crux ad Christum accessit ut nobis gratia propinquaret » (4). Et Saint Isidore de Séville: « Percussa enim petra, fons emanavit ; percussus in cruce Christus, sitientibus lavacri gratiam et donum Spiritus sancti effudit » (5). Clôturons cette série de témoignages,

)TsaAT XX XV," 6-7.

) TERTULL., De baptismo, IX.

) CYPRIAN., Ad Cæcil., c. 8.

YADGUSTIN..; Serm.1902;, 0 Lana ) IsiboRr., Lib. Prohem.

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