CHAPITRE I. - LES SOURCES DE L’ARCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE
après le Hiéronymien; celui d'Usuard vient ensuite, et, en dernier lieu, celui de Raban Maur. Mais tous ont leur fondement et leur source dans le martyrologe Hiéronymien.
ARTICLE IV. — Le Liber Pontificalis (1).
Cet ouvrage qu’on à attribué par le passé à Anastase le Bibliothé- Caire, trahit par son style une rédaction bien plus ancienne.
Les suppositions sagaces de De Rossi, et les études qui s’ensuivirent, surtout celles de Duchesne et de Mommsen ont définitivement établi que toute la série de ces vies depuis la mort de S. Pierre jusqu’au pontificat de Symmaque (498-514), fut écrite sous le pontificat de ce dernier. L'auteur, un clerc de Rome fort ignorant, se servit sans aucun discernement des catalogues dont nous venons de parler, des insecriptions et des monuments (qui existaient encore en parfait état de conservation), de-documents apocryphes, et de toute sorte d’écrits. C’est pourquoi son livre est un effroyable mélange de nouvelles tantôt historiques, tantôt légendaires, qui à donné et donnera encore bien du fil à retordre à tous les savants qui voudront s’en occuper.
Après cette explication, il est facile de comprendre avec quelle prudence il faut interpréter les détails que nous donne ce document et nous en servir, et combien il est nécessaire de les étudier avec un guide savant et éclairé. |
Les indications topographiques sur la ville de Rome et la campagne environnante sont généralement exactes, car les monuments (cimetières, sanctuaires, basiliques, ete.) qu'indique le Liber Pontificalis étaient connus et visités au sixième siècle par un très grand nombre de pélerins. Les détails contenus dans les vies qui suivent celles de cette première série méritent plus de confiance: nous dirons, même, qu'à partir du neuvième siècle ce document reçoit un caractère officiel, bien qu'il contienne encore de graves défauts au point de vue de la véracité et de l’exactitude. |
Nous devons à Mer Duchesne une excellente recension de cet intéressant document (2); mais pour la série de S. Pierre au pape Constantin (708-715), nous en avons une autre édition, annotée par Mommsen: cet érudit en a longuement étudié l’origine et la formation, mais il s’est borné à en reproduire le texte avec toutes les variantes des dif-
(1) Notiones, Vol. I, pars I, pag. 35 et seq. (2) L. DUCHESNE, Études sur le Liber pontificalis, Paris 1877; Le Liber pontificalis, Paris 1886.
férents codex; il y a ajouté en guise d’appendice les résumés de ce livre connus sousl e nom de Félicien et de Cononien (1), tous deux d’une
respectable antiquité.
ARTICLE V. — Les Itinéraires (2).
Ces documents nous fournissent les indications locales les plus riches et les plus détaillées, ayant été la plupart du temps rédigés pour servir de guides aux pélerins dans la visite des sanctuaires.
La première notice de ce genre sur les monuments de Rome nous est donnée, d’après M. De Rossi, par le Calendrier de Polémius Sylvius, composé en 449; parmi les autres indications, des greniers publics, des: jardins, des temples, etc., nous trouvons encore celles d’une grande: quantité de cellules de Martyrs (/nnumerae cellulae martyrum).
Il y à quelques années, le Cardinal Rampolla trouvait dans la bibliothèque de Nicolas I°', au Vatican, un catalogue des cimetières qu il eut de bonnes raisons d'attribuer au temps äu pape Libère (352-366); ce catalogue serait done le plus ancien des documents de ce genre.
Vient ensuite par ordre chronologique la Notitia regionum urbis Romae, composée en 540; les cimetières y sont indiqués selon les voies consulaires. Il n’y à aucun doute que ce document ait été mutilé, car il n'y est fait aucune mention des voies Flaminienne, Nomentane, Tiburtine et Latine.
Le fameux catalogue des huiles (papyrus de Monza) fut rédigé au temps de S. Grégoire-le-Grand (590-604).
Un certain abbé Jean, envoyé à Rome par la reine des lombards: Théodelinde, pour obtenir du pape des reliques, écrivit sur un parchemin les noms des lieux qu'il avait visités, et y copia les inscriptions des étiquettes des ampoules dans lesquelles il avait recueilli l'huile prise aux lampes qui brûlaient dans les différents sanctuaires de la Ville. Une édition très soignée de ce précieux document fut faite par Sepuleri (Milan, Cogliati, 1903). Il paraît aussi mutilé, car il manque des parties se rapportant aux voies de Porto, Latine, Labicane et Flaminienne; mais il est probable que l’abbé Jean n’a pas eu le temps de finir ses visites. ;
D'autres itinéraires furent retrouvés par l’infatigable Jean-Baptiste de Rossi; ils sont tous postérieurs à l’an mil, bien que leur origine
(1) TH. MOMMSEN, Monumenta Germaniae historica, Gestorum Pontificum Romanorum, Berolini.
(2) Notiones, Vol. I, pars I, pag. 38 et seq.; 1bid., pag. 443-461.