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CHAPITRE III. - LA HIÉRARCHIE

Quant à ceux qui voudraient persister à voir encore Moïse dans ces Scènes, nous leur ferons observer que les deux ou trois personnages qui se désaltèrent à la source, vètus comme ceux qui procèdent à l’arrestation de la même personne que celle qui frappe le rocher, ne sont pas des Juifs, mais de véritables soldats de la légion romaine, coiffés du pileus pannonicus introduit aux temps de Constantin pour remplacer le casque, et que parfois même ils sont armés. Au contratre,

Figure 156. - Peintures du cimetière de $. Calliste.

dans les scènes du désert ou du passage de la Mer Rouge, les Juifs ne portent ni la tunique courte, propre aux soldats romains, ni là chlamyde, comme ceux qui boivent, dans les scènes de Saint Pierre, mais la penula; on peut s’en rendre compte sur quelques sarcophages et sur les portes de l’église Sainte Sabine au mont Aventin (figure 155). Mais ce qui tranche toute difficulté, c’est une peinture du cimetière de Saint Calliste, dans laquelle, à côté de Moïse, jeune et sans barbe comme toujours et dénouant les cordons de ses chaussures, se trouve Saint Pierre frappant le rocher, dont l’eau jaillit sur un soldat armé d’une épée. Rien de plus facile que de confondre ici les deux person-

nages, mais l’artiste à eu soin de peindre l’Apôtre barbu et plus gros, comme on peut le voir par la figure 156.

De tout ce que nous avons exposé jusqu'ici il est permis de conclure que Saint Pierre fut vraiment, dans la pensèe des premières générations chrétiennes, le Moïse de la nouvelle loi, le conducteur et le chef du peuple de Dieu. Telle est l’idée exprimée par le grand Constantin en deux vers qu'il fit placer sur l’are triomphal de la basilique de Saint Pierre au Vatican:

QVOD DVCE TE MVNDVS SVRREXIT IN ASTRA TRIVMPHANS HANC CONSTANTINVS VICTOR TIBI CONDIDIT AVLAM.

2. LA CHAIRE ET LA VERGE DE PIERRE. — Les sujets traités au paragraphe précédent ont encore une autre signification, en tant qu'ils sont joints à l’idée de la chaire; il s’en suit que, dans le concept monumental, la chaire de Saint Pierre est la chaire de la loi et de la doctrine divine, en même temps que la source du pouvoir. Une inseription métrique du 1v° siècle, placée dans le baptistère de la basilique vaticane, contenait ce vers:

VNA PETRI SEDES VNVM VERVMQUE LAVACRVM

Nous avons noté plus haut que dans les cimetières, où dn croit avec raison que Saint Pierre à exercé le ministère apostolique, on vénérait les souvenirs du siège, de la fontaine et des eaux où l’Apôtre aurait baptisé. Les Pères ne pensaient pas différemment, bien que l’idée de l& fontaine n’aît pas été expliquée par eux d’une ma&nière uniforme. Optat de Milève, par exemple, en parle en ces termes: « Fontem unam esse de dotibus, unde haeretici non possunt vel ipsi bibere vel alios potare, quia sol sigillum integrum, id est symbolum catholieum non habentes fontem verum aperire non possunt »; ensuite, au sujet de la même fontaine et des autres attributs de l'Eglise, il conclut: «Ea esse in Ecclesia per cathedram Petri quae nostra est » (1). Et Innocent I, écrivant aux évêques d'Afrique, appelle la Chaire de Saint Pierre: «Natalem fontem, unde aquae cunctae procedunt, et per diversas totius mundi regiones puri latices capitis incorrupti manant » (2).

Ces paroles semblent être le commentaire d’un monument conservé au musée Britannique. C’est un fond de coupe en verre, peint en or et représentant le rocher avec la source miraculeuse, jaiïllissant à côté d’une chaire adossée à la roche même. Il est bon de noter à ce propos que dans l’art ancien, tant païen que chrétien, la chaire était l’em- :

(1) OprTar. MiLev,. De schismate Donat., II, 9. (2) Collect. epist. Rom. Pont., edit. CONSTANTIT, p. 866.

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