‹ Manuel d'archéologie chrétienneChapitre 28 sur 305 · CHAPITRE III. - BRÈVES NOTES DESCRIPTIVES DES CIMETIÈRES · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. - BRÈVES NOTES DESCRIPTIVES DES CIMETIÈRES

est aujourd'hui l’abside. Valentinien IT la fit démolir en 386 pour en élever une plus grande et splendide, ayant les dimensions et l’orientation de la basilique actuelle. Théodose continua l’œuvre de Valentinien qui pourtant ne put être finie que sous l’empire d'Honorius: la sœur de cet empereur, Galla Placidia (388? -450) la prit à cœur, en effet, et termina la décoration de cette basilique. Telle qu’elle est de nos Jours, elle à été reconstruite après l’effroyable incendie de 1823, malheureusement célèbre.

Près du TOMBEAU du grand Apôtre, il devait y avoir celui Du PRÊTRE S. TIMOTHÉE, martyr de la persécution de Dioclétien. Tout porte à croire que c'était un sanctuaire séparé, situé même de l’autre côté de la voie. |

CIMETIÈRE DE S'° THÈCLE. — Le cimetière de St° Thècle était un peu plus loin que le tombeau de $. Paul, dans une campagne qui porte aujourd’hui le nom de son propriétaire, M. Serafini. Le nom de cet hypogée rappelle sans doute une martyre déposée ici, qu'il ne faut pas confondre avec la fameuse sainte homonyme qui fut disciple de l’'Apôtre. Le cimetière fut retrouvé par Boldetti, près du lieu nommé ponticello (petit pont) de S. Paul; Armellini le reconnut au siècle dernier. Les principaux monuments que l’on voit ici sont une chambre en forme de basilique irrégulière, au fond de laquelle on peut encore discerner quelques traces de peintures, et une petite chapelle ornée de fresques très intéressantes.

CIMETIÈRE DE COMMODILLE (1). — On avait gardé le souvenir d’un autre cimetière insigne de la voie d’Ostie, appelé de Commodille: Boldetti arriva à le découvrir; mais, peu de temps après, ces catacombes tombèrent de nouveau dans l’abandon et l’oubli, à tel point qu'à la fin du dix-huitième siècle on n’avait plus aucune idée de leur emplacement. De Rossi pensa qu'elles faisaient partie du cimetière de S. Paul et les fit remonter à une époque très ancienne, maïs les dernières découvertes sont bien loin de confirmer, pour le moment du moins, l'opinion du grand archéologue. Voilà huit ans que cet hypogée a été définitivement retrouvé sur la voie des sept églises, tout près de l'endroit où elle se détache de la voie d’Ostie, et qu'on l’a reconau aux restes des peintures vues et décrites par Boldetti. Aucun des monuments retrouvés dans ce cimetière ne présente d'indices antérieurs au troisième siècle, époque à laquelle il faut assigner le martyre de

(1) Voir: Nuovo Bull. di arch. crist., 1904, pagg. 41-184.

Ste Emérite qui y fut déposée. On y remarque de fort belles peintures, quoique d’une époque très avancée, témoignage évident de la vénération dont fut entouré ce sanctuaire: l’une d’elles attire surtout l’attention; elle est, à un certain point de vue, absolument unique dans son genre. Elle représente une défunte, Turtura, que les saints locaux Félix et Adauctus, ses protecteurs, présentent à Jésus-Christ, notre divin juge, encore enfant, assis sur les genoux de sa sainte Mère, comme sur un trône de miséricorde.

On voit parmi les personnages peints sur la tombe d’un des martyrs locaux l’image du protomartyr S. Etienne, représenté en ce lieu pour cette raison, qu’un souvenir de ce saint, naturellement rattaché à celui de $. Paul, était justement vénéré dans un oratoire près de sa basilique. C’est pour la même raison que $S. Timothée et S'° Thècle furent ensevelis dans ces parages, parce que leurs noms rappellent deux disciples de l’Apôtre des Gentils.

Une galerie du cimetière conserve encore presque tous ses tombeaux intacts, mais ils n’offrent pas un grand intérêt pour nos études, étant de la fin du quatrième siècle. Remarquons, au contraire, que la galerie, ayant été approfondie deux fois, suppose trois périodes d’excavation, ainsi qu’on peut en juger par les inscriptions encore en place. On trouve dans ces catacombes un genre spécial de tombeaux tout à fait ressemblant à ceux des Juifs, qu’on ne rencontre en aucun cimetière romain, mais qui est très fréquent dans ceux d'Afrique.

ARTICLE IV. — La voie de Porto.

La voie de Porto avait une longueur et une importance analogues à celle de la voie d'Ostie, et lui était quasi parallèle, sur la rive droite du Tibre. Elle est postérieure à la voie d’Ostie, ayant été construite par l’empereur Claude pour unir Rome au port qu'il avait fait creuser aux bouches du fleuve. Elle sortait de la ville par la porte Portuensis, au sud-ouest. Trois cimetières chrétiens s’étendaient à ses côtés, aux environs de Rome, celui de Pontien, de $. Félix et de Generosa.

CIMETIÈRE DE PONTIEN. — Le principal cimetière de la voie de Porto est celui de Pontien, fondé très probablement par un riche fidèle de ce nom, dont il est parlé dans les actes de S. Calixte. Bosio le retrouva par hasard en 1618, dans une localité appelée Monteverde, près de très anciennes catacombes juives. Les documents topographiques signalent ici une multitude innombrable de martyrs, parmi lesquels

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