‹ Manuel d'archéologie chrétienneChapitre 37 sur 305 · CHAPITRE II. - BRÈVES NOTES DESCRIPTIVES DES CIMETIÈRES · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. - BRÈVES NOTES DESCRIPTIVES DES CIMETIÈRES

portant à la famille de S'° Agnès. Le tombeau de la sainte était voisin d’un colombaire appartenant à la gens OClodia, qui fut par la suite incorporé au cimetière; en outre, parmi les inscriptions plus anciennes, retrouvées dans des galeries du deuxième siècle, il en est une d’un Clodius Crescens et de sa femme Victoria, et une autre d’une Clodia Ispes leur affranchie. Il est donc possible que ce cimetière ait commencé par le tombeau de là famille Clodia; et l’on pourrait raisonnablement admettre comme conséquence de ce fait que S'° Aonès est une descendante de cette grande famille. Maïs, pour que cette thèse fût soutenable, il faudrait d’abord prouver que le détail du praediolum S. Agnetis (petite propriété de S'e Agnès) si fréquemment répété dans les documents d’une époque postérieure, se rapporte réellement à une possession funéraire de la famille de cette martyre.

Le cimetière à trois étages; il se développa en quatre époques différentes: les galeries à droite de la basilique s'étendent en partie sous le vicolo Filomarino, qui se détache de là voie Nomentane; elles appartiennent à la première période d’excavation, au deuxième siècle ; il faut attribuer à la deuxième moitié du siècle suivant les galeries à gauche de la basilique. Dans la troisième période, qui comprend la fin du troisième, le quatrième et les débuts du cinquième siècle, deux espèces de galeries furent creusées: les unes débouchent dans un arénaire qui aboutit, croit-on, au coemeterium maius, et les autres, les dernières creusées forment un réseau au-dessous et de l’autre côté de la route. Il y à enfin une quatrième période, presque contemporaine de la troisième; elle est du quatrième et du cinquième siècles; ses galeries se détachent de celles de la deuxième période et se dirigent vers le nordouest jusqu'au mausolée de S'e Constance.

On ne rencontre pas de peintures dans la première région, mais elles ne manquent pas dans les autres; les inscriptions sont généralement remarquables par leur valeur dogmatique. Le cimetière à fourni en outre une abondante moisson de petits objets funéraires, lampes, fioles, signes de reconnaissance de tombeaux et autres; plusieurs de ses loculi sont restés intacts (figure 10).

Le pape Damase honora d’une de ses plus belles inscriptions en vers le tombeau de la vierge martyre; elle est aujourd’hui dans l'escalier qui mène à la basilique, tout près &e cette dernière, à droite en descendant. Quant à l'inscription primitive, son texte Agne Sanctissima à fait douter fort longtemps de son authenticité. Plusieurs personnes la croient aujourd’hui païenne, à cause du mot sanctissima, propre à l’épigraphie classique, qu'on ne rencontre dans aucune autre inscription chrétienne des trois premiers siècles.

5 Manuel d’Archéologis chrétienne.

Une basilique grandiose, celle-là même que nous admirons aujourd hui, fut élevée aux temps de la paix sur le tombeau de S' Agnès; au dire du Liber Pontificalis ce fut l’empereur Constantin qui la fit bâtir. Le pape Symmaque la fit restaurer au sixième siècle, et le pape Honorius au septième: elle fut décorée par celui-ci d’un grand nombre d'inscriptions, et eut le rare privilège de garder et de conserver toujours le corps de la sainte.

Près des catacombes, et communiquant avec elles, à la surface du sol, on peut admirer encore aujourd'hui un superbe édifice circulaire, connu sous le nom de mausolée de S'° Constance. Sa coupole est posée sur un tambour circulaire soutenu par 12 paires de colonnes de granit. On à cru pendant quelque temps que ce mausolée était un monument païen, peut-être un temple de Bacchus; mais on ne tarda point à reconnaître, par les sujets mêmes des mosaïques, son caractère chrétien originaire. Plusieurs archéologues pensent que là propriétaire de ce somptueux mausolée, dont le nom de S'° Constance est purement conventionnel, était Constantine, la sœur de Constantin et la femme d’Hannibalien, morte en Bithynie, d’où son corps fut porté à Rome pour y être enseveli. Tout le monde sait qu'elle avait établi sa demeure sur la voie Nomentane, au faubourg de Constantin, suburbium Constantini.

Un cimetière à ciel ouvert fut établi dès le quatrième siècle autour de ce mausolée.

GRAND CIMETIÈRE OU CIMETIÈRE MAJEUR, coemeterium maius, tel est le nom que le Martyrologe Hiéronymien et une inscription locale donnent à un vaste cimetière qui se trouve un peu au delà de S°° Agnès, du même côté de la voie Nomentane. |

M. De Rossi crut y reconnaître le fameux cimetière Ostrien, et son opinion fut généralement acceptée. M. Marucchi, son disciple, la combat aujourd'hui, mais ses arguments ne sont pas convaincants. [Il est vrai que la question est très-difficile à résoudre; cependant le cimetière Ostrien doit être sur la voie Nomentane, ou entre celle-ci et la Salaria.

Les principaux martyrs ensevelis dans ces catacombes furent d’abord Se Emérentienne, la sœur de lait de St° Agnès, lapidée par les païens, pendant qu'elle était en prière sur son tombeau; $S. Papias et son compagnon de martyre S. Maur. La crypte de S'° Emérentienne est surtout curieuse par son architecture, qui nous donne presque la certitude que cette chapelle à servi aux réunions liturgiques. Entre autres preuves de ce fait, une chaire creusée dans le tuf iadique encore la place du président de la réunion. Armellini et Marucchi parvinrent à lire le nom de

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