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CHAPITRE III. - LA HJÉRARCHIE

qu'il nous serait facile de multiplier, par un fragment des Odes de Salomon, document apocryphe des temps apostoliques: Car un ruisseau est sorti, et 1 est devenu un torrent grand et large. IL a inondé et brisé l'univers, et l’a emporté ver le Temple, et les obstacles (dressés) par les hommes n'ont pas pu l'arrêter, et pas meme les artifices de ceux qui endiguent l’eau ; car àl est venu sur toute la surface de la terre et a tout rempli, et us ont bu, tous les assoiffés qui sont sur la terre ; et la soif a été détruite et éteinte, car c'est par le Très-Haut qu'est donnée la boisson.

Heureux donc les ministres de cette boisson, ceux à qui a été confiée son eau ; ls ont calmé: les lèvres desséchées, et redressé la volonté paralysée ; les âmes qui étaient prêtes à quitter (la vie), ils les ont arrachées à la mort ; les membres tombés ils les ont fortifiés et redressés ; ils ont donné la force. à. leur démarche, et la lumière à leurs yeux, car tous hommes les a connu dans le Seigneur et ils vivent par les eaux vivantes pour l’eternité (1).

Il faut encore noter, comme nous l’avons déjà indiqué, que les symboles eucharistiques suivent constamment les figures et allégories baptismales, l’usage étant d’administrer le Corps de Jésus-Christ immédiatement après le baptême; c’est ce qui explique pourquoi le petit poisson, symbole du baptisé, est pris à l’eau même qui jaillit de la pierre, ou à celle où à été baptisé le divin Sauveur. On dirait que Tertullien avait sous les yeux ces peintures quand il écrivait: «Nos pisciculi, secundum [IXOYN nostrum Jesum Christum, in aqua nascimur » (2). Peu différentes sont les paroles suivantes de Clément d'Alexandrie: «Sint autem nobis signacula columba, vel piscis, vel navis..….; e6, si sit aliquis qui piscetur, meminerit Apostoli et puerorum qui ex aqua extrahuntur » (3).

Or, qui est Celui que Clément d'Alexandrie appelle Apostolus ? On pourrait entendre ce mot dans un sens indéterminé, pour indiquer le ministre du baptême; mais on ne peut négliger l’allusion à l’Apôtre pêcheur d'hommes, et, dans le cas qui nous occupe, on doit y voir précisément le sens principal de l’expression. Saint Jérôme, écrivant au moine Rusticus, établit clairement la ressemblance entre les Apôtres et Moïse: « Pastor ovium (Moyses), hominum factus est pastor, Apostoli de piscatione lacus Genesareth, ad piscationem hominum tran- Sierunt » (4); mais il est clair aussi que cette ressemblance avec Moïse

(1) Revue Biblique, 1910, p. 487-488; traduction de M. Labourt. (2) TERTULL., De baptismo, I.

(3) CLEM. ALEXANDR., Paedag., 3, Il; P. G., VIII, 634.

(4) HrerRoM., Epistola XCV, 4.

convient surtout à Saint Pierre, puisque c'est spécialement à lui qu'il fut dit par le divin Maître: «Ex hoc iam homines eris capiens » (1).

Figure 152. - Dieu donnant la loi à Moïse.

Au reste, la pensée de Clément d'Alexandrie semble s’éclairer sous la plume d’autres Pères: Saint Paulin de Nole, par exemple, écrit de son père spirituel Delphinus: « Meminimus, te non solum patrem, sed: et Petrum nobis factum esse, quia tu misisti hamum, ad me de pro-

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