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CHAPITRE III. - LA HIÉRARCHIE

Vient ensuite par ordre chronologique l'inscription de Fabien (+ 250).

Observant que la sigle du martyre de ce pontife fut gravée alors que le marbre était en place et fermait déjà le loculus, qu’elle constitue par conséquent une addition postérieure, de Rossi crut qu'il s'agissait ici de là vindicatio martyris, c’est à dire de sa reconnaissance officielle par l'Eglise, qui en aurait fait graver le monogramme après l'élection du successeur, Saint Corneille. Ce sentiment prévaut encore à présent; mais il ne manque pas d’archéologues qui attribuent cette sigle et celle de Saint Pontien au IvV° siècle; d’autres l’assignent au v°, au vi° et même encore plus bes.

Contrairement aux autres, l'inscription du pape Corneille est rédigée en langue latine et sa tombe fut élevée loin de l’hypogée des Papes, par suite peut-être de !S dévotion d’une matrone, nommée Lucine, laquelle voulut lui donner une sépulture dans son propre domaine, peut-être aussi à cause des relations de famille ou de parenté que le pape pouvait avoir avec elle, à moins encore qu'il ne s'agisse ici d'un &ffranchi plutôt que d’un descendent de la famille Cornrelia.

De l'inscription du pape Lucius (+ 255), on n’a trouvé que le nom AOYKIZ; l'inscription du pape Eutychien (+ 283) est presque complète; celle du p#pe Gaïius (F 296) est mutilée et diffère des autres per le style épigraphique. Il y est fait mention de la déposition KATA- OEYIZ avec indication de la date de celle-ci.

Le fait de ne trouver sur les épitaphes énumérées que le simple titre ELUIZKOIOZ à fourni à quelques-uns le moyen de nier la primauté du pape. De Rossi leur à répondu et nous ne croyons pouvoir mieux faire que de rapporter ses propres paroles:

Je ne sais quel autre titre nous pourrions lire dans les dites épitaphes. Ce n’est certes pas celui que nous écrivons aujourd'hui dans les inscriptions de style classique, pontifex maximus ; nul n'ignore en effet l’origine paienne de cette appellation et l’on sait qu'elle à été mise généralement en usage après que la langue classique romaine eût été adoptée par le style ecclésiastique, c'est à dire après la Renaissance littéraire des temps modernes. Néanmoins Tertullien déjà, au 1118 siècle, rapportant un décret que, à mon sens, nous savons aujourd'hui avec certitude avoir été promulgué par le fondateur même de la crypte papale, le pape Calixte, le désigne comme un édit du souverain Pontife, évêque des évêques: Pontifex scilicet maxrimus episcopus episcoporum edicit. Je ne crois pas non plus que l’on puisse s'attendre à trouver dans ces épitaphes le titre de papa. Sans doute une des nouveautés que nous à révélées le cimetière de Calixte, est que le mot pape fut écrit sur les marbres chrétiens bien avant que nous ne le savions jusqu'ici. Dans les inscriptions de ce cimetière, Damase et même Marcellin, sous Dioclétien, ont été appelés papae, et déjà aux temps de Dioclétien, ce mot s’écrivait en abrégé PP, comme, dans l'épigraphie contemporaine, on le faisait pour praepositus, primipilus, et d'autres mots. Mais dans les premiers temps papa fut un terme d'affection plutôt que de di-

enité, et j'ai expliqué, page 200 (Roma sott., t. IT), qu'on disait au troisième et même au quatrième siècle papa meus, papa suus, papa noster. Reste le seul terme episcopus employé constamment par les Pontifes romains et il faut fermer les yeux à la lumière de l'histoire pour ignorer que les titres du siège romain à la primauté universelle ne dépendent en aucune façon de l’appellation donnée dans les premiers siècles à la dignité de celui qui l’occupait. II était appelé et il était en effet, évêque et évêque de Rome ; mais il faut se demander de quel épiscopat il était l'héritier, de celui-là seulement de l’église particulière de Rome, ou, en même temps, de la charge du gouvernement suprème de l’église universelle. C’est ce que ne peuvent nous dire, si on les examine isolément, les laconiques épitaphes de la crypte papale; mais si l’on demande à l'histoire ou aux écrivains ecclésiastiques quelle était la nature et l'extension de l’épiscopat. mentionné sur ces pierres, on y trouve la réponse cherchée. Je n'entrerai pas dans un sujet si souvent traité; mais pour clore cet épisode par le témoignage le mieux adapté, je confronterai avec les épitaphes papales du cimetière de Calixte, le catalogue papal de Philocalus, catalogue dont la première partie fut écrite ou continuée précisément à l’époque d’Anthère, le plus ancien des papes dont nous ayons trouvé l'inscription. Réduit à sa forme primitive, ce catalogue commençait en ces termes: passus est dominus noster Tesus Christus duobus geminis Consulibus VIII kal. apriles, et post ascensum eius beatissimus Petrus episcopatum suscepit, ex quo tempore per successionem dispositum qui episcopus, quot annis praefuit. Suit la série de Pierre à Anthère. Voilà comment comprenait l’épitaphe ANTEPQC EHICK le chroniqueur contemporain de ce pape; Anthère fut successeur de Pierre dans l'épiscopat que l’apôtre assuma immédiatement après l'ascension du Seigneur (Roma sott., t. II, pp. 306-307).

Le mot êrisxonos n’est pas de formation ecclésiastique: il signifie inspecteur et modérateur et, chez les Grecs, on appelait de ce nom les curateurs et présidents des jeux athlétiques. Dans le nouveau testament, ce terme fut employé pour dèsigner le président de chaque église et le degré suprême du sacerdoce chrétién (Act., XX, 28; PAUL ad Phul:, L'APim Mb ad Uma la signification ecclésiastique n’en fut cependant pas dès le principe invariablement fixée. Avant qu'il n’en fut ainsi, dut s’écouler une période pendant laquelle ce mot fut employé en ce sens. De même donc qu'il serait étrange de constater dans les épitaphes du troisième siècle l’omission de l'appellation épiscopus, à moins qu'elle n’eut été conseillée par quelque motif de prudence, ainsi pourrait étre soupçonné d’avoir été écrit à une époque postérieure à l’époque apostolique le titre LINUS EPISCOPVS: et le laconique et archaïque LINUS est admirablement à sa place (1).

Une inscription mutilée, gravée au dos d’un sarcophage, donne le nom OYPBANOË suivi de la lettre éta ou théta. De Rossi voulut y voir l'inscription d’un évêque Urbain, estimant que là trace de lettre appartient à l’initiale du mot ‘erioxomoc; mais l2 chose est très incertaine, et du reste Saint Urbain, évêque ou pape, était vénéré dans le cimetière de Prétextat, tandis qu'il n’est jamais fait mention de lui dans celui de Saint Calixte.

(1) Bull. di arch. crist., 1876, pp. 86-87.

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