CHAPITRE I. + LES SOURCES DE L’ARCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE g
système topographique qui devait mener plus tard le grand archéologue romain à ses plus célèbres découvertes.
De Rossi à laissé une école florissante et de grands ouvrages; ces derniers n’ont trouvé jusqu'ici une digne suite que dans le volume de Mgr Joseph Wilpert, élève et ami du maître, sur les peintures des catacombes. Deux volumes in-folio ont paru en 1909: l’un est le commencement de la description du cimetière de Sainte Domitille, par le commandeur Horace Maruechi, auteur trop connu dans le monde archéologique pour que nous ayons besoin d’en faire l’éloge; l’autre est de Mgr Wilpert sur le cimetièrede $.Calixte. C’est un ouvrage d’une importance toute spéciale, parce qu'il contient l'illustration de monuments découverts depuis peu et tout-à-faié inédits. L'auteur y expose, en outre, une nouvelle étude sur le tombeau des papes, le martyre de S. Sixte IT. Il travaille maintenant à la préparation d’un ouvrage complet sur les peintures du moyen-âge et les mosaïques anciennes de Rome et de Ravenne, ouvrage qui par la seule reproduction scrupuleusement fidèle du matériel archéologique, sera un grand événement pour les archéologues et les artistes. La maison Hoepli, de Milan, publiait enfin en 1910, en un atlas de 96 planches en grand format, tous les monuments du musée chrétien du Latran, avec des notes explicatives de M. Marucchi.
Les volumes sur les inscriptions chrétiennes de Rome, qui feront suite à ceux de De Rossi, et que prépare depuis longtemps déjà le célèbre professeur Gatti, n’auront pas une moindre importance. Un fâcheux contretemps en à retardé jusqu'ici la publication, mais il faut espérer pour la science et pour la religion qu’un ouvrage aussi utile ne tardera pas à voir le jour.
Mais il faut aussi tenir compte des ouvrages de Le Blant sur les inscriptions chrétiennes de la Gaule et les sarcophages de la ville d’Arles, et des volumes de Hübner sur l'Espagne chrétienne, de de Vogüé sur les monuments de Syrie, de Gsell et Bock, et du P. Delattre sur l'Afrique chrétienne qui méritent aussi notre attention; mais la plus digne de remarque est l’œuvre colossale du père Raphaël Garrucei, jésuite, sur l’histoire de l’art chrétien.
Beaucoup d’autres érudits mériteraient d’être rappelés ici; Armellini, Schultz, Kraus, Allard, Northcote, de Waal, Grisar, Duchesne, Profumo, Cabrol, Leclereq, Kaufmann, Strzygowski, Gruneisen, Munoz et Richter sont parmi ceux qui ont le plus mérité de nos études et des antiquités chrétiennes.
Même si nous sortons du cercle relativement étroit des monuments de Rome, c’est avec un vrai plaisir que nous voyons tous les gouver-
nements de l'Europe s'intéresser aux recherches archéologiques qui se font en Afrique et dans le vieil Orient chrétien, et les encourager. Les tombeaux, les ruines des basiliques, les sculptures, les mosaïques même mutilées et fragmentaires, les anciens tissus chrétiens, les monnaies elles-mêmes sont l’objet de longues, coûteuses et pénibles recherches. Des musées locaux sont fondés partout, et les collections déjà anciennes s’agrandissent et s’enrichissent chaque jour de nouvelles reliques. On comprend enfin la valeur de ces ruines informes et de ces objets, qui même par leurs plus humbles fragments nous montrent les gloires du passé et sont encore un reflet de la mentalité des plus anciennes générations chrétiennes, en en reproduisant les usages et les coutumes. Avant de passer à un autre chapitre, nous croyons opportun d'avertir le lecteur que les œuvres des anciens archéologues sont précieuses, à condition qu'on sache les utiliser. Que d’erreurs ne débiterait pas celui qui voudrait par exemple, étudier seulement le livre de Boldetti sur les catacombes, ou celui de Bosio lui-même! Tout ce qui à été dit ou écrit dans le temps passé sur les monuments chrétiens doit être soumis aujourd’hui à une rigoureuse critique ou étudié parallèlement avec les dernières découvertes. Il est donc nécessaire de consacrer quelque temps à se former, par la lecture d'ouvrages plus récents qui donnent un aperçu général et synthétique de l’archéologie; il faut d’abord bien connaître l’origine, le caractère, le sens et l’histoire des monuments, et leur condition juridique par rapport au droit romain. On pourra alors, sans craindre de se tromper et avec la certitude d’arriver à un heureux résultat, considérer, d’une manière analytique et dans leurs moindres détails, les différentes classes de ces monuments, et l’on saura distinguer, dans les écrits des vieux auteurs, entre ce que l’on peut encore utiliser et les parties que la critique moderne rend absolument négligeables. $