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CHAPITRE III. - LA HIÉRARCHIE

ARTICLE Il. — Le Clergé (1).

On n'a rien d’explicite, dans les monuments primitifs de l'Eglise, au sujet du Sacrement de l'Ordre; car, en dehors des noms indiquant la dignité dont le défunt était revêtu, on ne fournissait aucune explication, le caractère du monument et l’occasion n’en réclamant aucune. Il était en effet naturel d’inserire, par exemple, sur le tombeau d’un prêtre le mot presbyter; mais il eût semblé pour le moins superflu d'ajouter comment, par qui ou avec quelle formule il avait été ordonné; ces additions sont pareillement étrangères au style épigraphique moderne. Cependant les épitaphes rapportant les simples titres des grades de l'Ordre sacré deviennent précieuses, si nous pouvons être assurés par ailleurs de leur correspondance réelle avec les degrés et les pouvoirs indiqués. Or, si nous interrogions les Pères et les écrivains ecclésiastiques, nous pourrions remplir un volume entier de témoignages sur là dignité spéciale du sacerdoce et sur sa distinction d'avec l’état laïque dès les débuts du second siècle. Pour être bref, nous nous bornerons à rapporter quelques fragments du plus ancien code liturgique: nous voulons parler des Canons de Saint Hippolyte, déjà mentionnés plus haut, Canons si généralement oubliés par les traités de théologie et dont il semble qu'on ne connaisse pas toute l'importance. Il s’agit, nous l’avons déjà dit, d’un écrit que tous les critiques catholiques et la plus grande partie des protestants attribuent au commencement du troisième siècle; quelques-uns même le font remonter à la fin du deuxième. Il est donc de la plus haute importance; bien plus, en raison de son caractère liturgique, il à une valeur décisive en bien des questions et spécialement en tout ce qui concerne l’ordination de l’Evêque, du Prêtre et du Diacre.

1. PONTIFES (2). — La plus ancienne épitaphe papale qui ait été

(1) Notiones, Vol. II, pars. I, p. 175 ss.

(2) Les Pontifes du premier et du second siècle, de saint Lin à saint Victor, furent ensevelis au Vatican près du tombeau de Saint Pierre: iurta corpus beati Petri, lit-on dans le Liber pontificalis. C’est avec le pape Zéphyrin que les sépultures papales commencèrent à se faire dans le cimetière de la voie Appienne, dit de Saint Calixte, et cette pratique persista jusqu’à la mort du pape Mültiade (314); il faut cependant exclure de cette nouvelle série de tombes papales celles de Saint Calixte lui-même, de Saint Marcellin et de Saint Marcel. Le corps du premier, jeté dans un puits du Transtévère fut enseveli, comme on l’a dèjà dit, dans le cimetière de Calépode; les deux autres, peut être par suite de la confiscation des biens funéraires sous Dioclétien, se préparèrent un tombeau dans le cimetière de Prixille, où fut aussi plus tard enseveli saint Silvestre.

conservée est celle du pape Anthère (1), mort en 236, alors que son prédécesseur, le pape Pontien, condamné aux travaux publics, était encore vivant. Son inscription est conservée dans la chapelle dite des Papes au cimetière de Saint Calixte (figures 162 et 163).

On à pareillement retrouvé l’an dernier l'inscription du pape Pontien : on y voit gravée, après le titre EITIZKoxos la sigle du martyre

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Figure 162 - Inscriptions papales (Cimet. de S. Calixte).

la même qui fut tracée, nous le verrons, sur la tombe du pape Fabien; l’une et l’autre, cependant, ont été ajoutées postérieurement. La découverte de cette épitaphe confirme ce qui est rapporté dans le Liber pontificalis au sujet de là sépulture de ce pontife. On y lisait en effet que le pape Pontien, déporté en Sardaigne, avait expiré sous les verges, et que son corps, transféré à Rome par le pape Fabien, avait été enseveli dans le cimetière de Saint Calixte: tout cela, du fait de la découverte de l'inscription près de la chapelle des Papes, reçoit la plus éclatante confirmation.

(1) Un sarcophage trouvé dans les grottes vaticanes lors de la reconstruction de la basilique, portait l'inscription de LINUS, et était peut-être le tombeau du premier successeur de Saint Pierre. Malheureusement, ce sarcophage a été incorporé dans les fondements de la basilique.

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