‹ Manuel d'archéologie chrétienneChapitre 159 sur 305 · CHAPITRE III. - LA HIÉRARCHIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. - LA HIÉRARCHIE

fundo et amaris hujus saeculi fluctibus extrahendum, ut captura salutis efficerer.... » (1).

Figure 155. - Le Christ donnant la Loi a S. Pierre.

Si done, selon l'expression de Saint Paul, le rocher était le Christ, et l’eau qui en jaillit, une boisson spirituelle, la grâce, et spécialement la grâce du baptême, — laquelle était appelée la grâce par excellence, — de qui la personne de Moïse pourra-t-elle être la figure ? La réponse

SPAULIN Epist. XX, 6.

nait spontanément du parallèle immédiat entre Moïse et Pierre, puisque Pierre seul peut être appelé à bon droit le nouveau chef du peuple de Dieu, le Moïse de là nouvelle Loi. Mais, quelque évident que cela paraisse, nous tenons cependant à le démontrer, et nous allons le faire sans tarder.

Le concept de Pierre.et l’idée de la fontaine de la grâce et du pouvoir souverain étaient tellement liés dans la pensée des premiers chrétiens qu'au v° siècle dans les Catacombes des voies Nomentane et Salaria Nuova on vénérait les souvenirs de Saint Pierre sous les titres de fontium sancti Petri, — nympharum sancti Petri — ou de l’endroit wubi Petrus baptizaverat — sedis ubi prius sedit sanctus Petrus apostolus.

Les Pères ne pensaient pas différemment: Saint Maxime de Turin, par exemple, écrivait: «Per Christum Petrus factus est petra; nam sicut in deserto, dominico sitienti populo aqua fluxit e petra, sie in universo mundo perfidiae ariditate lassato, de ore Petri fons salutiferae confessionis emersit » (1). Et, en effet, parmi les similitudes imaginées par les Pères pour démontrer que c’est de la seule église de Pierre que tout pouvoir découle aux autres églises, revient souvent l’image des eaux, de la rivière, de la source, pour signifier que les autres églises doivent tenir le pouvoir du pouvoir même de Pierre, de même que c’est de la source première que proviennent toutes les eaux: «velut de natali suo fonte aquae cunctae procedunt » (2).

Voici ce qu'en dit Saint Léon le Grand: «Multo est dignius ad beatissimi Petri apostoli gloriam contemplandam aciem mentis attollere qui &Db ipso omnium charismatum fonte tam cepiosis est irrigationibus inundatus, ut, Cum multa solus acciperet, nihil in quemquam sine illius participatione transierit » (3).

Mais nous possédons des témoignages encore plus explicites, lesquels fournissent une sorte d'équivalence entre les deux personnages: Moïse et Pierre. On connaît le récit de la conversion des soldats Procès et Martinien, pour le baptême desquels Pierre, comme un autre Moïse, frappa la paroi de sa prison et en fit jaillir une source. Cet épisode nous est, il est vrai, raconté dans des écrits apocryphes, mais ceux-ci sont les témoins de l’opinion populaire au commencement du quatrième siècle. Dans un autre écrit apocryphe, publié il y à quelques

(1) S. MaAxIM1, Opera, edit. Romae, 1784, 219. (2) Cf. Coll. Epist. rom. pontif., edit. Constantii. — Æpist. IV papae Bonifacti HAVE

(3) S. LEO, Sermo IIT habitus in anniversario suae assumptionis ad Pon- HS NC UD

Page 1