‹ Manuel d'archéologie chrétienneChapitre 32 sur 305 · CHAPITRE III. - BRÈVES NOTES DESCRIPTIVES DES CIMETIÈRES 5b · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. - BRÈVES NOTES DESCRIPTIVES DES CIMETIÈRES 5b

CIMETIÈRE DES DEUX FÉLIX. — Qui étaient les deux Félix qui donnèrent leur nom à cette nécropole? C’est encore un mystère, Nous lisons dans le Liber pontificalis que Félix I fut enseveli dans son cimetière sur la voie Aurelia; mais l’Index Philocalianus affirme, au contraire, qu'il fut enseveli dans le cimetière de $. Calixte; le catalogue de Sixte IIT et les codex hiéronymiens le mentionnent parmi les papes et les martyrs ensevelis dans ce cimetière. On peut donc raisonnablement exclure de ces catacombes le tombeau du pape Félix I‘ et admettre qu’elles eurent seulement un souvenir de lui, parce qu’il les avait fondées ou y avait fait ériger une basilique. Reste à établir qui était l’autre Félix. Comme l'itinéraire de Salzbourg parle de deux Félix papes et martyrs, quelques archéologues ont cru devoir reconnaître dans le second Félix le compétiteur de ce nom du pape Libère, l’antipape Félix II. Nous n’essayerons même pas de résoudre une question aussi difficile: nous remarquerons seulement qu’une inscription qui à servi à la construction du pavé de l’église de St° Cécile au Trastevere, et qui indiquait le tombeau d’une certaine Gaudiosa in basilica domni Felicis, pouvait parfaitement faire allusion à la basilique du pape de ce nom. Cette inscription peut $se rapporter à celle que lon voit encore, au cimetière de S. Calixte, où il est question d’une défunte ensevelie ad domnum Gaium, c’est-à-dire, près du tombeau de ce pape, ainsi que l’expliquent tous les archéologues depuis De Rossi.

Aucune trace de ce cimetière n’a encore été retrouvée.

CIMETIÈRE DE CALÉPODE. — Selon les Actes de $S. Calixte, ce cimetière doit son nom à un prêtre martyr, jeté dans le Tibre au temps d'Alexandre Sévère, que S. Calixte fit déposer sur la voie Aurelia. Quand, plus tard, à la suite d’une émeute populaire excitée, paraît-il, par les juifs du Trastevere, le pape S. Calixte fut jeté dans un puits, les fidèles attendirent la nuit pour retirer son corps, et, de crainte qu'il ne fût profané, le déposèrent dans le cimetière voisin, de Calépode. |

Jules I°* (337-352) fit ériger en l’honneur de ce pape un oratoire et fut lui-même enseveli dans ce cimetière. On voit encore quelques traces de l’oratoire de Jules I et une grande partie de son 2bside, en briques, dans la maison de campagne de là vigne Lamperini. L'entrée du cimetière était à quelques pas de la basilique, maïisilest aujourd’hui complètement ruiné et rempli en grande partie de décombres.

Le corps de S. Calixte est actuellement dans l’église de S'° Mariedu-Transtévère.

ARTICLE VI. — La voie Cornelia.

CIMETIÈRE DU VATICAN. — Il se forma peu à peu autour du tombeau de S. Pierre; mais il est probable que les premiers martyrs de la persécution de Néron avaient déjà été ensevelis dans ces parages, avant que l’on y déposât le corps du prince des Apôtres. Toujours est-il que le Tombeau de S. Pierre était isolé des autres et se trouvait dans un terrain funéraire de famille appartenant probablement à un officier ou à tout autre employé du palais impérial, converti au christianisme. Nous lisons dans le Liber pontificalis que le pape S. Anaclet y érigea une memoria ou édifice sépulcral, et prépara les places pour la déposition des évêques. Le même livre affirme que tous les papes, jusqu’à Victor I°°, furent ensevelis iuxta corpus beati Petri, près du corps de $. Pierre. La memoria S. Anacleti dut pourtant être à ciel ouvert, le cimetière étant lui-même en plein air. Peut-être la memorta fut-elle à demi souterraine: elle était certainement au même endroit où est aujourd'hui la Confession de $S. Pierre, cù fut érigé l’autel avec le baldaquin de bronze du Bernin. Quand on bâtit la basilique actuelle, on trouva dans les environs un grand nombre de ruines de tombeaux païens, bordant probablement la voie consulaire qui passait exactement le long de la nef gauche de la basilique. De l’autre côté de la voie, se trouvait le cirque de Caïus César, appelé aussi cirque de Néron. Le corps de $. Pierre passa un certain temps dans la Platonia, sur la voie Appienne; et même il Se peut que ce fait se soit renouvelé plusieurs fois: mais, depuis Constantin, 1l n’a jamais plus quitté le Vatican. Cet empereur fit élever sur le tombeau de l’apôtre une basilique grandiose et orna son sarcophage d’une croix en or, peut-être en forme de monogramme, avec cette inscription que nous à copiée Pierre Mallius :

CONSTANTINUS. AUG. ET HELENA. AUG. HANC DOMUM REGALEM AURO DECORANT QUAM SIMILI FULGORE CORUSCANS AULA CIRCUMDAT

M. De Rossi à complété la deuxième ligne. Les tombeaux ne tardèrent pas à se multiplier autour de la basilique, et surtout les sarcophages, protégés parfois par des petits toits que soutenaient des colonnes: les mausolées et les petits sanctuaires y surgirent en grand nombre. Mais, au seizième siècle, la basilique primitive fut remplacée par celle que nous voyons aujourd’hui: par sa grandeur extraordinaire, celle-ci renferma entre ses murs quelques anciens sanctuaires; tout le reste fut complètement détruit.

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