CHAPITRE IV. - L’EPIGRAPHIE ET L'ART
le brun, le jaure, le blanc et le vert. On remplissait les fonds de teintes uniformes, telles que rougeâtre pour la figure et les parties nues du corps; blanche pour les vêtements; vertes, généralement pour le sol,
Figure 47. - Orante chrétienre. Figure 48. - Daniel orante.
le monstre qui doit engloutir Jonas, l’eau; brune pour les rochers, etc. ; puis on rehaussait le ton des teintes en les retouchant, et on produisait quelques contrastes au moyen de clairs et d’ombres.
Au 1% et au 11° siècle on peignait complètementles chambres sépulcrales, et l’on ne trouve qu'un seul exemple de tombeau particulier (arcosole)
Figure 50. - Adorante païenne.
Figure 49. - Orante chrétienne.
orné de peintures. On suivait la méthode classique de ne pas surcharger d’ornements la voûte, qui devait paraître légère parce qu’elle était soutenue, tandis que les parois recevaient une décoration plus compliquée. Mais quand ces dernières furent presque complétement utilisées pour la sépulture, on condensa tous les ornements sur le plaïond.
Les peintures des voûtes étaient coordonnées à la figure centrale, qui était presque toujours le sujet principal, le bon Pasteur, un symbole du Christ.
Il ne faut pas croire que toute réminiscence païenne (1) fût absolument écartée des peintures cimitériales ; les artistes ayant été élevés à l’école classique ne pouvaieat s'abstenir de reproduire certaines figures indifférentes en soi et d’en adapter d’autres à l’idée chrétienne.
Ajasi, il ne faut pas nous étonner de rencontrer parfois dans les catacombes des petits génies ailés folâtrant comme des oiseaux parmi les feuilles de la vigne mystique, symbole des âmes dans le bonheur, ou des têtes humaines, qui ne pouvaient avoir qu'un but purement ornemental. On trouve aussi des animaux, en partieulier des dauphins avec le trident, symbole de Neptune, qui rappelait pourtant à l'esprit l’idée de la croix, aïasi que nous le verrons. On y voit, en outre, de jolis paysages, des scènes champêtres ou de pêche, des guirlandes de fleurs, des vases de toute forme, des chandeliers, et jusqu’au ee mythe d'Amour et de Psyché, qui est peut-être
Figure 5. un symbole de l’union intime entre l’âme et Dieu. Moyse vêtu de la tunique Ce symbolisme ne fut pas seulement en usage et du pallium.
aux premiers débuts de l’art chrétien; nous le verrons sous peu, les sujets tirés de l’art païen furent beaucoup plus nombreux et variés dans les sarcophages chrétiens qu'ailleurs, eë ces derniers, sauf quelques rares exceptions, sont tous postérieurs à la
paix constantinienne.
Les peintures sont précieuses surtout parce qu’elles ont une signification dogmatique et qu’eiles nous montrent la forme des habits. Nous traiterons le premier point dans la seconde partie de ce manuel; nous nous bornerons à considérer ici les gestes des personnes représentées, ce qui n’est pas sans importance dans l'interprétation des sujets; nous parlerons ensuite des habits (2).
La prière. — La prière était exprimée par le geste d'ouvrir et de lever les bras au ciel (fig. 47-48-49;: cette manière de prier était déjà connue et pratiquée dans la Synagogue; mais il paraît que les chrétiens se distinguèrent en élevant davantage les bras, car les figures orantes plus anciennes ne semblent pas suivre la coutume qui existait déjà chez les juifs.
(1) Notiones, Vol. II, pars 2, p. 61 et suiv. (2) Notiones, Vol. II, pars 2, p. 67 et suiv.