‹ Manuel d'archéologie chrétienneChapitre 187 sur 305 · IN PACE DOMINI DORMIAS · texte numérisé non relu

IN PACE DOMINI DORMIAS

Repose dans la paix du Seigneur.

IN CHRISTO QVUIESCVNT.

Ils reposent dans le Christ.

— LOCUM REFRIGERII … UT INDULGEAS DEPRECAMUR.

Nous te prions de leur accorder le lieu du rafraîchissement.

Le mot rafraîchissement sigaifie toute espèce de soulagement et de réconfort e6 à été employé tant par les païens que par les chrétiens.

Dans son livre De mortalitate, S. Cyprien parle des justes qui sont appelés au rafraîchissement, tandis que les pécheurs sont trainés au supplice: «Ad refrigerium justi vocantur; ad supplicium rapiuntur injusti ». [1 l’emploie ainsi pour signifier la récompense éternelle promise aux justes par le Seigneur, et en ce sens, où dans tout autre si-

milaire, ce mot se trouve même dans l’Ancien Testament. Irénée l’emploie comme synonyme de là paix éternelle et c’est précisément le sens qu'il possède dans les liturgies grecques et latines ; dans celles-là cependant on l’exprimait avec le verbe dydravoov, donne, accorde le repos (1). C’est aussi de la sorte que l’entendait Tertullien écrivant

Figure 182. - (Musée du Latran).

dans son traité De monogamia (X): Enimvero et pro anima ejus orat, et refrigerium adpostulat et in prima resurrectione consortium. «Elle (a veuve) prie pour son âme (l'âme de son mari) et implore pour elle le rafraîchissement et la participation à la première résurrection ». Et parlant de son ami défunt Nébridius, qu'il croit accueilli dans là béa-

Figure 183. - Priscus in pacem suscipiatur.

titude éternelle, S. Augustin écrit: «Son âme atteint à la source même de ta lumière ineffable; 1à, buvant à longs traits l’eau de la sagesse, elle étanche sa soif, au gré de son inextinguible désir et au sein d’une béatitude sans fin. Et tandis qu'il s’enivre de délices, il n’oublie certes pas son àmi, puisque Toi-même, Ô Dieu, Tu ne m'as pas oublié, Toi qui es la source à laquelle il boit éternellement » (2). Ainsi parlent encore d’autres Pères ou écrivains ecclésiastiques.

(1) Voir Missale Francorum, pag. 694; MURATORI, Lit. rom. vet., II, pagg. 653, 702, 794, 799; Liturgia Mozarabica, dans MIGNE, pagg. 85, 910, 974, 996, 1002, 1016, 1022.

(2) St AUGUSTIN, Confess., IX, 3: «am non ponit aurem ad os meum; sed spiritale os ad fontem tuum, et bibit quantum potest sapientiam pro aviditate sua, sine fine felix. Nec sic eum arbitror inebriari ex ea ut obliviscatur met, cum tu, Domine, quem portat ille, nostri sis memor ».

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