CHAPITRE III. - BRÈVES NOTES DESCRIPTIVES DES CIMETIÈRES 9D
au diaconat. Calixte avait été un confesseur de la foi. Il fut le premier diacre, l’archidiacre de Zéphirin, et destiné par ce fait même, selon la discipline ecclésiastique de son temps, à lui succéder sur la chaire pontificale. C’est ce qui arriva; et le nom de Calixte resta au
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Figure 21. - Cryptes de Lucine.
cimetière qu'il avait administré, quoique, vu les circonstances de sa mort, il fût enseveli sur la voie Aurélienne, dans un cimetière appelé de Calépode.
Le développement du cimetière de S. Calixte ne fut ni unique ni uniforme. Pas très loin de sa partie centrale, il en existait un autre, appelé de Lucine, qui semble remonter aux premières années du deu-
xième siècle, au moins: il fut uni au troisième siècle au cimetière de S. Calixte, quand ce dernier avait déjà reçu un grand développement, par l’excavation de nouvelles régions souterraines. Puis, en continuant toujours l’excavation des galeries cimitériales, le groupe de $S. Calixte vint en contact avec une autre immense nécropole, aux galeries de laquelle il mêla ses propres galeries. Cette vaste région commençait vers le nord, près de la chapelle du Quo-Vadis, et comprenait le cimetière du pape Mare, appelé aussi de Balbine, fondé dans un terrain qui avait été donné au pape par l’empereur Constantin, ainsi que le rapporte le Liber pontificalis au sujet du pape Marc. Ce dernier y fit construire une basilique dans laquelle il fut enseveli. Un autre cimetière, celui de Basilée, était attenant à celui-là. On a cru longtemps qu'il portait le nom de son propriétaire, ou d’un martyr qu'on y avait déposé; mais, dans une lettre publique à l’auteur de ce livre, le R. P. Bonavenia S. J., professeur à la célèbre Université Grégorienne, à émis et soutenu par d'excellents arguments l'hypothèse que ce nom est seulement un indice de la donation impériale dont nous venons de parler.
Au nord du tombeau de $. Corneille, près de la voie Appienne, il y eut un cimetière ou, du moins, une région cimitériale appelée de Sainte Sotère, et un hypogée connu sous le nom des Martyrs Grecs, que traversaient les pélerins du septième siècle pour se rendre à celui de Balbine. Deux autres petits cimetières furent unis à celui du pape Marc: celui des SS. Marc-et-Marcellien, qui remonte à l’époque des persécutions, ainsi que ceux de Sainte Sotère et des Martyrs Grecs; et le cimetière ou la crypte du pape Damase (366-384), qui peut parfaitement lui être antérieur, mais qu'il choisit comme l’emplacement de son tombeau. Nous savons en effet que ce pape, n'ayant pas voulu être enseveli auprès de ses prédécesseurs, choisit un autre endroit, mais qu'il n’eut pas besoin de fonder pour cela un cimetière particulier.
Par cette augmentation variée du groupe cimitérial de S. Calixte, il arriva que les galeries rencontrèrent parfois d'immenses carrières de pouzzolane (arénaires) et qu’une partie d’entre elles furent même incorporées au cimetière. Ces carrières eurent donc une histoire: De Rossi à démontré qu'en même temps qu’elles servirent d'entrée se-. crète aux Catacombes, quand, à l’époque de leur séquestration, les entrées ordinaires étaient gardées par les soldats, elles furent aussi quelquefois un asile pour les persécutés, qui trouvaient en elles un lieu de réunions assuré contre toutes les surprises.
On peut donc distribuer ainsi les différentes régions du cimetière de S. Calixte: