CHAPITRE III - BRÈVES NOTES DESCRIPTIVES DES CIMETIÈRES A
interprétation nous paraît la plus juste; maïs il y à des archéologues qui voient dans cette peinture le témoignage que S. Jean-Baptiste rendit à Notre-Seigneur, lors du baptême dans le Jourdain, ou l’acte même du baptême du Sauveur. Quoi qu'il en soit, ces peintures sont
Figure 24. - La crypte des Papes d’après la reconstruction de Michel Etienne de Rossi.
très anciennes, ne remontant pas au-delà des temps d'Hadrien: peutêtre même remontent-elles plus haut.
Une région très importante de ce cimetière est celle qu'on nomme la Spelunca Magna, où fut enseveli S. Janvier, fils aîné de Sainte Félicité. L'on y voit des peintures d’un style purement classique, qui représentent les saisons. L’époux de Sainte Cécile, Valérien, avec son frère Tiburce et
Maximin eurent leurs tombeaux dans ce voisinage; les Itinéraires sionalent dans cette région le tombeau du pape Urbain. Mais on n’a encore retrouvé aucun souvenir de ces quatre personnages ; au contraire, un graffite tracé sur la chaux encore fraîche d’un loculus invoque l’intercession des martyrs Janvier, Felicissimus et Agapit en faveur d’un défunt.
I1 y à une autre partie, qu’on appelle communément la région des arbres, parce que la plupart des plaques de marbre que l’on y a retrouvées portaient gravée la figure d’un arbre: or, dans le symbolisme chrétien, l'arbre signifie le jardin du paradis. Ce cimetière, qui est des plus intéressants, attend aussi son tour d’être illustré et connu dans ses détails, mission qui à été officiellement confiée au baron Kanzler, secrétaire de la Commission d'archéologie sacrée (1).
CIMETIÈRE DE $S. SÉBASTIEN. — En suivant la voie Appienne, on rencontre à droite, un peu plus loin que les catacombes de $. Calixte, la basilique de $. Sébastien, au-dessous de laquelle s'étend le cimetière également connu sous le nom de $S. Sébastien, ou ad catacumbas. Avant les découvertes de De Rossi, l’on y croyait réunis tous les souvenirs de S. Calixte: c’est ce qui explique une inscription placée en 1409, que l’on voit encore de nos jours, et qui répète toutes les erreurs de cette époque.
La basilique fut érigée par le pape Damase, sous le titre de basilica Apostolorum, qui fut bientôt changé en celui de S. Sébastien. Les plus célèbres souvenirs de cet endroit sont là Platonia, ou la cachette des précieux restes des Apôtres, et le tombeau de $. Sébastien, tué dans le stade du palais des Césars, au Palatin, par ordre de l’empereur Dioclétien.
La Platonia fut de tout temps le but de nombreux pélerinages, pour avoir servi de cachette aux corps des princes des Apôtres. C’est un fait incontestable; mais on discute encore sur les circonstances dans lesquelles il se produisit. Les précieuses reliques furent-elles transférées et cachées une seule fois, sous Valérien, ou même, une autre fois encore, sous Septime Sévère, ou peu de temps après la mort des Apôtres ? Que faut-il penser de l'enlèvement de leurs corps par ces disciples venus d'Orient ? | |
S. Damase, qui, d’après le Liber pontificalis, érigea une basilique en ce lieu, orna aussi la Platonia de ses vers; mais, pour nous, il manque très souvent de clarté, faisant allusion à des faits que tout le. monde savait à Son époque, mais que nous ne connaissons plus aujourd'hui. Or, leur
(1) Pour plus de détails, voir: SIXTE ScAGLIA, La promenade archéologique, pag. 86 et suiv.