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CHAPITRE II. - ORIGINE DES MONUMENTS

cosole était le tombeau que De Rossi appela «a mensa, car la pierre était aussi horizontale, et, grâce à l’espace rectangulaire qui la surmontait, on pouvait s'en servir comme de la pierre d’un autel. L’arcosolium était aussi appelé loculus et pouvait contenir un ou plusieurs corps. Il était le plus souvent revêtu à l’intérieur de marbres ou de stue, ou bien il contenait un coffre en marbre. Des coffres en marbre et des sarcophages plus ou moins ornés de bas-reliefs étaient aussi disposés le long des parois des chapelles et surtout des chambres funéraires; il y avait aussi des coffres en terre cuite, sans aucun ornement, que l’on mettait parfois à l’intérieur des loeuli.

Figure 12. - Lampe d’argile et monnaies enchâssées dans la chaux d’un loculus.

Après l’édit de Milan, par lequel la paix était accordée à l’Église, on creusa encore de nouvelles catacombes, à côté de celles qui existaient déjà; mais l’on s’efforca surtout d'utiliser les plus petits espaces entre un tombeau et l’autre, le fond, les ares et les parois des arcosoles, tout, jusqu’au pavé des eryptes et des galeries. Les sépultures creusées ainsi dans le pavé des catacombes, ou, plus tard, à l’intérieur et aux environs des basiliques souterraines, reçurent le nom de formae, peut-être à cause de leur ressemblance avec les conduites d’eau creusées sous le sol et appelées ainsi.

Dans les cryptes où se tenaient les réunions liturgiques, il y avait aussi de grandes ouvertures, qui communiquaient par le plafond avec la surface du sol, et permettaient à l’air et à la lumière de pénétrer en abondance dans les souterrains.

Ces lucernaires, qui existent encore en grande partie, s’appelaient luminaria; fort rares pendant la période des persécutions, leur nombre

di

fut beaucoup augmenté après la paix constantinienne. Il n’y en avait pas seulement dans les chapelles, mais aussi dans les galeries, et, en particulier, là où les groupes de pélerins étaient plus fréquents et plus nombreux.

Figure 13. - Vase en verre attaché à la chaux d’un tombeau.

On ne rencontre qu'une fois dans toute la Rome souterraine les mots de pila et catabaticum. Le sens du premier est clair (pilier, soutien, colonne), mais l’on ne sait pas encore quelle partie du cimetière chrétien il servait à désigner. Le second terme paraît être synonyme de contabulatio (étage), mais cette explication a besoin elle aussi d’être prouvée d’une manière définitive.

Quant aux chambres sépulcrales, elles avaient les formes les plus variées : élégantes et n’offrant presque pas de différence avec les hypogées païens au premier et au deuxième siècles, elles reçoivent au

Figure 14. - Tombeau a mensa. troisième une forme toute simple et commune, celle d’un gros cube. Au

quatrième siècle, au contraire, et, en général, pendant toute la période des catacombes qui a suivi la paix de l’Église, les chambres sépulerales prennent les formes les plus élégantes, surtout à $. Calixte; on y voit souvent en petit, je dirai presque à l’état d’embryon, les formes de la basilique: il y a done des colonnes, des absides plates ou sphériques, des voûtes d’arête; des coupoles posées sur des corniches carrées, circulaires, hexagonales ou octogonales, avec des absides et de pe-

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