CHAPITRE III. - LA HIÉRARCHIE
[Re ] OL
années et attribué en partie, au troisième siècle (1), on lit, à propos de la dignité de Saint Pierre: «Jésus lui dit: Tu es heureux, Simon Bariona, car la chaire et le sang ne t'on pas révélé ces choses. Maintenant écarte-toi pour que je te donne la puissance de ma langue à ta langue pour lier e% delier. Alor il agita sa maïn sur sa tête et toutes les armées célestes dirent le Trisagion, de sorte que les éons qui étaient sur la montagne criaient disant: Saint, saint l’apôtre Pierre grand prêtre. Lorsque Pierre eut reçu ces grands honneurs, son visage s’illumina, il resplendit comme le soleil devant les apôtres ou comme le Moïse de son temps » (2).
Ici encore il importe de répéter que, quelle que soit la valeur historique de ce texte, un fait indubitable nous y est révélé, à savoir que l'assimilation de Pierre à Moïse était déjà dès le second siècle en vogue dans le peuple. Ceite opinion se maintient très longtemps et elle n’était pas exclusivement propre aux chrétiens de Rome, puisque dans une homélie attribuée à Saint Macaire d'Egypte, il en cest parlé en ces termes: « Postea Moysen excepit Petrus, cui nova Ecclesia pue ac verum sacerdotium commissum est» (3).
Maïs passons aux monuments: ils sont plus clairs encore que les textes. Viennent en premier lieu deux fonds de coupes en verre doré, représentant chacun un personnage barbu du &ype iconographique de Seint Pierre, et frappant avec une verge un rocher d’où jaillit une source. Il est certain que nous sommes en présence de la scène de la source miraculeuse du désert, mais il est aussi évident que Moïse y est remplacé par Saint Pierre, puisque le personnage barbu est, dans les deux cas, muni du nom PETRUS. L'importance de ces figures ne peut échapper à personne: Pierre fait jaillir du rocher, c’est à dire du Christ, la source de tous les dons surnaturels. Au jugement de de
(1) Cf. SCHMIDT, in Gottingtschen Geleherten Anzeigen, 1900 (n. 6) pp. 481-506 et BAUMSTARK dans la Revue biblique, 1905, pp. 245-265.
(2) REVILLOUT, Revue biblique, 1904, p. 324. Selon cet auteur, l’apocryphe cité serait le fameux évangiles des douze Apôtres mentionné par quelques Pères, et, par consequens, devrait, dans son archétype, remonter au 1 siècle. Voici ses paroles: «On y constate une foi très vive en la primauté et en l'infaillibilité du Siège de Pierre. Aucun document antique n'est aussi net, si ce n'est l'Evangile de saint Matthieu lui-même et le concile de Calcédoine, précurseur sous ce rapport de celui du Vatican. Or il faut se rappeler, d’après les citation d'Origène, que notre texte n’est pas postérieur au 11 Siècle, c'est donc un témoignage précieux de la croyance des premiers temps du christianisme, témoignage analogue a ceux que Mgr. Freppel à recueillis dans les apocryphes de ce genre (pag. 322).
(3) MacHARn, Aegyptii homilia, XXVI, 23; P. G., XXXIV, 699.
Rossi, ces verres peuvent être des environs du vroisième siècle; ils sont l’œuvre de deux artistes différents, et supposenc, par suite, l’existence de plus d’un atelier producteur de pareils objets (figg. 149, 150).
Un zautre monument, non moins précieux, du même genre à été trouvé en Dalmatie. C’est une patène qui à dû servir à un usage liturcique, et sur laquelle se voient des gravures au stylet représentant orossièrement une série d'épisodes bibliques. On y voit entre autres Moïse avee sa verge miraculeuse, provoquant le jaillissement de la
Figure 154. - Sculptures d’un sarcophage du cimetière de S. Damase.
source; mais iei encore on doit reconnaître Pierre, à cause de l’inscription placée au dessus du personnage (fig. 151). Cette inscription dit:
Petrus virga perquodset, fontis ciperunt quorere (sic) — Pierre frappa de sa verge, et les eaux commencèrent à couler.
C’est là transcription peu fidèle d’un texte du vingtième chapitre du livre des Nombres, où on ht: Moyses..…. percutiens virga..…… egressae sunt aquae largissimae (1).
Dens le mausolée dit de Sainte Constance, à Rome, près des Catacombes de Sainte Agnès, sur là paroi de la voute annulaire, se trouvent symétriquement disposées, deux niches recouvertes de mosaïques, lesquelles sont, à ce qu’on croit, contemporaines du mausolée: elles appartiendreient donc aux temps constantiniens. Elles représentent d’un côté Moïse recevant de Dieu 14 Loi, de l’autre Saint Pierre re-
(D'Numer XX; 11.
[Re] |] —]