CHAPITRE VI. - SOURCES D’INSPIRATION DE L'ART CHRÉTIEN
et accusée par les deux vieillards et libérée de la calomnie; au 111° siècle, outre les précédents, voici Daniel confondant les accusateurs, Tobie et le poisson; au 1v°, Daniel tendant au dragon ja nourriture empoisonnée, Habacue portant le repas au prophète dans la fosse aux lions.
On dira que tous les deutérocanoniques ne sont pas représentés dans nos peintures; mais la réponse est facile: plus d’un livre protocanonique n’est pas représenté davantage. )
Le sujet biblique était figuré sur les tombeaux non pas tant pour sa signification historique, que pour le sens symbolique; celui-ei se rapportait parfois clairement à la réalité évangélique figurée dans l'Ancien Testament; mais la plupart du temps, il devait rappeler des significations et des formules liturgiques; il était l'écho de la prière qui résonnait dans les obscures galeries des catacombes. Aux témoiognages des Pères sur l’usage des deutérocanoniques, il faut done ajouter non seulement les monuments, mais encore les prières liturgiques funéraires, qui, ayant inspiré les premiers artistes chrétiens, remontent à une très haute antiquité; elles ont une grande valeur, soit en raison de la vogue dont elles ont joui, soit parce que bon nombre d’entre elles avaient un caractère officiel et constituaient le langage même de l’Église.
Les livres non représentés auront été négligés parce que l’on n’y retrouvait pas les concepts appropriés. Du reste le choix d’un motif d’art de préférence à un autre peut dépendre d’une foule de causes ; nous sommes trop éloignés de ce temps et avouons le, nous connais sons encore trop peu l’esprit des premières communautés chrétiennes et leurs critères artistiques, pour nous flatter de discerner clairement la raison psychologique de ces phénomènes artistiques, mais aussi religieux.
Sur ce point l’on n’insistera jamais assez; car certains auteurs d'audelà des Alpes ont voulu synthétiser à l’excès et sans une analyse suffisante, dans la recherche et la détermination de l’origine des types; suivant de trop près des écrivains dissidents et plus ou moins judaïsants, ils ont voulu rattacher les prières funéraires chrétiennes et les types artistiques qui on dépendent aux prières de la Synagogue. Par esemple, si les scènes de Jonas, si fréquentes dans l’art primitif, ne sont pas évoquées dans l’Ordo commendationis animae, c’est que le premier artiste qui les figura les emprunta aux prières juives, et qu’il fut imité par tous ses collègues et successeurs. Mais l’Ordo commendationis animae n’est sans doute pas conservé intégralement dans la forme où il nous est parvenu, d'autre part il est loin d’être la source unique d’inspiration. Un monument du 1v° siècle, la patère décrite dans un chapitre précédent
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