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CHAPITRE IV. - LES FINS DERNIÈRES

des peines infernales ne soit pas rare dans les édifices funéraires, on

n'aura aucune peine à s'expliquer cette absence; le contraire serait plus étonnant.

ARTICLE VI. — La retribution immédiate.

Nous abordons une question sur laquelle les Pères des premiers siècles ne sont pas d'accord et qui n’a été définitivement résolue que par la parole infaillible de Benoît XII, en 1336: l’état des âmes, après la mort et le Jugement particulier. Nous devons examiner si les monuments primitifs sont favorables à l'opinion de certains Pères, suivant lesquels les âmes des justes attendaient la vision béatifique jusqu’au jugement dernier; ou plutôt à l’opinion devenue un dogme après la définition de Benoît XII. De Rossi avait vaguement annoncé qu’il s’occuperait de cette question dans le troisième volume des Znscriptions chrétiennes, mais la mort l’empêcha de réaliser ce dessein. Mer Wilpert, dans ses monumentales publications qui offrent aux savants de si précieux matériaux, à résolu triomphalement la question en ce qui concerne les peintures. Nous avons voulu faire un pas de plus dans un chemin si brillamment ouvert, et traiter la question au point de vue épigraphique, terrain où nous trouvons comme adversaire un géant de l’érudition, qui semble aujourd'hui revivre dans ses élèves: Edmond Le Blant.

Figure 232. - Cimetière de Domitille.

Si nous avons la hardiesse de nous attaquer à lui, c’est que les études iconographiques, dont le progrès à été merveilleux dans les dernières dizaines d'années, ont infirmé ses arguments; une enquête plus com-

plète et plus systématique sur les monuments nous à persuadés que la thèse de l’illustre archéologue français est insoutenable. Nous avons été heureux de voir approuver par des périodiques savants de toutes langues, que nous remercions ici, la démonstration que nous avons présentée ailleurs. C’est pour nous une joie de famille; car le pontife qui définit ce dogme avait porté notre habit religieux, et, simple moine cistercien, avait écrit un traité contre l’opinion contraire. Pour l’exactitude, nous rapporterons ici les paroles même dont se servit Benoît XII pour expliquer l'attitude de son prédécésseur Jean XXIT. « Saint Paul, parlant des vertus d’un évêque, nous dit qu'il veut un homme qui embrasse fidèlement la sainte parole, afin de pouvoir exhorter dans la saine doctrine et reprendre ceux qui la contredisent. C’esti pourquoi, ayant reçu de Dieu la dignité que j’occupe dans l’Eglise, j'a résolu, à l’exemple du prince des Apôtres, de réfuter de tout mon pouvoir ies opinions qui se sont produites contre la saine doctrine depuis que j'ai été élevé au cardinalat; en quoi je ne fais qu'obéir à ma Conscience et aux ordres que m'en avait donnés Jean XXII, mon prédécesseur, mon bienfaiteur et mon père» (Cf. ROHRBACHER, VII, 593).

Nous ne pouvons suivre le pape dans sa démonstration qui nous entraînerait trop loin de l’objet de notre étude; notons pourtant que ses conclusions se déduisent souvent de ces mêmes textes de l’Ecriture et des Pères que lui opposaient ses adversaires, et qu'il n’est pas difficile de trouver chez les auteurs même qui croient au retard de la vision béatifique, un désir ou une conviction opposée, quand il s’agit du sort de leurs proches.

Donc Benoît XII, le 29 janvier 1336, définissait solennellement que ni la vision béatifique ni les châtiments de lenfer ne souffrent de retard après le jugement particulier (1); nous nous bornerons à produire les monuments qui attestent ce point de doctrine.

(1) « Auctoritate Apostolica definimus, quod secundum communem Dei ordinationem animae sanctorum omnium... mox post mortem suam et purgationem... in 1llis qui purgatione huiusmodi indigebant, etiam ante resumptionem suorum corporum et iudicium generale post ascensionem Salvatoris nostri Jesu Christi in coelum, fuerunt, sunt et erunt in coelo, coelorum regno et paradiso caelesti cum Christo, sanctorum Angelorum consortio aggregatae, ac post Domini nostri Jesu Christi passionem et mortem viderunt et vident divinam essentiam visione intuitiva et etiam faciali, nulla mediante creatura in ratione obiecti visi se habente, sed divina essentia immediate se nude, clare et aperte eis ostendente. Definimus insuper quod secundum Dei ordinationem communem animae decedentium in actuali peccato mortali mox post mortem suam ad inferna descendunt, ubi poenis infernalibus cruciantur: E6 mhtiorainus in die iudicii omnes homines eum suis corporibus comparebunt 1 QHeari de factis propriuis rationem » (Const. Benedictus Deus).

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