‹ Manuel d'archéologie chrétienneChapitre 205 sur 305 · CHAPITRE IV. - LES FINS DERNIÈRES · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. - LES FINS DERNIÈRES

de remarque une peinture du cimetière de Domitille (figure 223) et une autre des catacombes de Syracuse (figure 224). Dans la première Jésus-Christ est assis en une chaire; dans la seconde il est debout et ouvre les bras en signe d'accueil bienveillant et miséricordieux.

Dans l’une et l’autre scène, Jésus est assisté de deux personnages, qui, dans la seconde, sont les Princes des Apôtres, comme l'indique l'inscription qui y est peinte. |

Sur deux sarcophages trouvés, l’un à Arles en France, et l’autre à Rome, les bas-reliefs nous présentent Jésus-Christ assis sur une

Figure 221. - Jugement particulier de l’âme.

chaire tenant en meéin un volume à demi déployé et dans l’attitude de quelqu'un qui parle. À ses pieds sont deux personnes prosternées, et deux autres s’inclinent vers lui en se couvrant le visage d’un voile. Bien qu'on ait donné de cette scène diverses interprétations, il nous semble que l’analogie qu’elle présente avec la scène de la figure 223, ne permet aucune explication en dehors de celle du jugement. Bien plus, si nous ne craignions de rapprocher des choses chronologiquement trop distantes, nous expliquerions ce sujet par les vers du Dies irae:

Ingemisco tamquam reus,

Culpa rubet vultus meus,

Supplicanti parce, Deus.

On pourrait égelement lui adapter les paroles du Psaume 34: Venite, adoremus, et procidamus ante Deum, ploremus coram Domino, qui fecit nos, mais l’autre explication nous semble préférable.

La pensée qu'aussitôt après sa séparation du corps, l’âme devait

paraître devant le divin Juge, persista longtemps dans l'art ; on en a encore un exemple au 1x° siècle, dens une peinture de l’église souterraine de saint Clément, à Rome, que jusqu’à ces dernières années tous les archéologues prenaient à tort pour une peinture votive. Ce fut Mgr. Wilpert qui réussit à en découvrir le caractère funéraire, ou, pour mieux dire, eschatologique. Voici comment il en parle:

Commençons par l'inscription, laquelle, à l’heure actuelle, conserve cinq lignes avec environ la moitié des mots... Je parvins très facilement à en lire la partie conservée. Dans la première ligne, je vois les éléments suffisants des mots caractéristiques 4VS{VS iudEX, par lesquels termine l’Apôtre, quand

Figure 222.

il dit de lui-même qu'il est près de la mort et de la récompense que le Juge éternel lui destine: Bonum certamen certavi, cursum consummavi, fidem servavi. In reliquo reposita est mihi corona iustitiae, quam reddet mihi in illa die Dominus iustus iudex.

L'auteur poursuit en déchiffrant l'inscription, laquelle résonne à peu près comme une oraison liturgique bien connue du Secramentaire Gallican. En voici l2 teneur avec, en iteliques, les mots conservés de l'inscription :

Deus, qui confitentium te portio es defunctorum, preces nostras quas in... propitius exaudi: ut qui nomini tuo ministerium fidele dependit, perpetua

Sanctorum soci(etate laetetur. Per Tesum Christu)jm Dominim nostrum qui venturus (est iterum. Lector dic : Deus da Cyrillo) peccatori requiem aeternam. Amen.

a peinture représente Jésus-Christ, assis sur un trône et assisté de deux anges et de deux personnages sacrés, dont l’un porte le nom de Clément, et l’autre, celui d'André. Devant le Sauveur sont deux personnages anonymes de plus petite taille; celui de gauche porte un calice; l’autre semble l’objet d’une protection spéciale de la part de l’ange, qui se tient près de saint Clément. Mais laissons la parole à l’illustre archéologue, auquel on doit l4 découverte du monument:

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