CHAPITRE IV. - LES FINS DERNIÈRES 3-3 M
par conséquent, anticipée, à moins que l’on ne suppose que les défunts eux-mêmes sont censés parler:
ValERIO VOLVSIANO … ÆENTYCHETIS FILIO … O FORTVNATO QVI VIM … S PASSI SVNT … GIA PIENTISSIMIS … REFRIGERET NOS qui OMmni& POTEST.
Que celui qui peut tout nous donne le rafraîchissement.
Figure 206. - La Samaritaine (n siècle).
Ce que disent les phrases épigraphiques citées, on le trouve, autrement exprimé dans les peintures, les sculptures et sur les marbres sépulcraux eux-même. Les colombes, les brebis, les cerfs qui se désaltèrent à un bassin ou à une source sont les sujets les plus communs et les plus fréquents, qui se rencontrent dans les catacombes.
De telles scènes semblent être la représentation graphique de la formule grecque, qui souhaitait au défunt de boire et de vivre: PIE ZÈSES — bois, vis, et à laquelle on ajoutait souvent, pour la rendre plus évidente, la colombe, symbole de l’âme, et le vase d’eau.
Une autre image de rafraîchissement est la scène de la Samaritaine
au puits de Jacob. A celle-ci Jésus-Christ promit une fontaine d’eau
vive jaillissant pour là vie éternelle, et dans la chapelle A dites des Sacrements, dans là région cimitériale des Papes, on voit la Samaritaine puisant l’eau, qui, de toutes parts, déborde du puits (figure 206).
Une belle image du rafraîchissement à été peinte dans une région du cimetière de $. Calixte, que de récentes découvertes nous présentent comme le cimetière de S. Damase. On y voit deux cerfs se désaltérant avidement à une source. L'eau monte comme dans un siphou, et déscend des deux côtés pour abreuver les cerfs (figure 207). Ceite scène évoque spontanément le souvenir du Psaume XLI, v. 2: « Comme le cerf aspire aux fontaines d’eau, ainsi mon âme te désire, Ô mon Dieu ».
Figure 207. - Le rafraiscissement éternel.
Mais la plus éloquente représentation du rafraîchissement céleste est la peinture connue sous le nom de peinture des brebis, et appartenant elle aussi à une région du cimetière de $. Calixte. J. B. de Rossi l’interprét& comme le symbole de l4 distribution de la grâce et des effets divers que celle-ci peut produire, selon là diversité des dispositions des âmes qui la reçoivent. Maïs une telle explication parut, même aux yeux des élèves du grand archéologue, trop ingénieuse et trop subtile et tous conviennent aujourd’hui qu'il faut voir dans cette peinture l’image du paradis. «Au milieu de là belle composition, on voit comme figure principale le Bon Pasteur, qui à porté l’âme du défunt au milieu de l’assemblée des élus, diversement rangée. Parmi les derniers sont deux hommes revêtus des habits des figures sacrées et faisant le geste même du juif représenté en train de boire dans le tableau voisin du miracle de la source; ils recueillent avidement dans leur mains l’eau qui jaillit d’un rocher. Naturellement ils n’en prennent, touêt comme le juif voisin, parce qu'ils veulent en boire. Les deux hommes