CHAPITRE II. - BRÈVES NOTES DESCRIPTIVES DES CIMETIÈRES A à
CIMETIÈRE DE GENEROSA. — De Rossi à étudié et décrit cet hypogée dans le troisième volume de sa Rome souterraine. Ses origines sont l’agglomération des tombeaux autour de celui des deux frères martyrs Simplicius et Faustin, ensevelis dans la propriété d’une certaine Generosa, sur qui nous n'avons point de détails. Ces frères martyrs avaient été jetés dans le Tibre du haut d’un pont: leurs cadavres furent retrouvés au cinquième mille de la voie de Porto, dans une localité appelée ad sextum Philippi. C’est par un pur hasard que De Rossi retrouva ces catacombes. Voici comment il à retracé, dans sa Rome souterraine (1), la première origine ou plutôt le fait qui en fut la cause.
«Le 29 juillet de l’an 303 de notre ère, Viatrix, accompagnée des prêtres Crispus et Jean, courrait anxieuse le long des bords du Tibre, pour rechercher les corps des saints frères Simplicius et Faustin, jetés dans le Tibre per pontem qui vocatur Lapideus (par le pont qu’on appelle en pierre). Un peu avant d'arriver au sextum Philippi, et précisément aux pieds du Monte delle Piche, le fleuve décrit des spires qui se terminent par une courbe très étroite. Cela explique, à nos yeux, comment les cadavres des deux martyrs purent, sans trop de difficultés, être menés Au rivage justement en ce lieu, où ils étaient poussés vers le bord par le courant, relativement faible pendant l’été. Les pieux chrétiens qui avaient eu la chance de retrouver les corps des martyrs ne les ensevelirent pas dans un des grands cimetières de l'Eglise romaine; mais ils suivirent l’ancienne. route, située tout près de là, qui, se détachant de la voie Campana et coupant la voie Portuensis, gravissait le mont delle Piche, en longeant le bois sacré des Arvales, route dont les dernières fouilles (2) nous ont permis de reconnaître le tracé. Or Viatrix et les prêtres Crispus et Jean suivirent cette route dangereuse, et peutêtre même les sentiers du bois, jusqu'au petit champ voisin de la chrétienne Generosa, dont le cimetière à gardé le nom. Là, ils cachèrent de leur mieux leur dépôt sacré dans des grottes arénaires, ainsi que nous le verrons par une description détaillée du souterrain. Tout cela coïncide parfaitement avec le temps et même l’année exacte assignée par leur légende à la mort et sépulture des saints martyrs Simplicius et Faustin. L'histoire de la persécution de Dioclétien et l’analyse architectonique et archéologique des cimetières de la banlieue de Rome concordent à nous prouver que ces derniers étaient alors confisqués:
(1) Roma sotterranea, Vol. IIT, pag. 664 et 665. (2) Ces fouilles ne sont certainement pas antérieures à l’année 1875, le troisième volume de la Rome souterraine Ae DE Rossi n'ayant vu le jour qu’en 1877.
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les ennemis du nom chrétien occupaient le terrain au-dessus, et les fossoyeurs avaient démoli ou comblé les entrées régulières, pour protéger les tombeaux vénérables des martyrs ».
Ce sont là les paroles de De Rossi. Le commencement du cimetière de Generosa est donc la sépulture irrégulière, qui eut lieu au commencement de la persécution de Dioclétien, des martyrs Simplicius et Faustin, dans une partie d’un ancien arénaire qui fut vénérée par ce fait même. Il n’y a ici aucune inscription, aucun indice antérieur à l’époque de Dioclétien; et il est évident que tout le développement du cimetière de Generosa est renfermé dans trois courtes périodes, du début environ à la fin du quatrième siècle. A part quelques riches tombeaux du groupe près des martyrs, l’on ne trouve dans ces catacombes que le souvenir de gens de la campagne pauvres et sans aucune instruction. Le calcul des tombeaux de ce cimetière et des cadavres qu'ils contiennent donnent le nombre presque exact de la population rustique chrétienne du Sextum Philippi et des campagnes voisines, pendant la période où elle se servit de ces catacombes. Mais enfin $S. Damase fit ériger un oratoire en ce lieu, et alors les tombeaux se multiplièrent tout autour et à l’interieur de la petite basilique à ciel ouvert. Près des martyrs Simplicius et Faustin fut déposée aussi leur sœur Viatrix, peut-être celle-là même qui avait retiré leurs corps du Tibre et les avait ensevelis, et un certain Rufinien dont l’histoire n’a pas gardé le souvenir, tous les deux martyrs. Au sixième siècle, leur crypte fut décorée de peintures qui les représentent debout aux côtés du Sauveur assis, avec une couronne entre les mains.
Trois seulement de leurs noms, écrits verticalement et précédés des lettres $ C $S abréviation de sanctus, sont encore lisibles. Ces peintures ont malheureusement subi au siècle dernier des retouches maladroites, qui les ont gâtées sans remède. Tout près de celles-là étaient peut-être d’autres fresques représentant les prêtres Crispus et Jean, martyrs, ensevelis dans ce cimetière, peut-être ceux-là même qui aidèrent Viatrix dans sa pieuse mission; mais il n’en reste plus aucune trace. Les peintures de style romain, faites pendant la période de sépulture souterraine, ne manquèrent pourtant pas: on peut encore y voir la scène du sacrifice d'Abraham et l’aimable figure du Bon Pasteur, portant sur sa tunique une croix gammée, et le nom PASTOR.
L'an 683, les corps saints furent transportés en ville, moins par crainte qu'ils fussent profanés, que parce que le cimetière était tombé dans un état d'abandon presque complet: et nous ne connaîtrions ni son nom ni celui de la localité, sans une inscription du haut moyen-âge qui nous les révèle. Elle fut gravée sur le sarcophage qui contenait les reliques