‹ Manuel d'archéologie chrétienneChapitre 69 sur 305 · SOFRONIA DULCIS SEMPER VIVES DEO · texte numérisé non relu

SOFRONIA DULCIS SEMPER VIVES DEO

D'autres sont de pieuses invocations par lesquelles les pélerins $e recommandaient aux prières et à la protection des martyrs. En voiei

des exemples :

SANOTE SVSTE IN MENTE

HABEAS IN ORATIONES AVRELIV REPENTINV

Motiones, Vol. II, pars 1, p. 223.

D'autres enfin n'offrent que des noms.

La présence de ce genre d'inscriptions est généralement l'indice d’un sanctuaire vénéré, et leur plus grande importance est alors celle de donner les noms des martyrs locaux.

Les marques de fabrique des tuiles peuvent être aussi d’une très orande utilité pour fixer la chronologie des monuments; mais il faut prendre garde que les briques ainsi marquées ne soient pas des matériaux provenant d’autres constructions (1).

ARTICLE II. — Les peintures.

Les peintures sont la partie plus intéressante des matériaux archéologiques qui sont l’objet de nos études: elles ont en général un caractère funéraire, et plus rarement, surtout au premier siècle, un cachet purement décoratif. Les catacombes romaines sont très riches en peintures, et toute étude sérieuse dont elles seraient l’objet peut parfaitement se dispenser de s'occuper des autres peintures en très petit nombre, qui existent dans d’autres cimetières ; mais nous ne manquerons pas d'en dire aussi quelques mots. La technique (3) des peintures cimitériales est partout là même, les fresques étant toujours peintes sur du plâtre encore frais, sans recourir à l’aquarelle ni à l’encaustique. On préparait un lit formé de deux couches de crépi, qu’on appelait opus tectorium, dealbatio, expolitio. La première de ces couches était de chaux et de pouzzolane, l’autre de chaux et de poudre de marbre, qui donnait au stuc plus de poli et de solidité. Pour l'empêcher de tomber, on l’assurait au moyen de clous en fer. Le crépi étant terminé par les tectores, les pictores commençaient leur travail. Il consistait d’abord à séparer par des lignes les différents compartiments et à tracer les dessins avec une légère pointe en fer: on étendait ensuite les couleurs assez rapidement, et souvent sans avoir préparé de dessin à l’avance. Il est clair que, devant exécuter leur travail sur la chaux encore molle, ils se servaient de couleurs minérales pour ne pas les voir détruites par l’action de la chaux. Les couleurs les plus employées furent le rouge,

(1) Notiones, Vol. II, pars 1, p. 339 et suiv.

(2) Notiones, Vol II, pars 2, p. 52 et suiv.

(3) Suivant les règles de Vitruve et de Pline, les Romains DR ne un lit de quatre, cinq, six et parfois même sept couches de plâtre. Outre que cette méthode était longue et dispendieuse, on ne pouvait pas l’employer dans les catacombes, où les murs taillés dans le tuf n’adhéraient pas assez à la chaux pour soutenir un revêtement aussi lourd.

Page 1