CHAPITRE III. - BRÈVES NOTES DESCRIPTIVES DES CIMETIÈRES
ARTICLE VII. — La voie Flaminienne.
CIMETIÈRE DE S. VALENTIN. — Il doit son nom et son origine au tombeau du prêtre S. Valentin, victime de la persécution de Claude le Gothique (268-270). Les actes de ce martyr racontent qu’une matrone nommée Sabinilla recueillit son corps et le déposa à l’endroit même où il avait été décapité. Il y eut beaucoup de tombeaux près de celui-ci, surtout au quatrième siècle, et le cimetière fut creusé en deux étages de galeries, aux pieds d’une colline. Le pape Jules I® fit ériger près de la crypte du martyr, là où il y avait déjà un cimetière en plein air, une basilique qui fut plus tard restaurée par Honorius au septième siècle, et que les itinéraires appellent grande et magnifique. La plupart des inscriptions consulaires que l’on garde encore sur place, et qui constituent un des plus grands attraits de ces catacombes, viennent du cimetière en plein air qui les entourait. L'entrée du premier étage fut décorée de peintures à une époque qui n’est certainement pas antérieure au septième siècle: l’on y voyait Notre-Seigneur sur la croix, exemple unique dans tout l’art chrétien des catacombes.
I1 y avait aussi une image de la St Vierge avec l'enfant Jésus et quelques personnages qui semblent être des cleres, car ils portent des chaussures réservées à cette époque aux clercs et aux grands officiers de la cour byzantine. Le temps et des coupures inintelligentes faites pour réduire en cave ce cimetière ont fort dégradé ces peintures, qui ne sont presque plus visibles. Le commandeur Marucchi à donné dans une brochure spéciale une bonne description de ce cimetière.
ARTICLE VIII. — La voie Salaria Vetus.
CIMETIÈRE DE S. PAMPHILE. — Ce cimetière fut découvert par De Rossi en 1865, sur les indications fournies par Boldetti, qui l’avait parcouru sans parvenir à l'identifier. Il est sur la droite de la voie Salaria Vetus, à l'endroit où elle se bifurquait. Après avoir visité quelques galeries, De Rossi arriva dans une chapelle où un fossoyeur, probablement du temps de Théodose, avait tracé au charbon quelques scènes bibliques des plus usitées par les chrétiens primitifs pour l’ornementation de leurs tombeaux; il devait les avoir vues dans d’autres catacombes. Ces dessins grossiers représentent le Paralytique, Jonas, la Résurrection de Lazare, Moïse, Daniel, Noé et le Bon Pasteur. Il y à enfin une scène que l’on ne rencontre dans aucune peinture des
catacombes; elle représente probablement un fait récent qui dut frapper vivement l'esprit de l'artiste et qui se renouvela peut-être fort souvent après que Théodose eût aboli officiellement le culte païen: c’est un homme qui s'efforce d’abattre une statue, en la tirant par une corde qu'il lui à nouée au cou. Ce dessin fait songer à une miniature de la même époque, représentant la destruction du Sérapéion, que l’on voit dans la Chronique Alexandrine.
Le CIMETIÈRE DE S. HERMÈS était un des plus importants de la banlieue de Rome: Bosio l’avait déjà signalé au-dessous d’une campagne qui appartient aujourd’hui au Collège Germanique, là où De Rossi l’a plus tard retrouvé et reconnu. Les actes de S. Hermès nous présentent ce personnage comme un préfet de Rome qui mourut pour la foi sous la persécution d'Hadrien, Le caractère tout à fait légendaire de ce document ne permet pas d'accepter facilement une époque aussi reculée, ni d'admettre qu’un personnage aussi célèbre que l'était un préfet de la ville, nommé en toutes lettres par la légende, soit d'autre part complétement inconnu. Il est certain toutefois que ce cimetière remonte aux temps qui précédèrent la paix de l'Eglise: le culte de $. Hermès était tellement répandu à cette époque qu’une basilique souterraine fut érigée sur son tombeau et que son souvenir fut inséré au Calendrier Libérien.
La basilique existe toujours: elle à une abside au fond de laquelle on voit encore la niche pour la chaire épiscopale. Les catacombes furent très célèbres, et on en trouve une mention dans tous les documents topographiques : on les appela aussi cimetière de Basilla, du nom d’une martyre fort vénérée qui y fut déposée, à l’intercession de laquelle, comme nous l’apprennent les inscriptions locales, les fidèles ensevelis dans ce cimetière étaient recommandés par leurs parents et amis. C’est. dans une autre crypte de ces mêmes catacombes, restaurée et décorée au quatrième siècle par le pape Damase, que furent ensevelis les restes des martyrs Prote et Hyacinthe. Le tombeau de ce dernier fut retrouvé encore intact, au dix-neuvième siècle, par le Père Marchi, jésuite.
Les peintures aussi sont dignes de remarque dans ce cimetière: l’on y admire surtout une scène où l’on voit, plus clairement que dans les autres du même genre, l'âme du défunt présentée au tribunal du Christ divin juge par ses saints avocats et intercesseurs. Plusieurs inscriptions locales répondent à ee même concept.
CIMETIÈRE « AD CLIVUM CUCUMERIS ». — Il paraît que ces catacombes, : de même que la petite rue en pente sur laquelle elles s’ouvraient, doivent leur nom à celui de la localité où elles furent creusées, un ter-