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CHAPITRE III. - BRÈVES NOTES DESCRIPTIVES DES CIMETIÈRES

rain excellent pour la eultivation de la pastèque. On l’appela aussi ad caput sancti Joannis, ce qui coïncide avec les Actes de S*® Bibiane, où il est raconté qu’un martyr du nom de Jean fut précisement décapité au clivum Oucumeris, près de la voie Salaria ancienne, devant une. Statue du soleil. IL fut enseveli près d’un groupe de martyrs, iuxta Con cilium martyrum, dans cette même localité. Cependant le lieu précis de ce cimetière est encore inconnu malgré les recherches qui ont été faites en 1910, sur l'initiative du Père Albarelli, Servite.

Les restes de S. Jean et des autres martyrs furent transportés dans l'Église du titre de S. Marcel, sur la voie Lata, et enfouis dans un support d’autel, ancien cippe païen transformé en cachette de reliques.

ARTICLE IX. — La voie Salaria Nova.

Malgré son nom, qui sert à la distinguer de l’autre Salaria, la voie Salaria nova est très ancienne, et remonte au quatrième siècle de Rome (quatrième avant notre ère). Elle ne fut d’abord qu'une voie vicinalis par où l’on allait de Rome chercher le $el à la mer. De là vient probablement le nom de Salaria, que l’on pourrait traduire en français par d’où vient le sel. Mais elle fut bientôt prolongée jusqu'à Hadria (150 milles - 200 kilomètres environ) et Théodose la mena jusqu'à Fortuna Fanestris. Elle sortait de Rome sur la rive gauche du Tibre et remontait le cours de ce fleuve sur une longueur de 18 milles (27 kilomètres environ). De toutes les voies romaines, la voie Salaria était la plus riche en cimetières chrétiens ; dans la banlieue de Rome, il y en avait quatre, ceux de Sainte Félicité, de Thrason, des Jordani, et le plus connu de tous, les célèbres catacombes de Prisecille.

CIMETIÈRE DE SAINTE FÉLICITÉ. — Ces catacombes ne portent plus aujourd'hui leur nom primitif: nous lisons, en effet, dans le calendrier Libérien que le plus jeune fils de S° Félicité fut enseveli dans le cimetière de Maxime. Or, des catacombes existaient déjà là où furent déposés les corps de Sylvain et de sa mère Félicité, et elles portaient probablement le nom de leur propriétaire: coemeterium Maximi. Cela étant, il faut admettre que le cimetière est de la plus haute antiquité, puisque les monuments sont d’accord avec les Actes de S'® Félicité et de ses sept fils pour fixer leur martyre au règne de Marc-Aurèle Antonin, c’est-à-dire entre 161 et 180 de notre ère. Et nous lisons dans ce même calendrier Libérien que, des sept fils de S'° Félicité, Félix et Philippe, les aînés, furent ensevelis au cimetière de Priscille; Martial,

Vital et Alexandre à celui des Jordani, et Sylvain à celui de Maxime. Ainsi que nous l’avons déjà vu, ces trois cimetières sont Sur la voie Salaria nova. Seul S. Janvier fut déposé aux catacombes de Prétextat, sur la gauche de la voie Appienne. Or il suffit d'observer les noms de ces cimetières de la voie Salaria pour s'assurer que leurs noms ne viennent pas des tombeaux de ces martyrs, mais qu'ils existaient bien avant. Si l’on fait exception pour le cimetière de Maxime qui n a pas encore été suffisamment étudié, tous les autres sont en effet d’une haute antiquité, ainsi que le prouvent leurs monuments et les documents historiques qui s’y rapportent; les parties centrales de ces hypogées sont même antérieures à l’époque des premiers Antonins (117 environ).

Une basilique fut élevée aux temps de la paix sur le tombeau de Sainte Félicité; elle constituait la première station des pélerins sur la voie Salaria nova. Les Itinéraires semblent en indiquer une autre: c’est sans doute la chambre sépulcrale de la martyre, où resta le corps de son fils Sylvain, après qu’on eut porté celui de la mère dans la basilique supérieure. Le corps de Saint Sylvain fut volé, au quatrième siècle, par les hérétiques Novatiens, pour consacrer par sa présence un autel ou un cimetière; mais les catholiques ne tardèrent pas à le reprendre et à le remettre à sa place. |

Le cimetière de Sainte Félicité avait été retrouvé depuis fort longtemps, mais aucun des archéologues antérieurs à De Rossi n'avait pu l'identifier. Ce dernier pénétra en 1884 dans la crypte historique, où il reconnut une peinture byzantine du septième siècle environ, qui représente Noëÿre-Seioneur parlant, et, au-dessous, Sainte Félicité et ses sept fils, tous avec la tête couronnée et entourée d’un nimbe. Cette peinture induisit en erreur les auteurs de quelques Itinéraires, en leur faisant croire que les sept fils de Sainte Félicité furent ensevelis dans le même endroit que leur mère. La basilique à la surface du sol fut restaurée, peut-être même réédifiée complétement, par le pape Boniface T° (418-423), qui s'était réfugié dans ce cimetière pendant le schisme d’'Eulalius. On y plaça cette inscription faisant allusion à une peinture de cette même basilique qui représentait Sainte Félicité et ses enfants dans le jardin du paradis:

INSONTES PUEROS SEQUITUR PER AMOBNA VIRETA TEMPORA VICTRICIS FLOREA SERTA LIGANT.

dont voici le sens: (Elle) suit (ses) enfants innocents dans d’agréables bocages, (tandis que) des couronnes de fleurs (lui) ceignent le front (parce qu'elle est) victorieuse.

Le pape, qui avait attribué sa délivrance du schisme à l’intercession

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