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CHAPITRE III. - BRÈVES NOTES DESCRIPTIVES DES CIMETIÈRES A

pape. Cette matrone Lucine n’est pas l’ancienne, connue dans l’histoire sous le nom de Pomponia Graecina, qui vécut aux temps apostoliques ; mais c’est peut-être une de $es descendantes et surtout l’héritière de la propriété sépulcrale, ainsi que paraissent l’indiquer les actes de Saint Corneille et les inscriptions locales. Nous lisons dans ces dernières les titres de la plus haute noblesse romaine: des familles telles que les Faustini, les Pomponii Bassi et les Pomponii Graecini (1). Le terrain au-dessus de cette région est dominé par les restes d’un monument colossal: l’état actuel de cette ruine permet encore de deviner combien l'aspect primitif du monument devait être imposant, quand il était recouvert de marbres splendides et flanquait majestueusement la grande

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Figure 23. B. Tombeau des diacres martyrs Felicissimus et Agapit. C. Chapelle où était le Tombeau de S. Janvier.

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voie consulaire. La propriété n’a donc pas pu appartenir à des gens de bas étage.

Au sixième siècle, le tombeau de $. Corneille fut décoré de peintures byzantines, précieuses par les intéressantes données qu’elles nous fournissent sur la forme des vêtements épiscopaux de cette époque. Toute la région est enfin un témoignage éloquent du système employé par les fossoyeurs dans le développement vertical des catacombes. On $se rend parfaitement compte que les galeries étaient creusées en profondeur, par le fait que le sol actuel des corridors de cette région est celui du troisième siècle, tandis que leurs parties supérieures, à partir du niveau d’autres galeries qui débouchent à la hauteur de deux mètres environ, offrent au regard tous les caractères du deuxième siècle.

Au nord du tombeau de $. Corneille était la basilique ou le mausolée de Sainte Sotère, une ancêtre de S. Ambroise; puis, mais un peu plus

(1) Voir: SIXTE SCAGLIA, Le cimetière de S. Calixte, pag. 231 et suiv.

loin de la voie Appienne, venaient les tombeaux des Martyrs Grecs; et enfin, tout à fait au nord, le grand cimetière du pape Marc; le troisième groupe de la nécropole calixtienne s’étendait en tout sens.

On lit dans la Depositio Episcoporum que le pape Marc fut enseveli dans le cimetière de Balbine, in Balbinae. Ce détail presque contemporain du pontife, enregistré dix-huit ans après sa mort, ne devrait laisser aucun doute sur la préexistence d’un cimetière de ce nom. Mais le Liber pontificalis dit qu'il fut enseveli dans le cimetière de Balbine qu'il avait institué lui-même: quod ipse insistens fecit. D'autre part, ce même document rapporte que Constantin donna un champ de roses (fundum rosarium) à la basilique érigée en cimetière par le pape Marc. Cette donation fut certainement faite pour agrandir le cimetière que ce pape avait déjà fondé; ou encore, en supposant qu'il y ait eu une transposition de phrases dans le document, c’est ce même champ de roses qui fut changé en cimetière. Tout cela n’est certainement pas très clair, et c’est justement une question que l’on discute aujourd’hui, celle de savoir si le cimetière du pape Marc était ou non le même que celui de Balbine. Quoiqu'il en soit, il faut reconnaître que, au point de vue de l'architecture, cette région est la plus grandiose et la plus importante des catacombes romaines et qu’elle ne porte aucune trace de monuments antérieurs au quatrième siècle. Il est également difficile de la distinguer de l’autre région appelée cimetière de Basilée: qui sait même si, à ses origines, on ne désignait pas sous ce nom le cimetière du pape Marc? Au sud-est, enfin, il y à les cimetières des SS. Marc-et-Marcellien et du pape Damase, généralement considérés comme étant sur la voie Ardéatine: ces régions sont fort riches en inscriptions et en sculptures,

malheureusement encore inédites, qui n’attendent que d’être publiées et illustrées (1).

CIMETIÈRE DE PRÉTEXTAT. — Ce cimetière fut fondé au deuxième siècle sur la gauche de la voie Appienne, presque en face de celui de Lucine. Il semble qu’il porte le nom de son propriétaire ou de son fondateur. On y admire des peintures fort rares, soit par leur beauté, soit par les sujets qu’elles représentent, et, entre autres, une crypte dite de la Passion ou du Couronnement d’épines, où le P. Marchi, de Rossi, Wilpert et un grand nombre d’autres archéologues reconnurent plusieurs scènes de l'Evangile, entre autres le couronnement d’épines. Cette

(1) Il existe sur le cimetière de S. Calixte, en outre des 3 volumes in-folio de la Roma sotterranea de DE Rossr, une suite de cet ouvrage, dont nous avons déjà parlé à la page 9, au sujet des auteurs.

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