CHAPITRE III. - BRÈVES NOTES DESCRIPTIVES DES CIMETIÈRES
SS. Nérée et Achillée, et de S®° Pétronille, que l’on Go avoir été la fille spirituelle de $. Pierre.
La basilique à demi souterraine est divisée en trois nefs: elle fut restaurée avec beaucoup de soin et d'intelligence, sert aujourd’hui de musée et constitue un des plus curieux monuments du cimetière des Flaviens. On y voit encore plusieurs de ses colonnes, quelques restes de la schola cantorum, et, dans l’abside, la mensa oleorum et la niche pour
la chaire del’évêque. Le tombeau des SS. Nérée et Achillée était devant.
Figure 25. - Vestibule du cimetière de Flavia Domitilla.
Une colonne de l’autel, retrouvée en cet endroit avec des fragments de balustrade, porte gravé le nom d’un des martyrs, ACILLEVS, et une représentation de son supplice.
Les dernières fouilles ont révélé l’existence d’une chapelle funéraire avec trois tombeaux, justement là où se trouvait l’autel; on pense qu’il s'agit du lieu de sépulture des SS. Nérée, Achillée et Pétronille. La chapelle fut détruite lors de l’édification de la basilique, mais trois formae contigues avaient déjà été creusées dans le pavé. Parmi les inscriptions fixées aux parois, on remarque celles des lecteurs du titre de Fasciola, dont dépendaient la basilique et le cimetière. C’est par elle qu'on pénètre aujourd'hui dans les catacombes, où l’on rencontre, immédiatement derrière l’abside, la fameuse peinture de la défunte Veneranda introduite par S® Pétronille dans le jardin du paradis. La
chapelle de Veneranda est le point de départ d’une région très ancienne appelée des Flavii Aurelii, où, dans un corridor adjacent à la basilique, on trouve l'inscription d’un Flavius Sabin et de sa sœur Titiana qui furent membres de la famille des Flaviens, ou eurent d'importants rapports avec elle.
Les régions du troisième et quatrième siècle sont fort riches en peintures: l’on y voit plusieurs fois la Sainte Vierge avec l'Enfant Jésus adoré par les Mages, et le Sauveur entouré de ses Apôtres. Parmi ces derniers S. Pierre et S. Paul sont toujours faciles à reconnaître, soit par leur position ou par la place qu’ils occupent, soit aussi par leur type iconographique.
Mais d’autres peintures sont aussi dignes de remarque, celles qui nous révèlent l’existence de collèges funéraires institués entre artisans du même métier, semblables aux corporations d’arts et métiers qui fleurirent au temps glorieux des Communes italiennes.
ARTICLE III. — La voie Ostienne.
Malgré son peu d’étendue, la voie Ostienne avait une grande importance commerciale, puisqu'elle mettait Rome en communication directe avec Ostie, son port de mer, la ville où l’on débarquait tout le blé venant d’Afrique et d'Orient, et, par conséquent, le grenier de la ville de Rome. Elle sortait de la porte Trigemina, au sud, et suivait le cours du Tibre sur une longueur de 16 milles (23 kilomètres environ). Près de Rome, elle était bordée de quatre cimetières: celui de Lucine, celui de St° Thècle, celui de Commodille, et le tombeau de S. Timothée.
CIMETIÈRE DE LUOINE.— C’est une chose sûre que le corps de S. Paul fut enseveli sur la voie d’Ostie, dans la propriété d’une matrone appelée Lucine, qui paraît être de la même famille que la fondatrice d’un des centres du cimetière de S. Calixte. Ce fait nous est affirmé par les martyrologes et les documents apocryphes, et aussi par les plus anciens calendriers et les monuments eux-mêmes. Il ne semble pourtant pas que le tombeau de l’Apôtre eût été souterrain: quoi qu'il en soit, un grand nombre de sépultures vinrent se grouper autour de celle de S. Paul et formèrent bientôt un cimetière à ciel ouvert; mais on creusa aussi, sur les côtés de ce vaste champ funéraire, des hypogées et des galeries cimitériales. L'empereur Constantin remplaça le petit oratoire qu'y avait fait édifier au premier siècle le pape S. Anaclet par une basilique ayant la façade sur la voie, du côté où