‹ Manuel d'archéologie chrétienneChapitre 35 sur 305 · CHAPITRE III. - BRÈVES NOTES DESCRIPTIVES DES CIMETIÈRES · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. - BRÈVES NOTES DESCRIPTIVES DES CIMETIÈRES

de Sainte. Félicité, voulut être enseveli dans ce cimetière. Au huitième siècle, le pape Léon IIT fit porter les corps de ces martyrs (Félicité et Sylvain) à l’église de S® Susanne, et depuis cette époque, le cimetière fut abandonné, à tel point qu’on en perdit bientôt jusqu'à la trace.

CIMETIÈRE DE THRASON. — Ces catacombes aussi doivent leur origine à une propriété employée pour l’ensevelissement des martyrs: ainsi que nous lisons dans les Actes de St° Susanne et dans d’autres documents, leur propriétaire aurait été un riche citoyen romain, nommé Thrason. Le plus célèbre martyr de cet endroit fut $S. Saturnin, dont le Calendrier Libérien fait une mention spéciale. Une basilique fut érigée en son honneur à la surface du sol, et le pape Damase y mit une de ses inscriptions en vers. Ce monument fut restauré ensuite par le pape Félix III (526-530), mais les reliques du martyr furent portées en ville, à l’église des SS. Jean et Paul, sur le mont Célius. On croit que sa tête fut déposée à l’église de S. Pierre-ès-Liens. Il à été jusqu'ici impossible de reconnaître l'endroit exact où s’étendait ce cimetière, mais on croit en avoir rétrouvé une partie dans une chambre sépulerale et quelques galeries auxquelles on accède par la villa Odescalchi. L'habitude: à été prise cependant de donner le nom de Thrason à une résion immense que l’on devrait plus justement appeler CIMETIÈRE DES JORDANI, très ancienne, très vaste, qui à Jusqu'à cinq étages, et dont on ne sait point d’où vient le nom. Cette nécropole occupe l’emplacement de la villa Massimo, sur la droite de la voie Salaria, mais elle s'étend aussi sur sa gauche, passant au-dessous de la villa Ada, aujourd'hui Savoia. Elle se trouve dans le voisinage du cimetière de Priscille. Cette région cimitériale est ça et là interrompue par d’immenses grottes arénaires qui communiquent avec les galeries. Cette particularité correspond parfaitement avec un détail des Actes des Saints Chrysanthe et Darie, martyrs du temps de Valérien (253-259), qui furent enterrés dans un arénaire de ces catacombes: un grand nombre de fidèles s'étant réunis pour assister au saint Sacrifice sur leur tombeau, les païens firent tomber sur eux, par un lucernaire, une quantité énorme de terre et de pierres sous lesquelles ils restèrent ensevelis. On n’emporta pas les corps de ces martyrs, on les laissa là où ils étaient morts; du temps de S. Damase on pouvait les vénérer à travers une petite ouverture (fenestella confessionis), pratiquée dans le mur qui renfermait ce précieux dépôt, comme dans un sanctuaire. Les restes des Saints Chrysanthe et Darie furent transportés plus tard à la basilique des Saints Apôtres, et de là, distribués en partie à différentes églises.

D'autres martyrs aussi furent ensevelis dans ce cimetière, parmi lesquels trois enfants de Sainte Félicité, les Saints Alexandre, Vital et Martial; un groupe de soixante-dix soldats, et un autre de soixante-douze martyrs. Ces derniers sont rappelés par une inscription de Saint Damase. Une autre inscription du même pape poète nous rappelle un enfant martyr, du nom de Maur.

Les peintures de ce cimetière présentent le cyele des sujets bibliques ordinaires; mais ses inscriptions, fort nombreuses, sont des plus belles de la Rome souterraine, tant par les sentiments qui y sont manifestés

que par leur valeur dogmatique.

Les CATACOMBES DE PRISCILLE sont un cimetière d’origine apostolique, et leur nom rappelle la mère de ce sénateur Pudens, que la tradition nous donne comme le père des Saintes Praxède et Pudentienne, et dans la maison duquel $. Pierre reçut l'hospitalité. Il est donc fort probable que le terrain où fut creusé le cimetière de Priscille était une propriété des Pudens, et plusieurs indices tirés des monuments locaux rendent très vraisemblable cette opinion, que partagent tous les archéologues. En outre, le Calendrier Libérien, les itinéraires et le Liber Pontificalis sionalent comme étant ensevelis dans ce cimetière les filles du sénateur Pudens, Pudentienne et Praxède, et deux personnages dont il est question dans la lettre de S. Paul aux Romains (&vi, 3-5), Aquila et Prisca. |

De Rossi arriva même à trouver quelques liens de parenté entre ces personnages et la célèbre famille des Acilii Glabriones, dont les membres, au deuxième siècle, furent ensevelis dans ce cimetière.

Au nombre des martyrs qui furent ensevelis dans cette vaste nécropole, il faut citer, après l’âge apostolique, deux des fils de Sfe Félicité, Félix et Philippe, et plus tard, S. Crescention ou Crescentien, et les papes Marcellin (296-303) et Marcel (308-309), victimes de la persécution de Dioclétien; mais ces deux derniers appartiennent à cette catégorie de victimes qui, ayant souffert sans verser leur sang pour la foi, prennent le nom de martyrs sine sanguine. Une basilique dédiée à S. Sylvestre fut érigée en ce lieu, aux temps de Constantin: la plupart des corps de martyrs ensevelis dans le cimetière y furent transportés et elle succéda même un instant à la crypte des papes du cimetière de S. Calixte, dans l'honneur d’abriter les corps des souverains pont fes ; car les documents indiquent sur la gauche de la basilique, et non loin du tombeau du pape Marcel, ceux de ses successeurs Célestin (422-432) et Libère (352-366); on vénérait sur la droite les tombeaux des papes Sylvestre (314-335) et Syrice (384-399).

Page 1