‹ Manuel d'archéologie chrétienneChapitre 26 sur 305 · CHAPITRE III. - BRÈVES NOTES DESCRIPTIVES DES CIMETIÈRES · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. - BRÈVES NOTES DESCRIPTIVES DES CIMETIÈRES

manque même de clarté est la cause que ces vers se prêtent à une quantité d’interprétations différentes, et que les critiques, s'appuyant tous sur le même texte, en viennent à des conclusions contraires: car les uns n’admettent qu'une seule translation, aux temps de Valérien (253-259), et les autres celle aussi du premier siècle. D’autres enfin arrivent par la comparaison d’autres documents, et en particulier du Martyrologe Hiéronymien et du catalogue Libérien avec les détails historiques et les monuments, à conclure en faveur d’une autre translation aux temps de Septime Sévère, sous le pontificat de S. Zéphirin.

La région cimitériale connue jusqu'ici ne présente aucun indice d’une époque antérieure au troisième sièele; l’on peut même dire que les matériaux archéologiques qu’on y à retrouvés ne se rapportent qu'à des souvenirs du quatrième et du cinquième siècle. Mais il reste encore à découvrir une grande partie de ce cimetière et les fouilles peuvent toujours réserver des surprises.

Le martyr Eutychius fut encore déposé dans le cimetière ad catacumbas: $. Damase composa en son honneur une inscription en vers, dont l'original se conserve enchâssé dans un des murs de la ‘basilique. Il y eut également le corps de S. Quirin, évêque de Syscie, en Pannonie, et martyr, dont le corps fut transporté à la Platonia au cinquième siècle, quand les Huns envahirent les provinces de la Pannonie romaine.

Il y à deux ans, à la suite de fouilles dirigées par le R. P. Colagrossi O. F. M., on retrouva tout près de la Platonia un monument des plus intéressants : un hypogée d’une élégante construction en briques, ayant la forme d’une petite basilique. Sans aucun doute, c'était le sanctuaire d’un martyr vénéré par les anciens pélerins, qui tracèrent même des oraffites sur les parois. L’un d’entre eux rappelle par les mots domus Petri qui semblent suivis d’une autre lettre, la demeure du corps de S. Pierre dans ces environs. D’aucuns voudraient y voir une indication de l'habitation de $S. Pierre. À une époque postérieure l’hypogée fut en partie décoré de peintures: on voit Moïse qui frappe le rocher, quelques oiseaux aquatiques, et l’on peut à peine discerner quelques faibles traces du Sauveur assis sur un globe, avec deux personnages de chaque côté, peut-être les quatre évangélistes. Le paradis est aussi représenté par un enclos orné de bornes sculptées, ayant à l’intérieur quelques brebis, symbole des élus. Il y à un arcosole tout orné d'étoiles. |

Parmi les débris qui encombraient cet hypogée, quelques fragments de lettres damasiennes ont été retrouvés. On a déblayé depuis trois ans un autre sanctuaire du quatrième siècle, situé du côté opposé de la basilique.

ARTICLE II. — La voie Ardéatine.

La voie Ardéatine est bien moins importante: elle se détachait de la voie Appienne, près de l'endroit où s'élève aujourd'hui l’oratoire du Quo-Vadis, et menait à Ardea, à 21 milles (32 kilomètres de Rome). Elle n'avait qu'un cimetière aux environs de la ville, les grandes catacombes de S® Domitille.

CIMETIÈRE DE S' DOMITILLE (1). — Tandis que les galeries extrêmes de la nécropole calixtienne finissent du côté gauche de la voie Ardéatine, sur la droite, en face, s'étend le grand cimetière de S'° Domitille, fondé par Flavia Domitilla, proche parente de l’empereur Domitien, pendant la seconde moitié du premier siècle. Son noyau primitif fut une ample et somptueuse galerie ornée de stues magnifiques et de fresques d’un art exquis. Les décorations de style classique, telles que des génies ailés, des oiseaux, des scènes champêtres, etc., y sont en grand nombre: mais les expressions de la pensée chrétienne n’y font point défaut, elles y sont représentées par Daniel en prière dans la fosse aux lions, par Noé, également en prière, dans l’arche, avec la colombe qui lui annonce la fin du déluge; et enfin l’aimable figure du Bon Pasteur qui semble prendre possession du lieu et vouloir inspirer l’art chrétien encore au berceau. |

L'entrée avait été pratiquée en taillant la colline qui $’ abaissait graduellement jusqu’au bord de la voie: elle était d’une très belle construction en briques, vraiment monumentale, et parfaitement visible du dehors. Au-devant et de côté de cette entrée, l’on construisit en plus une schola, sorte de vestibule muni d’un siège pour les agapes, d’un puits et de sa cella vinaria.

Il y avait aussi deux chapelles cimitériales, dont l’une était décorée de très Jolies peintures de style pompéien.

La grande galerie dont nous parlions tantôt donne sur ce vestibule et mène à la plus vaste des nécropoles romaines. Comme celles de $. Calixte, ces catacombes eurent plusieurs centres de développement, dont chacun fut le noyau d’une région particulière. Les plus remarquables sont celles d’Ampliatus, des temps apostoliques, et celle où fut érigée au quatrième siècle, la basilique en l’honrieur des martyrs locaux,

(1) M. Marucchi à entrepris, une ample description de ce cimetière, qui comprendra un gros volume in-folio.

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