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CHAPITRE VI. - SOURCES D’INSPIRATION DE L'ART CHRÉTIEN

donné pour gardien; la continuelle assistance des anges, qui tous les jours, selon les apocryphes, lui apportaient la nourriture nécessaire à sa vie (figures 287, 288).

Nous avons décrit et étudié ces incomparables scènes dans notre ouvrage sur les mosaïques de Sainte-Marie-Majeure et nous y renvoyons (1). Remarquons seulement ici que les scènes seraient dans un ordre boustrophédique parfait, si l’artiste, tant pour des raisons de symétrie, que pour chercher une certaine correspondance idéale entre les scènes, n'avait transposé deux sujets, mettant l'épisode des Mages devant Hérode à la place de la fuite en Egypte et réciproque-

Figure 290. - Sarcophage de Saragosse.

ment. Par cette ordennance, d’une part les scènes des compartiments 4 et 5 (figure 104) donnent le meilleur effet esthétique; et d’autre part nous voyons Jésus d’un côté reconnu comme roi par les princes de la terre, et de l’autre côté, vénéré par un prince et un philosophe qui rendent hommage à sa majesté.

La liturgie, à l’égal de l’art, a subi l'influence des apocryphes, du moins de la partie la plus sérieuse de ces productions, la seule capable de fournir quelque élément à la prière officielle de l'Église. Du reste, ces écrits sont souvent le développement légendaire de très anciennes traditions, et, même s'ils ne contiennent aucun élément de vérité, du moins ils témoignent clairement de l’antique pensée du peuple chrétien.

. (1) J'en ai fait une illustration encore plus complète dans L'Arte Cristiana, an. 1914, n. 5, 6 et 8.

Nous n'avons pas encore d'étude d’ensemble sur les influences exercées par les apocryphes sur la liturgie et l’art; un tel travail serait pourtant de la plus grande utilité pour les études d’art et d’antiquités chrétiennes. Pour en montrer l’importance, qu on nous permette de dire quelques mots sur le fête de l’Assomption de la Très Sainte Vierge (fête justifiée non seulement par la tradition, mais par de très hautes raisons de convenance) et sur deux points concernant Notre Seigneur Jésus-Christ.

La fête de l’Assomption est entrée dans la liturgie vers le vi‘ siècle;

Figure 291. - Le Transitus Mariae.

auparavant on célébrait déjà la Dormitio ou Pausatio Virginis. Le premier écrivain qui parle de l’Assomption est Saint Epiphane, mais l’allusion est si vague et imprécise que l’on peut se demander si, d’après ce texte, la Vierge à subi la mort. On trouve l’Assomption dans une lettre du Pseudo-Dénis l’Aréopagite, et dans saint Jean Damascène, qui rapporte à ce propos un texte d’un historien Eutimius, dont il ne nous reste rien. En Occident, l’Assomption est défendue par Grésoire de Tours (1); elle inspire l’apocryphe arabe dit Transitus Mariae,

(1) GREG. TuRr., De gloria confessorum, I, 4.

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