CHAPITRE II. - BRÈVES NOTES DESCRIPTIVES DES CIMETIÈRES G
actuellement au musée chrétien du Latran, l’image du saint docteur Hippolyte, mais la tête de la statue est moderne,
Le tombeau du martyr était dans une crypte grandiose, véritable basilique souterraine, divisée en trois parties comme les églises à la surface du sol: le sanctuaire, la nef, un peu plus large que le sanctuaire, à un niveau plus bas, communiquant avec lui par deux marches creusées dans le tuf, un double vestibule. Le poète Prudence vit ici une grande peinture qui représentait le martyre de $. Hippolyte, — il fut écartelé —; il nous en à laissé la description dans une très belle pièce de vers (1). Mais les restaurations postérieures et l’état de délabrement où se trouve maintenant la crypte en ont fait disparaître jusqu'aux moindres traces. Les principales inscriptions locales ont été réunies dans cette crypte.
ARTICLE XII. — La voie Labicane.
CIMETIÈRE DE S. CASTULE. — Ce cimetière paraît avoir eu pour origine la sépulture du martyr éponyme. Les Actes de $. Castule nous
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racontent qu'il fut condamné, pendant la persécution de Dioclétien, : être jeté vivant dans une carrière de sable de la voie Labicane, et là enseveli sous une grande quantité de sable.
Le cimetière fut découvert par Fabretti, tout juste près d’un grand arénaire, dont la distance de la ville correspondait parfaitement aux indications données par les documents. Une inscription qui indique en ce lieu et près du tombeau de $S. Castule la sépulture de plusieurs personnages à permis de contrôler cette découverte de la manière la plus sûre. Après Fabretti, personne ne s’est plus occupé de ce cimetière jusqu'en 1864; mais alors les travaux pour la construction du chemin-de-fer de Rome à Civitavecchia en firent retrouver l’entrée, redevenue inaccessible aujourd’hui. Une basilique dédiée à S. Catule et à S. Stratonyque était au-dessus du cimetière; ce saint évêque, mort à Rome où il avait cherché un refuge, y fut enseveli près du martyr. Pascal I fit porter leurs corps à l’église de S'e Praxède.
CIMETIÈRE DES SS. PIERRE ET MARCELLIN. — Ces catacombes doivent aussi leur nom aux plus illustres martyrs qui y furent ensevelis: ce sont deux victimes de la persécution de Dioclétien, déposés près du tombeau du martyr Tiburce, fils du préfet de Rome Chromatius, et victime évcalement de la persécution de Dioclétien. Un autre groupe, appelé
(1) Peristephanon hymn. XI.
communément des quatre martyrs Couronnés, leur fut ajouté plus tard: leurs Actes les appellent Clément, Sempronius, Claude et Nicostrate, mais leur histoire est des plus obscures.
Toujours est-il que le cimetière ne paraît devoir son origine à la sépulture d'aucun de ces martyrs, mais tout porte à croire qu'il est fort antérieur. Entre autres arguments, cela nous est prouvé par le fait que le plus ancien nom de ces catacombes n’est que celui de la localité où elles se trouvaient: ad daus lauros, près des deux lauriers. Après l’édit de Milan, elles furent désignées aussi par d’autres noms: ad S. Helenam, près de S'° Hélène, car la mère de Constantin eut là son mausolée, dont on voit encore les ruines; sub Augusta, expression difficile à rendre, mais qui exprime le voisinage d’une ville impériale; in Comitatu, même sens; depuis Constantin on appelait Comitatus le palais de l’emp:reur.
La crypte des SS. Pierre, Marcellin et Tiburce est très grande: elle 2, la forme d’une basilique à la surface du sol et suppose deux séries de travaux différents, l’une du quatrième, l’autre du sixième siècle. Ces derniers furent probablement exécutés par ordre du pape Vigile (537-555) à qui il faut attribuer également une inscription en vers faisant allusions aux ravages causés par les Goths dans les catacombes romaines. On édifia au dessus de la crypte une petite chapelle, qui est encore aujourd'hui consacrée aux martyrs locaux et sert d’oratoire aux religieuses qui possèdent la propriété environnante. Le pape Adrien Joignit cet édicule à la crypte des martyrs par un escalier qui à été rétabli et par lequel on y accède encore directement. Les corps des saints n'auraient donc jamais quitté leurs tombeaux primitifs, si une piété indiscrète ne les avait enlevés en 826 et portés en cachette en France, d'où ils passèrent en Allemagne, aux approches de la tourmente révolutionnaire. IIS sont vénérés aujourd’hui aux environs de Mayence, dans une petite ville à qui ils ont fait prendre le nom de ville des Saints, Seligenstadt-
Les catacombes ont de belles peintures représentant des sujets sacrés: une région est surtout remarquable, c’elle qu’on nomme des agapes, en se servant d’un terme conventionnel et faux. Ce ne sont point: des agapes, en effet, que représentent ces peintures, mais le banquet céleste. Les inscriptions sépulcrales et Les graffites de ce cimetière ne sont pas moins importants que ses fresques: bien plus, les inscriptions tracées à la pointe dans ces catacombes sont des plus belles de toute la Rome souterraine. Le
L'empereur Constantin fit ériger sur ce cimetière, un peu plus loin que l’oratoire bâti par le pape Adrien, une somptueuse basilique en l'honneur des SS. Pierre et Marcellin: des oratoires ne tardèrent pas à s'élever: