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CHAPITRE IV. - LES FINS DERNIÈRES

lement aux autres résurrections opérées par le Sauveur et qui sont figurées sur les sépultures, plus souvent par la sculpture que par la peinture: il semble que ces représentations s’inspirent d’une prière des Constitutions Apostoliques, dont voici le texte: « Nous croyons en outre à la résurrection, et celà à cause de la résurrection du Seigneur. Car c’est lui qui à rappelé Lazare à la vie trois jours après son ensevelissement; c’est Lui qui ressuscita la fille de Jaïre et le fils de la veuve; c'est Lui aussi qui ressuseita lui-même, par l’ordre du Père, après trois jours et devint ainsi le gage de notre résurrection » (1). Après ce que nous avons dit plus haut, il n’est pas nécessaire de s’attarder à démontrer l’analogie entre ce texte liturgique et l'inscription damasienne rapportée ci-dessus.

Du reste tous les miracles du Sauveur représentés sur les tombeaux contiennent l’idée de la résurrection: les textes des Pères et les discours tenus dans les réunions liturgiques les présentent comme des motifs d'espérer notre retour à la vie glorieuse (2).

ARTICLE V. — Le Jugement universel.

Les premiers artistes chrétiens, peintres et sculpteurs, ne semblent pas avoir volontiers pris le Jugement universel pour thème de leurs œuvres. Pourtant Bède nous apprend que parmi les peintures emportées de Rome en Angleterre par l’abbé Benoît, au cours de ses fréquents voyages, pour les faire reproduire dans les églises qu’il construisait, figure aussi la scène du Jugement (3). D’où l’on à le droit de conclure qu’une telle scène n’était pas nouvelle, et devait se retrouver des le vi siècle dans les cycles iconographiques des églises romaines.

En tout cas, l’idée du Jugement universel fut exprimée des le v° siècle dans une mosaïque basilicale de Ravenne, où l’on voit Jésus-

CHENVATASReT,1,:845.

(2) Voir Civiltà Cattolica, août, 1909, pag. 283 et seq. S. Clément Romain et le miracle dans une récente étude de À. Harnack.

(3) «Imagines Evangelicae historiae quibus australem Ecclesiae parietem decoraret; imagines visionum Apocalypsis B. Johannis quibus septentrionalem aëèque parietem ornaret; quatenus intrantes Ecclesiam omnes etiam litterarum ignari, quaversum intenderent, vel semper amabilem Christt Sanctorumque eius, quamwvis in imagine contemplarentur, adspectum; vel Dominicae Incarnationis gratiam vigilantiore mente recolerent, vel extremi discrimen examinis, quasi coram oculi habentes, districtius se ipsi examinare meminissent » (Vitae SS. Abbatum, P. L., LXXIV, 718). Cfr. WILPERT, Le pitture della basilica primitiva di San Clemente, 14.

Christ, en qualité de juge, séparer les brebis placées à sa droite des boucs qui s’avancent à gauche (fig. 229). Avant cette époque, la même conception se retrouve à Rome sur l’attique d’un couvercle de sarcophage; mais ici le Christ est encore sous les traits d’un pasteur, alors qu'à Ravenne il est assis majestueusement entre deux anges (fig. 230) (1).

La plus ancienne reproduction picturale du Jugement que nous possédions est celle que Mgr Wilpert reconnut, il y à quelques années, dans la basilique souterraine de S. Clément, là où l’on eroyait voir

Figure 229. - Mosaïque de Ravenne.

des scènes de l’histoire de Sainte Catherine (2). Nous citerons la description que l’illustre archéologue donne de cette grandiose composition: «Il fallait s'attendre à voir le Jugement général remplacer, dans les basiliques, le jugement particulier des peintures cimétériales (3). Le changement ne fut pas difficile, car l’art des catacombes présentait déjà tout préparés les éléments essentiels de la composition: il suffisait d'augmenter le nombre des âmes bienheureuses et d'ajouter les damnés pour avoir l’ébauche de cet important sujet.

(1) Voir mes Notiones, vol. II, pars III, pag. 177 et seq.

(2) MuLzLooLy, Courte notice sur les peintures antiques découvertes dans la basilique souterraine de Saint Clément à Rome, 1869, pag. 6-8.

(3) « La basilique de Saint Clément, dit Mgr Wilpert, nous fait assister au rare spectacle de l’art basilical revenant à l’art cimitérial quand il s’agit d’orner un sépulcre ». L'auteur de cette remarque prouve ailleurs que la peinture du tombeau de Saint Cyrille représente précisément le jugement particulier; nous avons à ce propos rapporté les paroles du même auteur.

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